taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

    

Texte de la conférence "Comment le monde devient bio"

le 7/1/1999 pour l'association Connaissance et Vie d'Anvers - page 1

Mes plus sincères remerciements à Claire Noesen qui m'a ainsi donné l'occasion de clarifier quelques unes de mes idées sur le sujet... Watch out, folks, c'est long!!! C'était ma toute première conférence, et face à 600 personnes en outre... Quel honneur!

Introduction par l'équipe de Connaissance et Vie

Plus est en vous

Connaissez-vous la devise des seigneurs de Gruthuse, à Bruges ? Je ne la connais qu'en français pour l'avoir vue affichée dans notre salle de jeu, enfants, imprimée sur nos cartes de voeux, etc. "Plus est en vous" dit cette devise, que mon père avait adoptée. Je me permets de la mettre en exergue de ce petit exposé. Vous comprendrez pourquoi à la fin de la conférence.

Je ne pense pas que je vais vous apprendre grand chose, plus précisément les concepts que je vais citer sont loin d'être nouveaux. La nouveauté consiste peut être à appliquer ces notions à un sujet aussi quotidien que l'alimentation. Il m'a été demandé d'utiliser mon histoire personnelle comme tremplin de réflexion sur le thème de cette conférence : "Comment le monde devient bio" ou une "cuisine nature ... saine et sereine".

A dire la vérité, j'aurais préféré parler de l'avenir de la planète plutôt que de ma petite personne mais, tout bien réfléchi, cette biographie est très symptomatique de la situation actuelle. Vous verrez peut être qu'en entendant ce parcours, vous visualiserez l'une ou l'autre personne que vous connaissez.

Cuisine nature

On parlera ici de la nature en général, en approchant le thème de l'agriculture biologique... et aussi de votre nature en particulier en touchant le sujet de la nutrition dite idéale.

Cuisiner selon la nature est une chose ( des produits sains, de saison, de région, etc). La cuisine nature pourrait tout aussi bien s'appeler "l'assiette re-naturée" si l'expression n'était pas si peu élégante. Je copie ici le titre d'un des livres du fameux botaniste Jean-Marie Pelt "L'homme renaturé" : il essaie d'y replacer l'homme dans un dialogue avec la nature plutôt que dans un combat avec elle.

Je voudrais aussi vous proposer de cuisiner selon votre nature. Nous sommes chacun différent, nous avons des goûts vestimentaires variés, des habitudes de vie ou des affinités artistiques différentes.

Et pourtant, nous sommes tous confrontés aux mêmes recommandations nutritionnelles standard, normatives. Il n'est pas un magazine qui dorénavant ne vous suggère de consommer du pain complet pour son apport en fibres et en minéraux. Il est sûr que nous avons tous besoin de nous recharger en minéraux et d'augmenter nos doses de fibres. Je vous présenterai malgré tout dans les minutes qui suivent des observations qui indiqueraient que le pain n'est peut être pas bon pour TOUT le monde !

"Mais alors, comment s'y retrouver ?", pensez-vous. Si je ne peux même plus prendre à la lettre les articles de mon magazine favori... Il suffit - c'est si facile ! - de se connaître soi-même, tâche ardue aujourd'hui alors que déjà il y a si longtemps Socrate, je crois, nous soufflait : "gnôti seauton", si je me rappelle bien mes premières heures de grec. Nietzsche a répété un peu plus récemment, sur le même thème, "Deviens ce que tu es".

Vivre hors de soi

C'est peut-être parce que j'ai vécu une vie caricaturale avant d'être malade que je peux témoigner que tout un chacun peut y arriver. Avec le recul, je me rends compte que j'ai vécu EN DEHORS DE TOUT.

... hors de mon corps, que je niais ou n'utilisais que comme une bête de somme, qui était supposé supporter une alimentation déficiente et absurde, des rythmes de travail insoutenables et des stress répétés et recherchés

... hors de ma vie ; mes amis m'auraient qualifiée alors d'introspective et réfléchie... et pourtant, je passais des journées en quasi-apnée, mes horaires sur le fil du rasoir (tant dans ma vie professionnelle que dans ma vie familiale) ne me laissaient pas de plage de repos, de réflexion sur l'essentiel.

