taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite


annexes à mon livre
En finir avec le burn-out
(topo expert)


Un cas d'école: SCM ou sensibilité chimique multiple

Encore un cas d'école pour les auditeurs: le frère d'une copine, devenu intolérant majeur après un accident en laboratoire de chimie. Mon mail à cette camarade.

Ton frère est probablement victime d'intolérance chimique par accident, ce que les anglophones appellent le TILT = principe de tolérance dépassée (Toxicant-induced Loss of Tolerance en anglais - voir le site du dr Miller). Comme à leur habitude, ils ont été plus rapides que nous les francophones de la vieille Europe à déceler les "nouvelles maladies" ou plutôt nouveaux syndromes.


image extraite du site http://drclaudiamiller.com

Le TILT: en gros, le corps supporte des agressions diverses, comme les produits chimiques,  jusqu’à un stade S. Un certain jour, après une énième exposition au produit, pourtant à la même dose, le mangeur va surréagir. Il avait peut-être surdosé sur plusieurs jours (le corps veut bien faire des efforts un jour ou deux, mais si tu l'intoxiques 3 à 4 jours d'affilée, il  peut perdre les pédales). Ou il a utilisé ses produits connus, mais dans un état de fragilité passagère due au stress. Le corps alors n'a plus les réserves habituelles, il réagit moins bien. Le mangeur va alors vivre une entrée en enfer, car l'abaissement de son seuil de tolérance après cet accident le rend intolérant à bien d'autres produits que le produit chimique qui l'a intoxiqué.

J'utilise les termes "intolérance" ou "réactivité" ou "réactogène" car il ne s'agit pas d'allergies franches.

Le sujet devient victime de sensibilités chimiques multiples = SCM. En fait, certaines victimes de SCM ne supportent plus RIEN, ils ont dû s'installer à la campagne tant ils étaient indisposés par les gaz d'échappement urbains et autres pollutions insidieuses; ils doivent éviter la pollution électromagnétique (CEM ou champs électromagnétiques), car cette réactivité vient s'ajouter à leur malheur. Pour certains, pas pour tous ! Je pense à cette horticultrice devenue si intolérance aux CEM qu'elle doit vivre dans une grotte dans la Drôme. Lorsque je l'ai interviewée, elle a reconnu que tout s'est déclenché au lendemain d'un épandage de lindane sur ses plantes. Elle avait déjà senti des alertes, mais comme tout le monde, elle était passée au-dessus. On comprend qu'un médecin se gratte la tête: une intoxication chimique qui rend électro-sensible? Et pourtant...

On croit parfois que ces sujets sont des canaris de la modernité selon ma terminologie (voir le site), mais il faut plutôt appeler leur maladie par son vrai nom:  SCM. Ils n'y sont pas condamnés, contrairement aux canaris de naissance (que je suis), dont la constitution est déficiente de nature -- canaris qui sont condamnés à faire attention en permanence, épigénétique ou pas. Raison pour laquelle ils méritent un nom particulier, comme s'ils étaient des mutants au sein du monde monderne. Au mieux, ils peuvent se mettre à vivre mieux, mais restent (à ma connaissance) toujours fragiles. Les victimes de SCM, eux, sont malades par acquit. A ce titre, il y a une voie de sortie.

Comme ces deux catégories de mangeurs ont les mêmes réactivités, je les regroupe parfois dans le libellé canari/SCM, et ce uniquement pour la piste à suivre pour se remettre sur pied. Le contexte est souvent fort différent entre canari et SCM.

Une question encore pour ton frère: a-t-il jamais été diagnostiqué comme "syndrome de Gilbert"? Syndrome considéré comme tout à fait anodin par la médecine classique (raison pour laquelle les médecins ne le précisent parfois pas). Et pourtant, il se pourrait que ce syndrome signale une forme de déficience du système de détox' du sujet. Ton coach t'expliquera.

