taty lauwers

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en quête d'un devenir-soi nutritionnel

  Un curriculum vitae de santé illustratif

22.7.19 Qu’entend-on précisément par « souvent malade dans l’enfance » dans ma liste de symptômes qui permettent de repérer si un sujet est un « canari » ou pas? Je détaille un parcours classique, sur la base d'une histoire concrète.

 

Où l’on verra le parcours d’un canari de la modernité, depuis sa naissance il y a plus de cinquante ans, canari qui était probablement TDAH aussi. Et ce qui caractérise ce qu’on dit « une enfance malade », un des critères que je retiens pour savoir si l’on a affaire à ce que j’appelle « un canari de naissance » ou pas.  Non pas pour faire un concours de malheur, mais pour pouvoir comparer ce qui peut l’être. J’entends si souvent des mangeurs se dire « canaris de naissance » alors que leur parcours indique quelques petites angines. Encore faut-il qu’il y ait eu des troubles nerveux concomitants, et une forme d’atypisme qui fait que les médecins en perdent leur latin.

J’insiste sur ce paramètre « de naissance », car à ce jour, je n’ai pas encore rencontré un canari de naissance qui soit remis sur pied. Alors que les « canaris de passage », qui se sont fragilisé à la faveur de chocs  ou de régimes mal conçus, peuvent assez facilement se requinquer et retrouver les manettes d’eux-mêmes.

Je rappelle mon propos : je pense que, parmi les cinquantenaires et plus, lorsqu’ils sont malades chroniques, un sur cent peut être un canari de naissance; parmi les trentenaires, toujours malades chroniques, un sur dix ou vingt; mais parmi les plus jeunes, un sur quatre ou sur cinq parmi les enfants à problème pourrait bien être un « canari de la modernité ».   Ces rapports de un sur cent ou sur quatre ne valent que par rapport à la population malade chronique, et non par rapport à la population en général. Utilité de le savoir? On ne choisit pas la même assiette pour un cas que pour l’autre.

Dans l’exemple qui suit, le seul paramètre « non-canari » est que cette enfant n’était pas de profil allergique.

Symptômes du canari-type

J’extrais du topo sur le sujet le paragraphe « Symptômes du canari-type»

Chez un canari, on peut relever quelques caractéristiques particulières par rapport aux autres profils d’enfants.

Les soucis ont commencé dès la naissance, que le nourrisson soit allaité ou pas — alors que les intoxiqués aux phosphates se révèlent après le sevrage et que, chez les dysbiotiques au premier chef, les manifestations suivent des cures d’antibiotiques ou de vaccins à répétition.

L’enfant présente des troubles nerveux de nombre et/ou d’intensité supérieurs à la normale — troubles en tout cas inexplicables si l’on considère qu’il vit parfois dans un environnement affectif équilibré ou relativement sain. Ces troubles psychiques s’aggravent fort à l’adolescence. Chez un intoxiqué aux phosphates, ces troubles se marquent par de l’opposition, de la brutalité, des injures, des grimaces incontrôlables, alors que chez un canari cela peut se signaler par de l’angoisse, une attitude distante et renfermée.

Il souffre souvent d’eczéma, d’urticaire ou d’asthme (ou de formes proches).

Il fait des réactions cutanées avec certains aliments, sans que ce ne soient de réelles allergies. Ces réactions se marquent souvent autour de la bouche.

Il chipote dans l’assiette.

Il a tendance à la constipation plutôt qu’aux selles molles, ce qui serait plutôt le cas d’un dysbiotique au premier chef.

Il manifeste des formes d’intolérances alimentaires multiples. Il n’est pas rare que les tests à IgG* indiquent des dizaines d’allergènes cachés.

Il est très réactif aux odeurs d’origine pétrolière : les vapeurs d’essence, les solvants des marqueurs, certains parfums peuvent l’indisposer jusqu’à la nausée.

