taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

un prochain livre, à paraître
chez Aladdin,
par Bibi

Sophro-tennis: version dans l'assiette?

Octobre 2014. ma lettre à Gabriella, qui pratique la méditation et pleine conscience version alimentaire.

J'aimerais trouver le lien entre le sophro-tennis, dont je suis un stage pour l'instant près d'Aix en Provence, et le travail que je demande aux mangeurs de faire sur eux pour s'écouter profondément.

Je vise à les décomplexer dans l'assiette : tu as l'instinct boudin-chocolat ? Eh ben vas-y, essaie, on évaluera après si c'est de l'instinct de survie ou de gâchis. On évaluera en écoutant les réponses du corps : est-il nourri ? grandi ? se répare-t-il ? est-il tonique et énergique ? 

Si l'annonce « boudin-chocolat » n'était pas de la pure provoc', elle est la traduction de ce qui manque à ce corps particulier, ici et maintenant : des sources animales et des graisses saturées + du sucre.

On peut alors continuer dans la voie « nourritures vraies, animales et saturées, sucres naturels » comme support à une assiette par ailleurs variée dans tous ses apports.

L'instinctothérapie ? Une idée géniale dans l'absolu, mais qui ne fonctionne pas dans le cadre que je me donne, car elle ne respecte pas la nature profonde de chacun. On doit y manger tout cru, sans assaisonnement. Que fait-on des profils comme le mien qui ne sont nourris que par le cuit ? ou qui se redressent avec du chocolat ?

Les personnes les plus résistantes à cette approche nouvelle, que je pense respectueuse de l'être, sont les surmentales (eh oui, souvent du féminin). Il faudrait trouver, pour elles, des techniques pour contourner ce mental surpuissant. Or, c'est ce que fait Sauveur Cuomo avec sa méthode.

Peut-être, Gab, trouveras-tu de quoi nourrir ta réflexion dans mon résumé ci-après de la méthode de sophrotennis. J'ai besoin de ton approche de « méditation et pleine conscience dans l'assiette » (Eat happy ?) pour faire avancer ce projet car toutes mes techniques et mes outils en appellent au mental du mangeur. Blocage pour certains, qui sont justement  victimes de leur mental, comme celles que je viens de citer.

Cette méthode, créée par Sauveur Cuomo en 2000, mais encore hélas ! peu connue dans le monde du tennis (initialement intitulée « cybertennis »), produit des résultats extraordinaires.

Elle est bien différente de la dynamique mentale utilisée en sport classique. Il va avoir du boulot sur la planche, le cher Sauveur, car la France n'aime pas bouger ni changer. A ce que j'en sais, la dynamique mentale est dérivée de la programmation neurolinguistique, une pratique géniale dans d'autres pans de la vie, mais hyperinterventionniste dans le sport individuel. Dommage ! On n'y garde alors que les supermen, les autres sont lâchés.

Les quelques experts à qui j'ai voulu en parler : « oh non ça va, on connaît, on pratique déjà la dynamique mentale ». Ils ne veulent tout simplement pas entendre, car ils ne veulent pas changer !

La toute grosse différence : le sophrotennis ramène le joueur à soi, tout comme dans mon approche alimentaire je ne fais que ramener le mangeur à lui, à ses sensations, à ses réactions – loin des diktats normatifs de la nutrition classique ou alternative.

  • Pour les débutants, la pédagogie sophrotennis permet d'apprendre le tennis en accéléré : ils manifestent en cinq jours de stage les progrès que l'on obtient en six mois habituellement.
  • Pour les initiés qui ne sont pas des «naturels » du tennis comme moi (des surmentaux, qui jouent en réfléchissant et qui sont souvent coupés de leur corps, malgré une pratique hebdomadaire du sport), cette pratique ouvre vers une connection corps/sol/esprit qu'on n'atteint que rarement sinon.
  • Pour les joueurs « sur nerf », à tendance colérique, elle leur apprend à s'épargner de bouffer leur énergie à râler, à la canaliser sur le geste et non le résultat.

Une anecdote il y a peu: mon fils, distrait par de jolies gamines au bord du terrain, en perd ses moyens tant il veut les impressionner. Toutes les balles dehors, c'était prévu. Un signe de connivence de ma part, il met cinq secondes à rentrer dans sa bulle, à être présent au geste. Fini de faire le mariolle : super il joue à nouveau comme avant.

Un constat de Sauveur : lors d'apprentissage ou d'entraînement, les gamins progressent rarement parce que, parfois, ils « jouent avec l'œil du prof », c'est-à-dire qu'ils écoutent trop bien des conseils techniques de l'extérieur.