En gros, vu d'ici, je menais une vie de rat dans une cage de laboratoire. On m'appelait la tornade blanche. Un ami m'observant vivre m'a commenté nonchalamment : "Tu ne te sens pas ridicule, parfois, à faire la toupie ?". Je n'ai pas compris la phrase à l'époque. Vous déduisez bien : "je n'ai pas pris le temps de comprendre".

... hors de ma famille, finalement, puisque dans ce tourbillon d'activités, je n'arrivais pas, même présente auprès d'eux, à leur donner l'attention qu'ils méritaient. Imaginez une radio allumée en bruit de fond en permanence : même en jouant avec les enfants, je pensais toujours à deux ou trois bricoles du « boulot ». Quelle qualité de relation, mes pauvres amis!

Ca, c'était la version mal comprise, à mon avis, de la devise familiale "Plus est en vous", la version dite militaire. Dans les faits, je n'étais pas présente "en moi", attentive à la réalité ... en tout premier lieu à la réalité de mon corps.

Je disais par exemple avoir un estomac en béton, parce que je digérais tout. Après une escapade dans un restaurant mal choisi, mes copines se plaignaient de nausées le lendemain et moi, toute fière et très sincère: "pas de problème"; alors que je ne me souviens pas d'avoir eu une digestion correcte. Tous les petits troubles digestifs modernes, qu'il serait indécent de citer, je les ai eus, mais je les niais.

Patrimoine-santé

Les sages nous recommandent de "rentrer en nous-mêmes" pour mieux nous connaître. Je me limiterai à la connaissance de son corps, n'étant pas philosophe.

C'est grâce à la série d'épreuves que je viens de vivre que je me suis rendu compte que l'ignorance de son corps peut provoquer de multiples petits dégâts ... et des troubles majeurs... et qu'une juste attention portée aux besoins et aux demandes physiques peut à l'inverse vous rendre une qualité de vie que l'on n'imaginait plus possible.

Cela revient à se prendre en main au lieu d'attendre une main divine, prendre en charge son capital santé - que l'on peut imaginer appeler plutôt "patrimoine-santé" puisque vous êtes l'oeuvre de plusieurs générations et que votre lignée dépend de votre santé, finalement, non ?

Je me rappelle avoir entendu, lors d'une conférence, un maître tibétain, Sogyal Rinpoché, admonester le public un peu trop fervent en lui rappellant que, si la religion bouddhiste recommande la compassion, nous occidentaux devrions commencer par pratiquer la compassion envers nous-mêmes.

C'est comme si nous avions oublié la deuxième partie du message du Christ : "Aime ton prochain ... comme toi-même". Où est passé le toi-même ? Ce même Sogyal nous souffla (tendrement, comme savent le faire ces maîtres quand ils vous percent le coeur) : "En Occident, il est frappant d'observer que les gens semblent ne pas habiter chez eux "...

En illustration de mes dires, je vous citerais une étude française sur le cancer. J'ai été atteinte d'un cancer (par provocation, j'aimerais pouvoir dire: "Je me suis fabriqué un cancer"), qui n'est qu'une des maladies dégénératives de ce siècle complexe. Tout ce qui suit pourrait aussi bien s'appliquer aux autres maladies dégénératives, comme la sclérose en plaques, le psoriasis ou le lupus érythémateux... si pas l'arthrose simplement.

Depuis la découverte de ma maladie (d'abord diagnostiquée comme une maladie de Crohn, une autre affection dégénérative), j'ai potassé tout ce que je pouvais sur le sujet de ces maladies.

Il existe une étude universitaire française sur les "rescapés" du cancer (ce n'est pas mon cas, puisque j'ai été opérée et guérie ; un "rescapé" est un cas de cancer diagnostiqué comme incurable par des médecins patentés, avéré par des analyses fiables et qui, pourtant, survit aux pires prévisions, parfois avec disparition - aussi avérée- de la tumeur).

Une thèse de doctorat a été présentée en médecine à la Sorbonne vers 1994 : onze cas avaient été triés sur le volet pour leur fiabilité. Le rédacteur cherchait à établir le dénominateur commun à ces cas de survie exceptionnelle. Quelle que soit la méthode choisie pour se guérir (Kousmine, macrobiote, etc), quel que soit le patrimoine génétique de base du sujet ou son historique affectif et social, le rédacteur n'a trouvé aucun dénominateur commun ... sauf ... une grande bienveillance vis à vis de soi-même chez les onze cas.

