taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

Diète cétogénique: pour qui? pourquoi? p. 1

Cet automne, je publierai régulièrement des brouillons de mon livre à paraître sur le sujet, comme c'est mon habitude. Les codes "xx" indiquent une phrase à terminer ou un lien à vérifier. Si j'écris des âneries, c'est le lot des brouillons. Ils seront relus et corrigés, vous aurez la version épurée dans le livre final.
Executive summary: voir mon pitch.
Voir la table des matières des billets à ce jour (dans le désordre)

20.9 Avant-propos perso: je m'entraîne pour un cancer

Août 2016. J'arrête momentanément le mode "un sur deux" pour commencer un autre test. Depuis juin, je faisais une repasse de cette nouvelle cure "1 jour sur 2" pour son effet hyperdynamisant et  pour ses promesses antivieillissement (effet dû à la restriction calorique qui en découle, au principal) -- sans mentionner son effet "fonte de gras", sur lequel j'ai largement glosé dans le dossier à ce sujet.

Depuis 2003, je pratique  au quotidien une forme de Décrochez des sucres en free style, càd un plan pauvre en glucides (60 gr par jour), moyennement dosé en protéines et riche en graisses - ce qu'on résume par LCHF (low carb high fat). C'est le seul mode alimentaire qui me convienne au plan physique, psychique et qui soit tenable en société.  Mon autre plan chéri, moins tenable en société et sur le plan éthique: ne manger QUE de la viande et rien d'autre. Un comble pour une ex-végétarienne, n'est-ce pas?

Depuis plus de dix ans, j'ai pratiqué de multiples essais d'une diète cétogène ou régime proche. A chaque fois avec bonheur, énergie hors pair et disparition des petits inflammations quotidiennes, mais sans perte de poids. J'ai le souvenir du premier essai, vers 2005, en variante céto. C'est au cours d'un stage de tennis intensif dans le bassin d'Arcachon que j'ai testé  "Optimal nutrition" de Jan Knawsieski, diète découverte sur le blog de Petro (Hyperlipid) qui la pratique lui-même. Je n'en revenais pas de mes réflexes et de ma résistance en ne mangeant que du saucisson sur des tranches de concombre et en ne grignotant que des amandes.

Ce 17 août, j'ai recommencé la diète cétogène à ma façon. Je dispose de bien plus d'informations vu que depuis 5 ans la diète cétogène a quitté le monde des enfants épileptiques (voir billet 2).

Mes motivations: je reteste la cétogène en prévision d'une possible rechute de cancer, maladie que j'ai connue à 38 ans (âge auquel le médecin m'avait élégamment suggéré de "ne plus compter en années mais en mois"...),  cancer qui n'a pas encore remontré le bout de son nez alors que j'ai 61 ans. Je préfère tester quand il fait soleil, car si j'ai une cochonnerie, j'aurai peur et mal, je ne raisonnerai plus bien. De plus, je serai confrontée à des médecins. Or, j'en perds souvent le discernement, tant la parole catégorique de la Blouse Blanche le perturbe. Chers amis, ne vous préoccupez pas, je ne déprime pas, mais plus on avance vers la sortie, plus on pense à ce genre d'évènements. Au contraire, je serais bien sotte de partir en excursion sans les bons outils.

En outre, début juin, j'ai fait une très vilaine chute de 3 mètres de haut, en tombant sur l'épaule et sur la tête. Je suis remise grâce à la merveilleuse force de récupération que m'a offert la vie. Mais deux mois après, je garde cette désagréable coordination des mouvements et gaucherie que j'ai acceptée juste après la chute. Je ne voudrais pas que ça s'installe et que je me mette à décliner en accéléré, tremblante mamie. Pour info, les coups sur la tête sont une des raisons de maladies dégénératives, démos en labo sur souris à l'appui. Eh oui, l'assiette et l'environnement ne font pas tout.
Je ne connais qu'une cure qui puisse regénérer le cerveau rapidement: la diète cétogène. Excessive, certes, mais je n'ai pas vraiment le temps de chipoter.

Et puis ce sera l'occasion de remettre un peu au calme la sigmoïdite qui fait des siennes dans ma bidoune depuis deux ans, et cela quel que soit l'intervention en huiles essentielles (origan ou melaleuca)  ou en alimentaire. Seul le jeûne calme les douleurs, mais avouez que ce n''est pas tenable. A part le jeûne, seuls les antibiotiques font disparaître la douleur en quelques heures, mais elle revient un mois après l'arrêt des médicaments.. Ce n'est  pas tenable non plus.
Des pointes douloureuses au côté, par moments: oh, ça va, je peux supporter, j'ai déjà eu si mal si souvent dans ma vie... Eh bien non! Une inflammation chronique est la meilleure voie pour cancériser les tissus. Pas de ça, Jeannette. Si cette cure peut calmer les douleurs et regénérer les tissus, ce serait extra.