Trois pistes pour étudier les SCM, ce que madame Xx a fait pour toi, mais que tu es bienvenue d'explorer si tu as du temps:

  • 1. le site  www.sosmcs.org en français, qui traduit et résume les recherches du docteur  Claudia Miller en anglais http://drclaudiamiller.com/blog/. Tu y trouveras de chouettes articles comme http://drclaudiamiller.com/2011/10/23/children-with-autism-and-their-parents-share-chemical-intolerances/ (les enfants autistes partagent des intolérances chimiques avec leurs parents).
    Ils publient aussi un très utile questionnaire http://drclaudiamiller.com/Other/QEESI-French.pdf, que j’ai adapté ici pour les personnes qui le remplissent lorsqu'ils sont suivis par un auditeur qui a été formé chez moi : http://www.taty.be/canari/QEESITATY.pdf . Les premiers testeurs parmi mes audités avaient indiqué qu'ils ne  s'en sortaient pas avec l'original, j'espère ne pas avoir trahi l'esprit lorsque je l'ai adapté.
  • 2. Lire aussi chez sosmcs.org la traduction française du rapport Pall sur les multisensibles chimiques http://www.sosmcs.org/pdf/rapport-Pall.pdf: « Syndrome d’hypersensibilité chimique multiple (MCS) : Mécanismes toxicologiques et d’hypersensibilité ». Il en ressort sept catégories d’agents chimiques pouvant entretenir le mal-être chez les personnes génétiquement prédisposées à la SCM:
    • Les solvants organiques volatils,
    • Le monoxyde de carbone,
    • Le mercure,
    • L'hydrogène sulfuré (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Sulfure_d%27hydrog%C3%A8ne)
    • 3 classes de pesticides : carbamates / organophosphorés, pyrèthrynoides, organochlorés.
    L'hypothèse du professeur Pall est assez pointue, je m'y connais bien en nutrition mais là on est en physiologie biochimique pure, et je m'y perds. Je comprends l'essence, au moins. Cela expliquerait  mieux certaines réactivités des canaris/SCM et comment on peut les soulager par certaines évictions, en particulier les pesticides mentionnés ci-dessus ou le mercure des amalgames. Dans le cas des SCM, le mercure pouvait ne pas poser problème avant la perte du seuil de tolérance. Après, il devient problématique. J'espère que ce ne sera pas le cas de ton frère, car la dépose des amalgames est longue, complexe et chère! En outre, on remplace par des résines qui tiendront moins longtemps et... dont on ne sait comment elles réagissent chez les plus fragiles. Ah! la modernité!
  • 3. Les recherches du professeur Dominique Belpomme - lire via mon billet "Le professeur Belpomme et les CEM à l'Assemblée (2016)" et "L'histaminose et le travail du professeur Belpomme".

A ma connaissance, les 3 experts que je viens de mentionner estiment que la SCM est inguérissable. Les victimes sont certes inguérissables s'ils continuent à se comporter comme avant et si le thérapeute les traite avec des compléments alimentaires qui risquent d'être traités comme des "produits chimiques" par le corps du sujet, devenu hypersensible. Si on comprend l'essence de ce qui leur est arrivé, on peut reprogrammer les gènes (selon les principes de l'épigénétique que j'ai exposés en très résumé icixx et que l'on peut comprendre grâce à une courte vidéo limpide, par le professeur Claudine Junien, professeur de génétique et co-directrice de l’unité Inserm U781 à l’Hôpital Necker – Enfants malades (Paris) : https://www.youtube.com/watch?v=DFdDJ0PTB7I

Il faudra en tout cas un changement d'environnement et d'assiette.