Il a souvent les traits tirés, déjà jeune. Il est blême si on le compare à ses frères et sœurs.

Il est souvent allergique franc (pollen, graminées, etc.).

Il connaît déjà des céphalées de l’enfance (au même titre que l’intoxiqué aux phosphates).

Il vit déjà jeune une forme d’inflammation chronique où il connaît bronchite sur otite à répétition. Le poupinet est quasi abonné aux consultations en urgence... Situation que l’on retrouve aussi chez le dysbiotique, alors que le petit phosphaté est rarement malade.

J’ai pu observer chez les petits canaris des cernes profonds sous les yeux, même lorsque les parents rapportaient de bonnes nuits de sommeil. Ce signe est, en naturopathie, souvent lié à une allergie retardée*. Les pratiquants de la diète Hafer* le signalent aussi pour les petits phosphatés.

Les victimes du syndrome de Gilbert, considéré comme anodin pourtant, seraient de bons candidats à la canaritude.

Le canari est souvent atypique dans ses réactions de santé. Il manifeste parfois des réactions inversées : il se calme jusqu’à s’endormir avec du coca. Il ne tolère que des microdoses de médication, au-delà desquelles il réagit à l’inverse des autres patients.

Autre ritournelle médicale chez le canari : un traitement peut faire de l’effet les dix premiers jours — effet qui se tasse puis s’inverse. Les médecins, comprenons-les, prennent les adultes canaris pour des simulateurs. On reconnaît un canari adulte à la kyrielle de médecins qu’il a consultés, en vain.

Les dents sont de couleur plus grise que blanche, malgré une nutrition et une hygiène dentaire saines. Normal, le métabolisme étant coincé dès le plus jeune âge, le canari de la modernité est carencé en nutriments depuis tout petit.

La pratique d’un régime sans-gluten-sans-laitage-sans-sucre a donné un effet mitigé par rapport à l’effet vécu par la fratrie — phénomène commun aux autres biochimies.

Le sujet canari a une prédisposition au pied d’athlète et aux autres champignons sur la peau et sur les ongles.

L’un des deux parents est allergique (acariens, graminées, etc.) ou canari lui-même.

La bio de santé illustrative

Conçue et élevée en Afrique (Congo belge), cette petite refuse  de s’alimenter pendant 6 mois, elle boit quelques gouttes de lait à la fois. Reste maigre comme un long sauret. Jusqu’à un voyage de congé en Europe, où elle commence à accepter la nourriture.

Jusqu’à ses 3 ans, elle vit des otites douloureuses à répétition, ne répondant pas aux  traitements de l’époque. Otites disparues après que son père, désespéré, a passé une heure à prier et a promis à dieu de suivre sa femme à l’église tous les dimanches si la petite guérissait. Cette dense ferveur a eu l’effet escompté : l’otite en cours s’est calmée, plus d’otites par après si ce n’est une sensibilité auditive. Son père n’a respecté sa parole que 3 dimanches, mais dieu n’est pas rancunier. A 4 ans, la petite fait un zona. A 5 ans, on doit extraire un ver solitaire à la manière d’alors : rester la bouche ouverte au-dessus d’une soucoupe de lait pour attirer la bête… A 6 ans, elle est opérée de polypes nasaux . Depuis petite, elle est victime de constipations sévères. A 8 ans, cela s’aggrave lors d’un séjour en Afrique du Sud (séjour forcé, émigration forcée après les évènements au Congo).  A 9 ans, elle est victime d’une hépatite infectieuse : cure alimentaire très stricte et au lit pendant trois mois.

Au travers de ces épisodes, elle connaît de nombreux épisodes d’ascaris, des inflammations fréquentes, comme d’affreux panaris aux pieds et des orgelets disgracieux aux yeux. Elle doit prendre des médicaments « pour le foie » (peu de souvenirs précis), car la digestion est désastreuse. Nausées fréquentes.

