taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

14.3 Je suis venu te dire que je m'en vais - page 6



Illu de Chaz Hutton, sur le site Usbeketrica.com
Répertoire "non-food" de ce site.

Petits billets expliquant pourquoi, après les 9 mois de test que j'ai promis à mon fiston, je quitte l'ambiance FB.

Où il sera question de l'indispensable magazine Usbek & Rica, déjà mentionné dans le billet d'hier. Indispensable pour ceux qui s'interrogent sur le monde que nous laisserons à nos enfants. Ce journal papier et digital est "le média qui explore le futur. Tous les futurs : ceux qui nous font peur et ceux dont on rêve." Usbek & Rica étaient les héros des Lettres persanes de Montesquieu.

Dans le "J'accuse" FB et les nouvelles technologies du net, je ne m'étendrai pas sur ce qui n'est pas relatif à mon travail sur ce blog (le rapport à l'assiette et le travail d'un coach alimentaire envers ses clients). Citons en pagaille tous les défauts dont vous pourrez lire le détail chez des auteurs comme Thierry Crouzet, déjà présenté, ou dans le magazine Usbek et Rica:

  1. On a laissé les GAFAM abuser de position dominante et truster le marché ("on" étant aussi nos gouvernants, oh les fainéants)
  2. On les laisse utiliser abusivement nos données personnelles
  3. On les laisse frauder les états (qui ont financé les études de leurs ingénieurs, soit dit en passant)
  4. On les laisse nous entraîner vers un transhumanisme exacerbé et délirant.

Je me concentrerai sur le 5ème point: on les laisse nous voler notre attention et notre discernement en échange des services gratuits qu'ils offrent. Notre temps vaut plus cher que cela, voyons!

On aura compris que j'établis un dossier à charge, bien sûr. Il ne manque pas d'avocats de la défense...

Une nouvelle science est apparue, celle des technologies persuasives: la « captologie ». Comme moi, vous aurez observé que mille et un blogs et sites utilisent les mêmes ressorts et les mêmes chaînes d'information pour vous attirer: récompenses, cadeaux, incessantes notifications. C'est d'un prévisible! Quel ennui!

Bref, leur objectif: nous faire passer le plus de temps possible sur les sites, rendre l'internaute accro. Cela pourrait n'être qu'un vilain côté du commerce en ligne. Je pense que le dégât collatéral est sérieux. La captologie a contribué avec d'autres outils digitaux à un triste résultat sur l'internaute peu avisé: éparpillement des intérêts, confusion mentale, perte de concentration, impulsivité ("je veux un résultat tout de suite, siouplait m'dame"), impulsivité qui peut vite dégénérer en brutalité. Et surtout manque de perspective, de mise en contexte: l'internaute se laisse porter d'un site à un autre, d'une vidéo de chat à une autre, plus de trace, pas de "big picture", on répond l'instant à une stimulation précise, sans prendre le temps du "qui, quand, pourquoi?".

Pédagogue dans l'âme et curieuse de l'évolution de l'humain, j'observe une évolution depuis ces quelques dernières années. De mois en mois, on voit l'intelligence de l'humain se rétrécir au point que, par exemple, il devient trop difficile de poster sur un forum classique.

-- Je ne m'en sors pas sur votre forum. Je ne vois pas où poster.

-- Qu'est ce que vous ne comprenez pas dans la notion de hiérarchie des sujets?

Dans l'ancien internet, il ne fallait même pas expliquer aux internautes comment zoner sur un forum. Choisissez un chapitre, et dans ce chapitre, un sujet. Ajoutez à une discussion existante ou créez une nouvelle discussion.

Après avoir rencontré plusieurs cas similaires il y a peu sur le forum que j'anime, je comprends qu'il faudrait agir comme les capteurs d'attention que sont les GAFA: "Nouvelle discussion?... Où voulez-vous publier? ... Voulez-vous ajouter ou créer un nouveau sujet..." En gros, prendre l'internaute par la main, comme un enfant. Dieu m'en garde!