C'est ici que les Romains s'empoignèrent car... il n'y a pas de protocole standard, qui serait valable pour tous. L'un a trouvé par hasard qu'éviter les amines ou les sulfites ou le gluten pouvait calmer l'inflammation chronique dont il souffre à la suite de sa SCM. L'humain étant ce qu'il est, il va en faire un blog et enjoindre tous ses camarades à le suivre car il a trouvé LA piste. Bé non! C'est SA piste. Dans le cas de ton frère, vu que l'accident était lié au chlore qu'il manipulait, je creuserais dans les dérivés de chlore au plan ménager ET alimentaire: le sel de table n'est-il pas du chlorure de sodium? Le corps fait tout ce qu'il peut pour se défendre et parfois il confond les agresseurs: il retient l'info "chlore" et réagit à toutes les formes, anodines ou toxiques. Comme ton frère est scientifique de formation, ces "allergies d'information" lui paraîtront bizarres, elles ne sont en effet pas documentées. S'il n'accroche pas, tant pis...

La seule piste que je défends: je suis une uniciste de la cause. Splication: un homéopathe uniciste traite son patient avec UN seul remède, comme si ce seul remède était en haut de la hiérarchie pour lui. Il sourit donc de lire les encyclopédies classiques d'homéo: "prenez brol 5ch pour la grippe", car lui pense qu'un patient aura besoin de SON remède, dans quelque maladie que ce patient précis manifeste (grippe ou déprime...). Jean sera donc un patient "lycopodium", remède qui lui servira à tout. Je résume, c'est plus subtil.

Les auditeurs que j'ai formés connaissent le principe d'uniciste de la cause; la finesse de leur audit est d'arriver à repérer LE produit qui entretient l'inflammation et à ne pas se perdre dans dix mille détails secondaires. Souvent, c'est coton à trouver. On se trompe parfois, aveuglé par l'arbre qui cache la forêt. Je pense au circuit classique du mangeur qui annonce, tout heureux:  "ah! ça va mieux sans gluten".... et 3 mois après tout recommence comment avant, car en fait le gluten cachait la forêt. Lorsque je suggère de faire appel à un référent, c'est pour éviter ce long tâtonnement qui peut décourager les plus braves.

NB. S'ils connaissent le mécanisme, les référents ne sont pas obligés de suivre ma piste. C'est un choix personnel.

Madame XX connaît quasi tous les réactogènes classiques, elle aidera ton frère à repérer duquel il s'agit. Il n'existe pas à ma connaissance de test clinique fiable. Il faut procéder par évictions, c'est casse-pieds mais c'est la voie de sortie du tunnel. Parmi les nombreuses pistes que Xx va étudier avec ton frère: l'intolérance à l'histamine, phénomène qui peut surgir à la faveur d'un accident de vie chez certains. On l'oublie parfois, lorsqu'il arrive ainsi en milieu de vie. Lire le petit billet    et peut être suivre la vidéo que j'y mentionne.

Si les 3 experts que j'ai cités plus haut n'ont pas de hauts résultats alors qu'ils ont une analyse fine de la situation, c'est peut-être qu'ils ne connaissent pas certains trublions de la nutrition que j'ai découvert par mon propre historique: des additifs ou même des aliments sains (certains!) peuvent se comporter en bloqueur de détox', quasi en pro-inflammatoire. Imaginons qu'un nutrithérapeute bien informé prescrive en tout bonne foi à une victime de SCM des complexes vitaminés, de l'acide de chti et du citrate de brol; et qu'en plus il lui conseille de privilégier une alimentation saine, riche en antioxydants (légumes fruits huile d'olive etc)... il vient d'ajouter dans la biochimie de cette personne plein de bloqueurs de détox'...

Tout d'abord les compléments sont une charge toxique pour son foie, quoi qu'en disent les fabricants et les promoteurs naturo. Ils sont aussi lourds à traiter qu'un médicament. Il faut donc finement peser la charge toxique versus l'apport en nutriments. Si une assiette bien ciblée peut apporter les mêmes complexes de vitamines et de minéraux, autant le faire par la voie naturelle...