Bienveillance, dans ce cas, serait non pas synonyme d'égoïsme mais bien respect de ce corps qui nous a été donné comme compagnon, et un dialogue sain de TOUTES les parties de l'homme.

Je n'ai pas de formation médicale. Je ne suis ni nutritionniste, ni diététicienne. Je ne connais de la santé que les notions accessibles à toute personne qui a élevé et soigné des enfants. Je me suis simplement passionnée depuis bientôt cinq ans pour la cuisine et la nutrition... depuis 1994, date de mon opération et de ma "renaissance".

J'ai une vision de la santé et de l'impact de l'alimentation assez particulière puisque j'ai effectué un virage à 180°. D'indifférente à la cuisine, volontiers boulimique de n'importe quoi pourvu que "ça cale", je suis devenue maniaque du produit de qualité. De malade et angoissée chronique, je suis devenue légère et douée d'une énergie dont même toute jeune je ne me serais pas imaginée capable... A plus de quarante ans, pourtant, l'âge où on est supposé commencer à faiblir.

Malade chronique

Mais que veut dire 'malade chronique' ?

Vous m'auriez demandé à l'époque si je me plaignais de quoi que ce soit, j'aurais répondu par la négative. Or, les signes physiques ne manquaient pas. Il est facile de déduire à posteriori, mais on a peine à croire qu'avec un curriculum vitae de santé tel que le mien je ne me sois doutée de rien. Il est vrai que, de tempérament nerveux et parfois même caractériel, j'acceptais le consensus qui mettait tout sur le dos du "c'est psychologique, c'est la tension".

Le résumé de la liste de mes déboires de santé remplit une pleine page A4, depuis l'hépatite jusqu'à la mononucléose en passant par toutes les infections possibles et les lumbagos ou migraines à ne plus pouvoir ouvrir les yeux - que j'estimais normales, bien sûr.

Il a fallu un électro-choc pour que je comprenne que je ruinais mon capital-santé.

Depuis la naissance de mon fils en 1992, je ressentais une grande fatigue et des douleurs fulgurantes aux intestin. Vous avez deviné qu'on les a mises sur le dos d'une "déprime masquée" (texto) qui aurait été due au récent décès de mes parents et à ma soudaine oisivité de femme carriériste en année sabatique.

Or, ces troubles me faisaient soupçonner le pire sans que j'ose le formuler à d'autres qu'aux médecins. Je suis née d'une famille de cancéreux, depuis mes grands parents et mes grandes tantes jusqu'à mon père et ma mère qui sont morts tous les deux jeunes du cancer, à 58 ans. Ce mot était presque tabou dans ma bouche.

Lorsqu'on découvrit ce cancer du côlon que je soupçonnais et qu'on m'opéra, je crus avoir réglé mes comptes, être libérée. Voilà c'est fait, on repart comme en quarante. Je repris ma vie d'avant. La maman d'une amie bienveillante m'avait offert sur mon lit d'hôpital le livre de la doctoresse Kousmine "Sauvez votre corps", je ne fis que le feuilleter distraitement et je préférai travailler sur mon ordinateur portable à des dossiers bien plus importants.

Ce coup sur la tête n'avait peut être pas été assez fort. Ce sont les chimiothérapies, un mois après, qui m'ont enfin ramenée sur terre, à la raison... "à la maison". C'était, enfin, l'électro-choc dont j'avais besoin, même si je suis pas prête à les recommencer, ni à les recommander à mon pire ennemi.

Je repris le livre de la doctoresse Kousmine, que je dévorai, et je pris consultation avec un médecin pratiquant sa méthode. Je suivis ponctuellement les conseils de ce médecin-hygiéniste. Le résultat le plus visible fut la disparition progressive mais nette du début d'arthose précoce dont je souffrais.

J'ai appris entretemps que c'est probablement l'arrêt de la viande (que ce médecin m'avait suggéré car l'abus de viande est, semble-t-il, trop directement lié au cancer du côlon) qui m'a soulagé de ce mal héréditaire. Il me suffit d'ailleurs d'une seule petite semaine à l'hôtel (où je ne veux pas détoner et où j'accepte les menus standard) pour me retrouver avec ce bon vieux sable dans les articulations le matin.