Autre dérive qui est montée en puissance depuis quelques années: les internautes ne cherchent plus. Questions répétitives sur des forums FB: "c'est quoi ce terme: blabla?". Mais choupinette, une simple recherche digitale et tu as ta réponse! Même si cette réponse est biaisée par la bulle informationnelle des recherches précédentes (voir le billet). Le web n'étant plus devenu que captologique, l'internaute n'a qu'à suivre un lien par un clic, il se laisse emmener comme un petit bouchon sur la vague, il perd l'autonomie, il ne pense même plus à chercher par lui-même.

Les facebookiens en particulier me semblent tombés dans le travers de la bulle informationnelle. Illustration par une gouroutinette d'un groupe cétophile auquel j'étais inscrite, pour évaluer ce qui circule comme info sur ce réseau (je vous "divulgâche" la fin de l'épisode: pitoyable contenu). De bonne foi, elle publie un "dossier" (hihi) prouvant que la cétose n'est pas dangereuse, affirmant (texto!): j'ai beaucoup cherché, je n'ai rien trouvé. Mais, ma poupoulkine, mon dossier perso est en ligne, clair et précis, sur les pro et les contre de la cétose. Mais, chérie, même le wikipedia est clair sur le sujet... et même sur youtube un pharmacien (partisan, il est vrai, puisqu'hygiéniste) démonte tous les dangers de la cétose... La pauvre gamine a cherché dans son aquarium, quoi.

Fb est un maître en matière de bouchon-sur-la-vague. Si le lecteur est déjà un peu passif de nature, FB joue de ce ressort et renforce ce côté de son tempérament. Ce réseau a exacerbé ce phénomène par le fait qu'on ne peut pas y voir de contexte, de mise en perspective, de niveaux hiérarchiques. Tout y est confetti, éparpillement... Et d'ailleurs, cela se traduit par les comportements des facebookiens: les gens intelligents que je connais hors FB se comportent en enfants de 5 ans dès qu'ils sont sur ce réseau. C'est normal, le medium pilote l'humain, or ce médium est construit pour infantiliser.

Long débat à nouveau, la porte est ouverte aux philosophes pour explorer le sujet sous cet angle. Je me limiterai à en tirer des conclusions pour les coachs alimentaires. Ou les parents... ou les enseignants de nos futures générations.

Mon pitch

A combiner avec mes conclusions du billet antérieur "Tous ébaubis" où je commençais mon décodage GAFAM, à l'intention des coachs en nutri.

Je me demande si, pour certains mangeurs, très internautes et très atteints, en particulier très facebookien, il ne faut pas reformatter votre discours, le structurer comme si vous parliez à un enfant de dix ans. Surtout ne pas agir à l'ancienne: "je vous laisse réfléchir le sujet", ce qui est le défaut de ceux qui croient que tout humain est doté de cette merveilleuse qualité qu'est le discernement, ou tout au moins qu'il essaie de la cultiver. Les réseaux comme FB font tout pour éteindre l'ampoule "discernement".

Ce n'est qu'en décodant ce qui se passe dans l'intelligence collective qu'on peut comprendre comment le monde de la nutri, qui certes n'était pas exempt de petits fou-fous auparavant, est désormais devenu si dé-lirant. Il n'est que de voir la banalisation de discours extrêmistes, comme les vegans (vous laisseriez des anorexiques faire la promotion de leur maladie à la radio, en télé? pourquoi laisser ces fantaisistes risquer d'endoctriner des âmes jeunes?) ou comme les cétophiles (quand le public avide de comportements à risque sera lassé des divagations veganistes, il basculera dans l'apologie de la cétose - voir le nombre de vegans américains abîmés par cette pratique qui désormais prétendent qu'hors cétose point de salut).

A nouveau précision pour les non initiés: vegan ou cétose sont des cures, des médicaments puissants. A prendre à petites doses! A les pratiquer en permanence, on risque l'hébétude que provoquent certains antidépresseurs.
Le questionnement sur nos habitudes viandardes ou hyperglucidiques en revanche: à consommer sans limite!

 

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