« Sois plus mobile, tiens ta raquette comme ça, jette bien la balle très haut pour le service, etc. ». Mille et une recommandations justes, pointues, mais contreproductives car – je résume – ce n'est pas au mental qu'il faut parler, c'est le corps qu'on doit laisser s'exprimer.

A partir de quelques gestes de base, et de quelques heures de pratique, le corps sait jouer. Pas besoin de lui commander, il faut lui laisser les rênes. C'est le mental qui le bloque ! A trop parler au mental, on augmente le fossé que doit sauter le corps pour pouvoir intervenir dans le jeu…

Sauveur doit rire en lisant mon résumé imagé, ses livres sont bien plus « sérieux », je traduis en profane ce qui me semble illustratif.

En stage, Sauveur ne me donne quasi jamais aucun conseil technique, on travaille uniquement comment libérer l'expression gestuelle. Après cinq jours, j'ai l'impression d'avoir progressé d'un an de tennis pourtant !

J'aimerais traduire « l'expression tennistique personnelle » à l'assiette. Trop souvent, on choisit ses plats avec la voix off du prof, de sa mère, du médecin. Leur bonne volonté de vous guider dans la voie d'une alimentation saine est aussi contreproductive que celle des profs de tennis.

Un autre parallèle intéressant, pour lequel j'espère que, Gabriella, tu trouveras un exercice équivalent en nutrition.

Pour ouvrir la porte à l'expression du corps (le libérer du tyran qu'est le mental), on se concentre chaque jour sur un objet d'attention particulier : le souffle, la relaxation musculaire, la balle même. « Attention » : on observe, on constate, comme lorsqu'en méditation vipa-sana on écoute son souffle et qu'on laisse les bruits ou les odeurs passer sans vouloir s'en échapper (ce qu'on ferait en méditation bouddhique classique). On n'intervient pas, on se concentre sur le souffle au point d'en entendre la musique. On n'essaie donc pas de respirer ou de contrôler, on ne fait qu'observer (sans commenter intérieurement, le défi !).

Pendant ce temps, le mental à qui on a donné son jouet (penser à quelque chose) a lâché la bride au corps, qui peut (enfin !) jouer… On a lâché la volonté…

Enfin j'écris ça, mais j'ai toutes les peines du monde à ne pas « vouloir bien respirer pour bien entendre mon souffle ». Au service, plutôt qu'écouter le rythme du souffle, je donne l'impression de simuler une loco à vapeur. Ça c'est la « volonté » de souffle et non l'écoute. Un jour j'y arriverai, patience…

On accepte l'ego, celui qui veut placer les balles, qui veut bien faire le geste selon les diktats du prof, celui qui veut ne pas perdre un coup. Mais on le canalise.

Gab, un équivalent pour la nutri ?

On commence chaque journée avec une séance de sophrologie dynamique, qui ressemble plus à un pan des arts martiaux qu'à la posture de grenouille de boudda (mon expression pour ma posture lors de stages de méditation passés). Si on est attentif, on reste dans cette zone d'ondes gamma, très bénéfique à une pratique tennistique qui peut être aussi tonique et « agressive » qu'avant.  Si on se laisse aller hors de la zone gamma (paroles, discussions, jugements…), on doit faire appel au mental pour revenir au lâcher-prise. C'est beaucoup lui demander !

Le jour 1, on a travaillé l'écoute du souffle, puis la pratique de la rythmer sur le frappé de balle de l'adversaire puis le sien. 

Toute une journée là-dessus ? Ben oui, c'est méga difficile.

Le jour 2, on a bossé sur la relaxation musculaire. « Observer, constater ». En fin de journée, un superbe relâché de coups, naturel, non pensé. Un service bien claqué, bien soufflé.

Pour ma part, dès qu'on a fait des matches, le service « claqué » s'est barré, bien sûr. Faudra qu'un jour je déterre ce qui se passe dans mon subconscient pour que tout se fige dès que j'entends qu'on compte des points. Lors des exercices (y compris chez moi, à Nivelles), 80% de premières balles. En matches : 20% (en étant généreuse) -- que je joue contre mon fiston ou contre une petite fille. L'adversaire ne compte pas dans ce phénomène pour moi, c'est la notion de « on compte ».

