taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

16.4.15 Ouvrir une page sur Facebook ?

Echange mail avec une amie naturopathe. Cela n'engage que moi, je ne suis pas une pro du domaine, mais le net permet que n'importe qui donne son avis sur n'importe quoi. Voici donc l'avis de n'importe qui sur un grand n'importe quoi. En outre, sous forme de mail, donc en premier jet (acide...).

Q. Je ne suis pas  sur facebook...et j'hésite très fort à m'y  mettre....  J'avais pensé travailler  avec des newsletters envoyées aux gens intéressés   et laisser diffuser comme çà.
 R. J'en profite pour écrire une fois pour toutes mon laïus sur facebook que vous avez entendu en direct pendant les stages, je reprends pour le site.

Il faut choisir à qui tu veux t'adresser quand tu montes sur le net et en particulier dans ces zones marécageuses que sont les réseaux "sociaux" (qui en réalité détruisent le tissu social).

Depuis mes débuts sur le ouaibe (1998), j'ai choisi le "one-to-many" c'est à dire un site sans commentaires sans forum, pour faire connaître mes résumés de la nutri à ceux qui n'ont pas les sous pour acheter les livres.

J'ai testé un blog mais avec commentaires fermés (je serais tombée dans le many-to-many si on continue avec cette terminologie; ingérable pour moi, tu sais que je ne peux pas longtemps supporter les commentaires lapidaires). J'ai abandonné la forme "blog" wordpress ou autre car on y a plein de freins techniques, je préfère écrire moi même mon site, tout bancal qu'il paraisse

Qualité des relations. Il faut savoir à qui tu veux t'adresser: aux chercheurs curieux ou aux grandes foules. Dans mon cas, j'ai clairement choisi la voie ardue: faire bosser les lecteurs, ils doivent chercher l'info via le net, arrivés sur mon site, ils doivent encore chercher, selon le vieux proverbe juif "ne demande pas trop souvent ton chemin, tu risques de ne pas te perdre". Les réseaux sociaux, eux, tablent sur le grégarisme dont l'homme est imbibé depuis toujours.

 Facebook pour mon camarade musicien et pour le partage des rendez-vous: oui pourquoi pas? quoiqu'on peut envoyer des textos à un groupe par tél portable, mais bon.

Facebook pour ma copine qui a un manège: bien pratique pour annoncer les évènements, mais un blog le ferait aussi bien, sans le flicage par FB.

 Facebook: à cibler à mon avis pour la partie "grande foule à capter". C'est un gigantesque café du commerce, avec "brèves de comptoir" à l'appui.  J'ai dû y prendre accès ne fût ce que pour avoir des nouvelles de mon gamin quand il humanitairait au Togo, sinon je n'aurais jamais touché ce réseau hautement asocial. A ce jour, je ne fréquente FB que via mes enfants + pour avoir des nouvelles de ma copine cavalière près d'Angers. Je me suis inscrite vers 2012 pour l'affaire du Togo. Sur les quelques visites que j'ai faites sur d'autres parties de FB, RIEN, j'écris bien strictement RIEN n'était intéressant, instructif, ouvert, édifiant. Tout était réducteur, petit, fermé.

Si j'avais ouvert une page FB en nutrition, cela aurait été en tant que "cynique" pour attirer des gogos, car FB n'est fréquenté en gros que par des paresseux de l'intellect, qui aiment se laisser guider. Toutes mes "suiveuses" y sont et y surfent. Parmi mes catégories en nutri, il y a des exceptions, mais en gros ce sont ces "suiveuses" qui sont victimes des dérapeutes du net. Et comme leur sort me gonfle le coeur, je continuerai à exposer ici qui sont les prédateurs de leur âme. Pas prétentieux, hein?

FB ne se justifie pas chez moi puisque j'ai choisi la posture "nutrition savante" (et pas "religieuse", tu me comprends).

Sur FB où "tout va plus vide" (sic! j'aime bien, je pense que c'est de Thierry Crouzet) impossible de réfléchir car tu es submergé d'infos, tiraillé à gauche et à droite, on t'envoie plein de choses à lire et à visionner, souvent du grand n'importe quoi, mais tu es tenté parce que c'est publié sur ton territoire. Ah! la notion de territoire, ils savent bien ce qu'ils font, va... Recherche les articles de fond sur les déclarations de zuckerberg: avec son équipe de cogniticiens, il a besoin de centaines de milliers de personnes pour mener à bien une expérience géante.

