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La liberté intérieure: ça s'apprend?

extrait de "Une famille ladakhi", par Renée David, Himalayas p. 128, Autrement février 1998

Dès leur plus jeune âge, les enfants ladakhi jouissent d'un grand respect de la part des adultes.

Un principe: l'enfant fait l'apprentissage de la vie sous surveillance, jamais sous la contrainte. Son exposition aux dangers usuels du chaud et du froid, ne déclenche aucun panique chez le parent.

C'est ainsi qu'un jour, Spalchem Gombo, le plus facétieux des enfants d'Ama et de Spambo, s'est enfui au beau milieu d'un repas pour batifoler dans la neige avec un seul pied chaussé. Ama n'a rien dit. Elle le regardait par la fenêtre clopiner dans la neige... Elle ne l'a ni houspillé ni rappelé. Simplement, elle s'est mise à attiser le feu pour en tirer des braises qu'elle a disposées dans une petite travée le long du poêle.

Quand l'enfant est revenu, elle lui a montré comment frotter lui-même son pied bleui. Elle ne l'a pas p ris dans ses bras, ne l'a ni réprimandé ni consolé. Du reste, l'enfant ne pleurait pas. Le soir même, c'est la petite Puntzok qui allait se coucher en trottinant, une petite lampe pigeon sans verre serrée sur la poitrine. Elle est partie, la flamme au ras du nez. Ama ne l'a pas quittée des yeux jusqu'à ce que l'enfant ait posé la lampe à terre...

Bien sûr, de tels modes d'apprentissage qui n'utilisent ni la contrainte ni son ressort psychologique, la culpabilité, produisent des adultes doués d'une grande liberté intérieure.

D'où sans doute cette joie de vivre, cette aisance relationnelle, cette sérénité devant l'inconnu qui ne manquent pas de frapper tout visiteur occidental.

Bien sûr, l'affrontement comme mode relationnel existe. Le Ladadkh n'est pas un paradis sur terre.

Cependant, il n'est pas abusif d'affirmer que l'affrontement est plus l'exception que la règle...