Entre les coups, lors de ramassage de balles, on pratique un « rituel »  particulier, un ancrage qui nous remet à la terre, nous remet corporellement dans l'attention : en décomptant de 5 à zéro, on se remet en attention sur le souffle, la décontraction. Simplissime et pourtant surpuissant pour revenir à cette zone gamma.

Lors des échanges, ça rigole, ça crie, ça s'exprime, faut pas croire qu'on chante des « aoooom » pendant les coups !

Le jour 3, on s'ancre dans le sol. Observation, pas volonté de s'ancrer… Sauveur nous donne des exercices qui facilitent l'ancrage, certes. Ça ne tombe pas du ciel ! Mais on lâche la volonté de faire quelque chose. Et c'est là qu'il se passe une métamorphose dans le geste et le rapport au corps.

Le jour 4, on travaille l'observation de la balle.

Méga-rigolo : Sauveur nous demande de détailler dans quel sens la balle tourne, quelle en est la marque. Bien sûr, c'est techniquement impossible, mais c'est génial : le mental essaie d'avoir la réponse. Pendant ce temps là, il a laissé le corps jouer bouger réagir.

Je pense à la pratique du dessin avec le cerveau droit. Une des techniques de la créatrice de cette méthode est de donner des instructions si impossibles au cerveau gauche, le cerveau logique -- comme « dessiner la non-chaise » --, qu'il laisse le cerveau droit faire son boulot.

C'est vraiment fin comme méthode : on n'essaie pas de nier le mental, on l'occupe à autre chose. Normal, il faut pas nous faire lâcher le mental, surtout si on l'a utilisé comme outil de survie jusqu'ici, mais il faut simplement détourner son attention afin qu'il ne prenne pas toute la place.

De la même manière, je ne sais si, Gab, tu utilises ce même respect du mental dans la pratique de « pleine conscience » et l'assiette ?

J'ai tant de plaisir à jouer dans cet état semi méditatif que j'ai arrêté mes cours de tennis classiques à Nivelles. Mes deux profs, pourtant attentifs, pointus, ouverts, éteignent sans le vouloir mon travail méditatif sur le geste. J'ai mis six mois à comprendre. Bravo l'écoute ! J'ai compris maintenant que ma passion pour ce sport ne tient pas à la joie de gagner (tu rigoles ?), à la volonté de frapper, à l'énergie que je brûle, au partage avec l'autre, mais bien à l'état de méditation active, à la pratique de la pensée pénétrante que je vis dans ces moments. Je n'ai pas cette joie pure en méditation simple, en grenouille. Il faut que ça sue chez moi!

J'imagine que d'autres sujets, au même profil que moi, viendraient à la méditation par cette technique « de guerrier ».

Pour apprendre plus : voir le site cyber-tennis.com et blog.tennis-belair.com

Deux livres de Sauveur Cuomo à 15€ :

"Le Tennis un Yoga de la Vie"
« Cet ouvrage de 200 pages est constitué de deux parties : Le première aborde la dynamique mentale de compétition de manière explicative et théorique afin que le lecteur découvre le mental du joueur de manière simple et imagée. La seconde partie est consacrée à la pratique d'exercices simples, plus de 40 exercices réalisables soit chez soi soit sur le court pendant ses entraînement et matchs dirigés habituels. Nous recommandons au lecteur de joindre à cet achat le CD audio com plémentaire... L'ensemble constituant la méthode "Cyber-Tennis" complète »

Ou « La méthode Cyber-Tennis pour les 8-15 ans et leurs parents »
« Ouvrage de 100 pages en carré collé en double écriture pour enfant compétiteurs et parents accompagnateurs. Un ouvrage essentiel pour permettre à l'enfant de sépanouir en exprimant totalement son tennis en compétition Avec de nombreux exercices constituant une véritable préparation mentale de compétition en associant le parent dans cette noble démarche qui permettra à l'enfant de mieux s'exprimer tant dans son tennis que dans sa vie sociale et scolaire. Cet ouvrage, pour constituer la méthode "Cyber-Tennis" Complète, devra être accompagné des enregistrement audio d'accompagnement (Sophro poédagogie) »

Aussi un CD audio à 10 € pour accompagner le livre et/ ou des fiches techniques à 7€, sur des obstacles typiques en pratique du tennis : « Comment ne plus s'énerver sur le court », « exercices permettant de limiter les doubles fautes au service », « diminuer les erreurs non provoquées »…

Gab, je ne sais pas si c'est clair comme présentation ? Assez clair pour que cela nourrisse ton invention de technique de méditation pleine conscience pour travailler les mêmes axes? Ou si ta technique y ressemble déjà ?