Ne croyez pas au miracle : il me fallut près d'un an pour me remettre sur pied grâce à l'alimentation seulement. Il me fallut tout ce temps pour comprendre que je me sur-fatiguais l'organisme en m'intoxiquant quotidiennement ... au(x) sucre(s)... Tant le sucre ajouté que les sucres ou glucides du pain, du riz, des pâtes, etc (dont je raffolais et abusais) provoquent chez certains organismes fragilisés (qu'on appelle hypoglycémiques) un dérèglement hormonal, qui peut avoir de lourdes conséquences.

Cette recommandation ne vaut pas pour tous, mais pour la partie d'entre nous qui souffre de cette maladie hélas trop peu connue et qui souvent ne répondent pas bien aux traitements médicaux modernes, connaître sa faiblesse est un atout majeur.

Il me fallut près d'un an pour comprendre que j'avais agi jusqu'alors contre ma nature mais aussi contre LA nature humaine en général.

Comment ça marche?

Savez-vous ce qu'est exactement un enzyme ? quelle est sa fonction dans la nourriture et dans l'organisme ? comment sont assimilées les vitamines ? Moi, en tout cas, je ne le savais pas. Je pense désormais que connaître le fonctionnement de son corps est aussi indispensable que de connaître la géographie ou l'histoire de son pays.

Si j'avais su, par exemple, qu'en me nourrissant d'aliments dé-naturés, privés de leurs vitamines et minéraux, je bousculais le subtil équilibre interne de mon corps.... si j'avais su qu'en "chargeant" si fort sur le stress et les nourritures stressantes (dans mon cas : les sucres), je perturbais l'équilibre hormonal qui lui-même entravait l'équilibre nerveux...

Une petite visite d'illustration... Vitamines et minéraux sont essentiels à l'équilibre général en quantité, qualité et variété. A titre d'illustration : la vitamine C favorise l'assimilation du fer qui, à son tour, intervient dans bien des réactions métaboliques indispensables.

Par carence en vitamine C, on peut affaiblir les dites réactions métaboliques, si pas les inhiber. Le zinc, par exemple, dont le pain raffiné d'aujourd'hui a perdu 90% de sa teneur et dont certains produits sont dorénavant privés lors de la culture (parce que la terre est trop appauvrie par les engrais) régule le taux de cuivre et intervient dans la composition de 80 enzymes différents.

Une petite parenthèse technique : les enzymes ont rôle de catalyseur ; ils peuvent capturer une substance qui n'aurait aucune chance de rencontrer son partenaire. Ils les emmèneront l'un à côté de l'autre, les forceront à réagir et ressortiront intacts de la réaction. Ils pourront recommencer jusqu'au jour où ils seront détruits.

S'il vient à manquer seulement une partie de l'apport nécessaire, on peut observer une cascade de dysfonctionnements, dont par exemple excès de cuivre et troubles en découlant puisque vous n'avez plus assez de zinc pour réguler sa présence ; ou des enzymes manquent ou sont inefficaces (ce sera le "je ne digère pas ci ou ça" bien connu parce que vous avez peut-être "perdu" momentanément les enzymes utiles à la digestion de tel aliment).

J'ai aussi appris que certains additifs alimentaires sont antagonistes de certaines vitamines : l'anhydride sulfureux, par exemple, (le E220 que l'on connaît par sa présence dans le vin mais qui est aussi autorisé dans les jus de fruits) détruit la vitamine B1 dans l'organisme.

Or, le manque de cette dernière vitamine peut générer anxiété, manque de concentration, perte d'appétit. Et c'est un des groupes de vitamines dont les femmes sont les plus carencées en Occident.

J'ai vécu quarante ans prisonnière de la gangue d'un corps malade, que je voulais ignorer. Il a beaucoup crié pour me prévenir, je n'ai rien entendu. Il a fallu qu'il hurle pour que je me rende compte que j'ai failli le casser. Heureusement, je suis encore là pour répéter à qui veut l'entendre : "Stop, réduisez la cadence, prenez soin de vous, vous irez vite et mieux, on n'est pas obligés d'être malade..."

Pour comprendre cette dernière portion de phrase (qui est aussi le titre d'un très utile petit guide de santé naturo sur Internet "You don't have to be sick"), il faut savoir que c'est un leit-motiv de mon beau père qui me dit : "Arrête de vouloir trop bien faire... A quarante ans, si au réveil tu ne sens rien qui fait mal, c'est que tu es mort".