NB 2017. Il est gâté: il en a plus d'1 milliard désormais...

Sur FB, tu ne sais plus qui est qui. Pas comme quand je décide: ce soir, je fais une heure de surf, à mon rythme, sur un thème donné. Je tomberais aussi dans le livre de sable du net (selon la métaphore dans la nouvelle de Borges, visionnaire puisqu'internet n'existait pas), mais je n'y serais pas happée au-delà de ma volonté comme sur FB.

FB joue très finement sur une notion de territoire très floue, on essaie d'inculquer dans l'inconscient collectif:

1/ que le privé et le public se superposent; grâce à quoi on accepte de plus en plus facilement l'intrusion du public dans notre sphère intime

2/ que tout vaut tout, un débarqué de la lune peut se prétendre spécialiste de nutrition

Je suis convaincue que ça ne tombe pas du ciel, cette façon de gérer le mental collectif. J'ai peut être trop lu  John Le Carré, je vois de la manipulation partout.

Je vois autour de moi des gamins facebookiens, intelligents par ailleurs, agir comme des c...s par manque de discernement, puisque tous les conseils se valent, ils écoutent le dernier, ils ne prennent pas le temps de se poser, de méditer, de regarder les nuages le temps de se décider.

Si je voulais gagner bcp de sous:

1/ j'écrirais des livres avec UNE solution, UNE voie, faciles à comprendre

2/ je foncerais sur FB et je buzzerais  pour avoir des milliers de followers -> prendre un thème qui inquiète (virus, parasites, cancer, etc.) et publier souvent

3/ je jouerais sur la notion de cercle: vous êtes tous mes amis, ma famille, etc.; histoire de lier les gens
je leur enverrais donc régulièrement des mails à heure fixe, en donnant des nouvelles "de la famille", histoire de bien les capter

4/ j' achèterais des followers en Chine par dizaines de milliers (ça coûte pas cher), car le volume appelle le volume

5/ j'utiliserais pas mal d'images, car les marketeurs le savent:les images empêchent de réfléchir, elles allument le bouton "émotion" et éteignent le bouton "raison" (long discours, des centaines de livres sur le sujet)

6/ je doublerais tout ça de vidéos gratuites sur youtube, tournées sur un coin de table, sans montage, sans transcription, annonçant que je ne fais que partager avec mes frères humains (mais sachant que ça viruse sec derrière et que ça m'amènera du trafic, que je pourrai valoriser miam miam les euros).

 La vie a voulu que je fasse le curé de campagne, patelin et plein de bon sens, dans mon petit coin.

 En plus FB fait ce qu'il veut de tes données, il est en totale illégalité avec nos lois européennes mais s'en fiche. Dès que tu ouvres un compte, il s'arroge le droit de  garder tes données ad vitam aeternam même s'il ne les affiche plus (et donc de les valoriser, puisque c'est ainsi qu'ils vivent). Il est juste que des multinationales gagnent quelque chose vu qu'ils donnent l'accès gratuit, mais ce qu'ils demandent est disproportionné par rapport à ce qu'ils offrent (p. ex. imposer des pubs sur tes pages...) et le fait qu'ils noyautent de facto tous les liens que nous, les amoureux de la connection, avions commencé à tisser depuis avant 2000. Si tu veux te plaindre pour du harcèlement social ou pour un vol d'identité, bonne chance avec l'équipe FB. Lis les innombrables témoignages de pauvres internautes qui y ont perdu du temps. Résultat vain. Ils tondent le mouton et puis se désintéressent dudit mouton, tu penses bien.

 Une lecture plus articulée sur le sujet, par le formidable Thierry Crouzet: http://blog.tcrouzet.com/2013/05/24/facebook-et-twitter-vous-prennent-pour-des-poires/

 

 ciao! taty

NB mars 2018. J'amorce une petite série de billets pour expliquer pourquoi, après l'an de test promis à mon fils (qui me trouvait dure dans ce billet-ci), je n'ai que des confirmations de mes premières appréhensions. La série s'intitulera "FB, je suis venue te dire que je m'en vais".

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