Ensuite les compléments très ciblés qu'utilisent les nutrithérapeutes aujourd'hui demandent une connaissance hyperfine de la biochimie. Voyant un problème de détox', le nutri va prescrire des donneurs de méthyl... mais c'est une erreur, puisque parfois la victime de SCM est déjà un surméthylant. Parfois, ces produits sont riches en soufre et aggravent les voies du soufre chez un malade... Voilà déjà deux raisons pour expliquer pourquoi un sujet SCM peut s'aggraver avec le protocole nutri (et on dira qu'il "détoxifie", que c'est une réaction d'Herxheimer... tout faux!).

La troisième raison se trouve dans son assiette: si la victime de SCM (pas tous! je crois que je l'écris dans chaque billet) est sensible à certains additifs et aux salicylates alimentaires, ces derniers entretiennent l'inflammation et bloquent la détox' chez lui. On tourne en rond. Voir la liste des additifs qui sont à incriminer (pas tous), mais surtout voir où se trouvent les salicylates: et là tu tombes de ta chaise! Fruits, bcp de légumes, huile d'olive, noix etc: une grande partie des aliments qui sont réputés sains peuvent être très malsains, temporairement, chez une personne fragilisée, quoi... Il faudra donc éviter ces sources le temps d'un test (pour vérifier s'il fait partie de cette cohorte) ou le temps de se requinquer s'il en est (jamais plus de 3 mois). Il se pourrait que ton frère soit réactif aux salicylates, ne fut-ce qu'à cause de ses réactions au vin rouge, qui est richissime en salicylates. Qui sait si, conjoints aux sulfites, ces salicylates ne sont pas plus agressifs? Il y a aujourd'hui peu de recherches dans ce domaine, trop marginal. Hélas!

Parfois le réactogène principal est dans l'environnement, je pense à Marie-Christine qui a guéri son eczéma et ses multiples intolérances digestives lorsqu'elle a repéré son intolérance aux moisissures de l'environnement (maison humide & mérules). Elle a éliminé les moisissures et les levures de son approvisionnement alimentaire autant que de son environnement de vie. La coach Xx verra ça avec vous.

Dès que le boute-feu est trouvé, il faut compter quelques mois de reprogrammation interne où, le feu étant calmé, il faut laisser le temps aux organes, aux hormones, aux neuromédiateurs de se normaliser. On peut souvent arrêter les anti-inflammatoires à ce stade (avec l'accord du médecin). Je ne promets pas pour autant la lune à ton frangin car je crois qu'une forme d'hypersensibilité restera.

Je prends mon exemple (je viens de loin!). Je copie d'un autre billet: " J’ai beau avoir atteint à près de soixante ans un équilibre minéral et vitaminique optimal, trouvé le régime idéal pour moi, ici et maintenant, je réagis encore fortement à des plats cuisinés à base de produits additivés (chez des amis, au restau  qu’il soit étoilé ou pas, si j’ai oublié de prendre du bicarbonate de soude en prévention). Ce n’est pas de l’ordre de l’allergie. Je n’ai plus de montées de rage comme avant, mais je vis ce que j’appelle « un recâblage électrique profond » qui fait que je ne peux de nouveau plus communiquer avec le monde (sauf avec mon mari ou via internet), je ne contrôle plus bien mes mouvements et je me cogne à tous les coins de table, j’ai des bouffées de chaleur et de sueur. Je reste couchée une journée, à la diète, et je me remets. Ouf! merci la vie. Je résume cela à mes proches en clin d’œil : « j’ai de nouveau mal aux cellules ». Ah ! si elles pouvaient saigner, on me plaindrait….  Je pense que cela pourrait tout simplement être une réactivité rallumée par un dépassement de mon seuil. "

Je n'ai pas de conclusion ferme et définitive sur le cas de ton frère. Il peut être un canari, il peut ne pas en être un. Il peut avoir besoin de suivre ces évictions et de s'aider de chardon-marie. Ou non... Il peut récupérer l'anosmie qui a suivi l'accident... ou pas. Je peux ouvrir des pistes de recherche et je t'ai conseillé de voir Xx pour un débroussaillage du terrain.

voir mon topo expert chez Aladdin

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