Vous vous demandez peut-être comment je n'ai pas compris plus tôt ? Tenter de répondre à cette question nous aidera peut être à comprendre mes confrères et consoeurs de la jeune génération. Avec le recul, je me représente comme un précurseur de ce qu'ils vivent aujourd'hui. Je leur souhaiterais simplement de tendre l'oreille et de tâcher d'éviter les mêmes mésaventures.

Comment n'ai-je pas compris avant, donc ? Des amies bienveillantes, observant mon mode de vie, surtout alimentaire, m'avaient emmené dans des magasins diététiques. J'avais l'impression de rentrer dans une secte -- et puis, pour moi qui ne cuisinais déjà presque pas, ces livres de recettes me semblaient si compliqués!

J'étais aussi irritée dans mes quelques lectures par des affirmations catégoriques comme "les Egyptiens ont construit les pyramides en se nourrissant de lentilles et d'oignons, allons-y" ou "le sucre, c'est du poison".

Moi, j'observais mes congénères et je ne voyais aucun effet immédiat de cette soi-disant toxicité. Ce ton trop "moralisateur " et sûr de son bon droit me gênait aussi. Je ne m'étais non plus, tout simplement, pas encore souciée de l'environnement, encore moins de mon écologie intérieure propre, avec son subtil équilibre de forces. C'était comme parler à un mur.

Le ventre conscient

Depuis deux à trois ans, je me suis souvent heurtée à des murs, des doubles de moi-même d'alors quand j'essaie d'approcher la "qualité" alimentaire.

J'en suis d'autant plus désolée qu'il s'agit parfois de gens que j'aime beaucoup. Je me suis résolue à trouver au-delà des mots une solution pour transmettre ce message sur la qualité de vie - puisque les mots semblent impuissants à faire prendre conscience de certaines choses.

Bruno Bettelheim a écrit un très bel et émouvant livre "Le coeur conscient". Je paraphraserais à nouveau un grand homme en créant le titre "Le Ventre conscient". Il s'agit de faire prendre conscience de la nécessaire transmutation par une remise en forme alimentaire. Je m'explique.

Après ma métamorphose physique ... et psychique, j'ai été submergée de demandes de mes soeurs et copines : "comment as-tu fait ?" -  "tu fais dix ans de moins" - "ta peau a complètement changé"... etc. A ce moment, il était difficile de trouver quel élément de mes apprentissages était responsable, puisque j'avais circulé dans toutes sortes de milieux de santé (crudivores, macrobiotes, Kousmine bien sûr, yin/yang, etc) et essayé tant de méthodes.

Ce ne pouvait en tout cas être seulement la catharsis de l’approche de la mortalité.

J'ai donc essayé de synthétiser, au travers de mes innombrables lectures et congrès, ce qui avait bien pu provoquer un tel bien-être. Je l'ai transcrit sous forme de "programme de remise en forme" de dix ou quinze jours. C'est le sujet principal de mon deuxième livre qui vient de paraître en été : "Cuisine nature... saine et sereine". En gros et sans détail, il s'agit de se recharger les batteries en dix jours grâce à une alimentation hypo-toxique, soit peu chargée en toxines et éléments "allergisants"   (voir sur ce site la section "cure de vitalité").

J'ai pu ainsi faire plaisir à une dizaines d'amies - et surtout j'ai pu observer que, lorsqu'elles avaient "fait la cure", comme on dit dorénavant entre nous, elles ressentaient non seulement perte de poids et mieux-être physique comme on s'y attendrait, mais aussi une tonicité psychique, un enthousiasme et un optimisme qu'il est parfois difficile de garder dans notre quotidien tonitruant. Appelons ce phénomène le "ventre conscient" - quoique l'une d'entre elles l'a qualifié de "jubilation cellulaire".

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Introduction par l'équipe de Connaissance et Vie

Taty Lauwers, conseillère en cuisine naturelle, née en 1955 au Congo. Elle a suivi une formation d'interprète de conférences qui lui a fait parcourir une vie professionnelle variée: enseigner les langues vivantes aux enfants et aux adultes, travailler dans la production de films, diriger une école d'informatique... Frappée d'un cancer à l'âge de 39 ans, elle s'est soignée de façon classique; guérie, elle a modifié complètement son mode d'alimentation, ce qui a accompli une métamorphose physique et mentale, une véritable renaissance. Dans son nouvel art de vivre, elle a réussi à concilier la qualité alimentaire et le stress de la vie moderne.