taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

 Un régime pour les zèbres (HPs - haut potentiel)?

21.2.19 Je travaille à la réédition des Canaris de la modernité (avril 2019) et à la première mouture du topo expert "Repenser l'assiette du mangeur atypique" (mi 2019). Nous échangeons sur le forum greenshop ad hoc. J'élabore quelques brouillons à partir de ces interventions.

Loic: "Pour les HP il me vient l'idée de la piste Campbell. Dans son livre GAPS (pages 101 à 122) elle formule l'hypothèse que les crises psychotiques (et les crises d'épilepsie) seraient un moyen de défense du cerveau pour évacuer le trop-plein de toxines qui s'y seraient logées à cause d'une barrière hémato-encéphalique fragile. Elle dit que le régime cétogène apporte des résultats pour les schizophrènes et les épileptiques..."

Ma réponse.

Merci pour la piste Campbell, mais ce n'est qu'une piste, comme les autres.

C'est d'ailleurs "à cause" ou "grâce" à cette doctoresse que j'ai commencé à écrire les topos. Vers 2000, j'envoyais les audités à troubles nerveux/dysbiotiques (audités que j'appellais mes élèves ou clients à l'époque, n'ayant aucune crédibiilité à donner des consultations) chez Campbell, qui était à Cambridge je crois.

Je n'ai commencé à écrire "Du gaz dans les neurones"  qu'en voyant qu'elle appliquait systématiquement le même programme pour tous, adultes ou enfants (comme si un médecin donnait un antibiotique à tous les patients, qu'ils aient une migraine, un bras cassé ou une angine). Avec des effets très aléatoires, parfois même des aggravations nettes. Au moins le GAPs n'était alors pas la soupe qu'il est devenu après que Denise Fantoli a mis son grain de sel. C'était clair, c'était du vrai RGS à la Gottschall. Le livre de Campbell n'a paru que vers 2004 je crois, sa version française fantolisée bien apèrs.

J'étais alors si miraculée de la rectocolite par l'équivalent du GAPs (le RGS à l'époque, que j'ai renommé Nouvelle flore) que je croyais aussi que ce programme était une panacée. Mais j'avais assez souffert de mes propres réactivités lors de la tenue de ce régime pour savoir qu'il fallait le peaufiner.

J'ai eu le temps d'affiner l'horizon: RGS est efficace dans 8 cas sur dix pour les cas de RCUH et de Crohn. Pour tous les autres cas, les résultats sont moins flagrants. Les diététiciens GAPs jouent aux fléchettes: tant mieux s'ils touchent la cible, tant pis pour le patient si ce n'est pas la bonne voie.

La même réflexion vaut pour les tenants de la cétogénique: je la conseillerais quasi systématiquement aux épileptiques en effet et aux victimes de troubles bipolaires en phase de stabilisation (PAS en phase maniaque ou même hypomane), mais je suis consciente que même là, elle ne sera pas efficace au moyen et long terme pour 8 cas sur dix. Or, ce chiffre est mon ratio de choix. Si une cure connue n'est pas efficace dans ces zones statistiques là, je ne prends pas. Je n'ai pas cité le court terme, car dans ces cas là, tout est efficace y compris la diète "mangez tout rose". A court terme, c'est le principe de changement en soi qui est thérapeutique, pas le contenu de la diète. 

Dernier argument: même si "on dit" que telle ou telle cure est efficace dans certains cas (les HP par exemple), il me faut une expérience de dizaines d'années par une mouvance, ou un thérapeute, qu'elle soit documentée en écrits ou en témoignages via forums. Et fiables: quand je lis des forums où une cure est TOUJOURS efficace, je fuis. Si je peux en outre avoir une documentation scientifique, c'est parfait. Mais en matière de diètes, on n'est nulle part. Même quand les chercheurs disent tester le low-carb, il ne s'agit pas du low carb comme nous l'entendons, même sans demander qu'il soit ressourçant ou bio. Ou tester la diète méditerranéenne... auquel cas ils testent simplement le fait de manger des aliments sains, préparés maison. Rien à voir avec la diète méditerranéenne.

Comme quoi la nutri est un art, les chercheurs n'ont rien à y faire, à part une soupe intellectuelle comme c'est la mode aujourd'hui ;)

Un cas concret pour illustrer ce qui précède. Dès 1998 ou à peu près, on a été stupéfiés en Naturoland par les résultats sur le terrain du professeur Seignalet et sa troisième médecine (titre de son livre). J'ai illico conseillé son mode alimentaire à mes clients/élèves: après quelques mois j'ai été bien marrie de ne pas voir chez eux les résultats qu'il exposait dans son livre. Certes, un mieux être: mais ça je l'obtenais avec une cuisine saine simple, sans bricoler avec des exclusions comme les siennes. Il était certainement sincère dans son compte-rendu, mais il a été aveuglé par les innombrables variables intrinsèques à l'alimentaire.

Le pitch: je ne vois à ce jour encore aucun régime qui convienne en particulier aux HPs (les zèbres) si ce n'est celui qu'ils définiront eux mêmes, par essais et erreurs. Pour l'un, ce sera le mode végé à l'Indienne, pour l'autre, une forme de "cétogénique" càd low-carb à 6 unités sucres, pour le dernier la vraie cétogénique et pour le dernier aucune diète mais la méditation pleine conscience. La seule chose dont je suis quasi sûre, c'est qu'ils sont toujours hypersensibles avec un câblage électrique particulier (dans le corps autant que dans le cerveau). C'est à eux que je demanderai d'être particulièrement attentifs à la pollution électromagnétique, soit l'e-smog.