Peu d’angines ou de grippes, normal en Afrique. Mais dès l’installation en Belgique, la chanson change : multiples angines chaque hiver, qui deviendront bronchites après l’adolescence. Depuis petite, la gamine est de type hypernerveux, angoissée, elle ne respecte pas les consignes et ne répond pas aux contraintes, même radicales (punitions physiques dures, enfermement dans la cave... curieuse éducation chez des bourgeois, non?). Déjà petite, elle a des insomnies et des céphalées telles que lors d’un congé en Europe, sa mère l’emmène consulter un neurologue (oh, la fierté d’une gamine! « Je suis si importante »). Le neurologue ne voit rien, sauf une écriture « atypique » lors de l’électro-encéphalogramme.

Pendant l’adolescence en Belgique, la digestion et les nausées  ne s’améliorent pas, les troubles nerveux non plus – adolescence oblige, ils empirent. Commencent les angoisses de mort et la tentation du suicide, ce qui est commun à tant d'adolescents. Début des consultations régulières de psys à 12 ans. Hebdomadaires pendant un an, épisodiques ensuite.

Apparaissent les extra-systoles inquiétantes, au début. Solution : se coucher dès que le cœur part en toupie. Les « crampes » cardiaques cessent alors. Et tant pis si on est dans une épicerie, les autres clients accepteront bien de voir cette ado couchée 5 minutes par terre.

Les céphalées répondent heureusement à l’aspirine, sauf quand il s’agit de vraies migraines : au lit, dans le noir, 3 jours, sans manger – et sans solution. .

Pour les insomnies, le médecin  de famille a prescrit des somnifères.

Apparition des règles assez tardive : 15 ans.

Les examens sanguins indiquent une forme de prédiabète (?). Résultat : la gamine est privée de sucres, sans plus. Les parents n’ont pas assez de budget pour acheter des biscuits et chocolats au faux-sucre. L’épisode sans sucre ne durera pas, c’est intenable.

Elle adore le sport (patinage, tennis, etc.). Mais les ligaments se déchirent quasi systématiquement. Traitement proposé : exposition aux infra-rouges (?). A 13 ans : tennis elbow, une partie de l’os a été arrachée lors du déchirement.  Infiltrations et 6 semaines d’immobilisation.

Depuis l’adolescence, elle connaît en sus de douloureuses crampes musculaires la nuit.

A 21 ans, les insomnies deviennent de l’hypersomnie à la faveur d’une mononucléose non diagnostiquée. La même année, choc allergique violent au glifanan. A cette époque, le tiroir à pharmacie est déjà bien plein de produits, dont ce glifanan qui agissait contre les douleurs inexpliquables qu’elle connaissait.

A partir de là commence le refrain que tant de nos contemporains jeunes connaissent aujourd’hui : Maalox pour les gastrites fréquentes, toujours aspirine pour les céphalées, primperan pour les nausées, pas de solution pour les hideux kystes violacés qui apparaissent le long de la machoire, crèmes pour les douleurs musculaires lors du sport,  pas de solution pour les hypersomnies pendant la journée ni pour les névralgies intercostales intenses, diagnostiquées « psy » par le médecin de famille. Eh oui, la kyrielle de symptômes est telle, et surtout doublée de troubles du caractère, que pour le corps médical la patiente doit être un simulateur.   C’est la chanson qu’on entend autour de tous les petits canaris d’aujourd’hui.

Je passe l’historique de maladies après la post-adolescence, ce billet est déjà trop long! Mon seul objectif dans ce billet est d’illustrer un parcours de santé atypique, de manière concrète, à l’intention des référents qui doivent cibler finement si la piste à suivre est bien celles des « canaris de naissance » ou pas. J’ai bien écrit « piste » et non « protocole », car vous le savez, n’est-ce pas? qu’il n’y pas de protocole possible en approche alimentaire. Nous sommes tous si différents… Je ne propose que des pistes, à peaufiner au cas par cas.


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