NB. Note pour les non habitués du bar, je ne prends généralement ni médicaments ni compléments, j'essaie d'abord avec le premier médoc que j'ai sous la main: mon assiette. Si et seulement si 1/ la douleur est intenable et 2/ la réforme alimentaire ou douce ne fonctionne pas, alors je prends ce qu'il faut.

Lors de ce test-ci, je voudrais mieux comprendre comment  fonctionne  mon organisme; ou tout au moins comment (et si) il diffère des discours des grands gourous de la céto. Pour eux, tout tourne autour de l'insuline, je ne peux croire que ce soit si univoque ni si simple. Mais bon, considérons que chez moi ce serait l'insuline qui fait la toupie. Depuis toute petite, on m'a annoncé "prédiabétique" selon mes tests sanguins. Je n'ai jamais exploré cette piste à fond, mais je sais que je suis sensible aux sucres. Je ne fais pas d'examens sanguins de contrôle. Je pourrais mais pffft! prendre rendez-vous, expliquer pourquoi, accepter les sourcils froncés du docteur à qui je dicte ce que je veux, pffft! ça me gonfle. Or, grâce à l'hypermédicalisation ambiante, je peux tester ma glycémitivité (mon néologisme pour réactivité glycémique) en mode domestique avec un glucomètre classique, car on peut désormais acheter des appareils à un prix démocratique (25€). Voir le billet sur les outils.

Au passage, j'aime bien vérifier certaines affirmations. Je veux aussi tester que le gras est bien insulinogène -> plus il y a du gras dans l'assiette, moins je devrais perdre de gras, même à moins de 1000 kcal.

Cet avant-propos perso me permet de seriner mon antienne: il y a souvent loin de la théorie à la pratique en nutri, ou des mots aux faits. La diète cétogénique, oiseau rare de la nutri il y a quinze ans, lors de mes premiers tests, est bien mieux connue aujourd’hui. D’innombrables sites sur le sujet, en particulier dans la blogosphère paléo. Cherchez « ketogenic », « cétogénique », « keto-adapted », etc. Je me permets une mise en perspective pratique et selon profil.

Primo. Une courte cétogénique a des effets prodigieux sur bien des plans, mais les pratiquants affirment tous que l’on maigrira durablement en cétogénique, surtout paléo. Faux ! D'abord, la paléo est surtout une affaire de mecs. Ils n’ont pas la même biochimie que la plupart des femmes, chez qui l’évolution veut que le corps stocke le gras pour une prochaine grossesse lors d’une éventuelle famine. Les hommes mincissent effectivement (et se musclent sans exercice !) avec cette pratique. Chez les femmes, je suis désolée d’être le messager noir, c’est tout différent : la pratique de la diète cétogènique fera bien dégonfler d’un kilo ou deux, mais pour sérieusement amorcer la fonte de gras, il faut réduire les graisses de manière nette – raison d’être de mon mantra : n’essayez plus de mincir, vous vous privez de vos remèdes principaux pour vos multiples petits bobos ! Ou alors rabibochez d'abord votre corps, puis après un semestre ou deux, diminuez les doses de gras.

Deuxio. L’être humain dispose de cette mirifique capacité de pouvoir utiliser deux systèmes de combustion : comme le formule joliment mon amie Eléonore, l’homme peut brûler soit du caramel (le cycle du glucose, celui qui est exposé dans tous les manuels de physiologie) soit du kérosène (les lipides, cycle que les scientifiques commencent seulement à explorer). Il se pourrait bien que l’on puisse basculer sans souci de l’un à l’autre, éduquant ainsi son organisme à profiter de l’un ou de l’autre de ces modes de combustion. C’est ce que prétendent les médecins anti-âge qui privilégient cette piste cétogénique. J’observe que le docteur Rosedale (« The Rosedale Diet », quasi-céto) reste mince après 20 ans de cette pratique, mais il ne joue pas entre les deux systèmes. Et c'est un homme. Et peut être un vâta de nature (ceux qui de toute façon ne peuvent pas s'étoffer).
Il en va de même pour le formidable Peter du blog Hyperlipd.

Je suis loin d’être aussi sûre que les manitous du VLCHF: celui qui voudra se lancer plus de quelques semaines dans cette pratique devra s’interroger s’il peut poursuivre à vie. Peut-on impunément osciller entre des systèmes si divergents ? Pour en être, je vois bien les dégâts corporels à moyen et long terme de la pratique de régimes excessifs (minceur dans mon cas).  Tout se passe comme si le corps se braquait et n’entendait plus rien…

Voir mon carnet perso nr 1 - au 5/9
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