taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

Diète cétogénique: pour qui? pourquoi? p. 47

Cet automne, je publierai régulièrement des brouillons de mon livre à paraître sur le sujet, comme c'est mon habitude. Si j'écris des âneries, c'est le lot des brouillons. Ils seront relus et corrigés, vous aurez la version épurée dans le livre final.
Executive summary: voir mon pitch.
Voir la table des matières des billets à ce jour (dans le désordre)
Aujourd'hui: Repérer les allergies retardées à l'aide du glucomètre?

13.7 Repérer les allergies retardées à l'aide du glucomètre?

Il se pourrait que ce glucomètre serve d'autres objectifs que de surveiller simplement l'effet que provoque l'ingestion d'une dose élevée de glucides. Il pourrait servir pour évaluer les réactivités à un aliment particulier, ce qu'on appelle en alternutrition les intolérances ou allergies retardées. Ceci n'est qu'une piste personnelle, pour une fois, dans ce dossier, je ne me limite pas à résumer des conclusions de maitres à manger.

Je me base sur une étude bien surprenante: une équipe de recherche israelienne dont j'ai relaté les résultats a repéré de grandes différences entre les réponses glycémiques des uns et des autres après l'ingestion des mêmes aliments. Ont-ils envisagé que des réactogènes pouvaient être à l'oeuvre? Ce ne serait pas surprenant car tout le système hormonal est impacté par la digestion. Je me base aussi sur mes observations récurrentes sur les forums et sur mes expériences sur moi-même : j'ai le soupçon que, chez moi, l'augmentation de glycémie est plus forte après l'ingestion d'aliments réactogènes.

Les réactogènes ne sont pas des allergènes, on ne voit leur présence qu'en les évitant alors qu'un allergène produit un effet dans les heures qui suivent son ingestion (voyez fraises et urticaire). Qu'en les évitant? Oui, tout comme on se sent bien sur une plage isolée parce qu'enfin on est débarrassé des bruits environnants, bruits qu'on ne percevait même pas dans la vie de tous les jours. Un "intolérant au gluten" ne sentira sa réactivité qu'en éliminant totalement le gluten de son alimentation pendant au moins cinq jours.

S'il se sent mieux et s'il croit encore à un phénomène psy, on lui proposera d'en remanger beaucoup ce jour là et le suivant. Et de déduire ce qu'il faut de ses réactions. Aucun changement? c'était psy. Re-mal-être? Il est temps de se guérir de cette "intolérance" qui n'est pas anodine car elle revient à donner une information "agresseur" au corps.
NB. Réactogène est ma terminologie propre. Je ne pense pas que d'autres nutrithérapeutes l'utilisent.

Il faudrait qu'un expert expose le mécanisme. Je subodore qu'il s'agit d'un impact du cortisol ou de toute autre hormone du stress (les aliments réactogènes équivalent à un stress alimentaire), qui se défoule sur la glycémie. Comment? Je ne sais pas. Je sais seulement qu'un coup de stress peut titiller la production interne de glucose. J'ai entendu le (ravissant) chercheur Colin Champ expliquer lors d'une de ses présentation sur la cétose et le cancer qu'en cas de stress, il avait vu sa glycémie augmenter d'un coup. On peut désormais monitorer la glycémie en permanence, ce que fait le docteur Attia aussi. Champ portait son glucomètre permanent, en route pour le boulot un matin : bip bip le moniteur montrait de hauts taux de glycémie sans qu'il ait mangé auparavant pourtant - mais il venait de piquer une colère ou je ne sais quoi dans un embouteillage.

Mon raisonnement: l'ingestion d'un réactogène lancerait des messages cellulaires de stress -> adrénaline, cortisol, insuline entrent en jeu. La glycémie augmente comme toujours avec l'adrénaline, que le sujet ait mangé des sucres ou pas. Cela expliquerait que, pour la même quantité de sucres nets ou globaux à un repas, ma glycémie augmente un peu ou beaucoup. C'est certainement infiniment plus compliqué, Peter de Hyperlipid nous décortiquera ça techniquement. Mais la base est claire pour moi.

J'extrais quelques interventions glanées lors de lectures ce matin sur le net, elles ne sont que le reflet des centaines de témoignages de low-carbers que je récolte depuis des années, remarques qui ont ouvert mon questionnement actuel. Ces textes seront traduits dans le livre final, dans ce brouillon-ci faites-les traduire automatiquement.

  1. "I am skinny female and have been low carb for around 2 yrs. fbg (NdT: fasting blood glucose) varies between 4.6-5.4 (NdT: 0.85-100mg/DL)but post meal spikes can be v high. After a bowl of butternut soup followed by lamb chop and chickpea/veg mix at 1hr was 10.5 (NdT: 190)! What is going on.....?"
  2. " I am naturally active and thin but a year ago thought I’d give low carbing a go for general health and to lower a slightly high (5.5 - 100) fbg. I now notice that I have become extremely carb intolerant and despite introducing more in the way of rice, fruit, yogurt in an attempt (...) I remain more carb intolerant than I was before going low carb. My food choices are more restricted now – has my body ‘forgotten’ how to deal with carbs altogether and how much harm are the high blood sugars seen after say having plain yogurt and fruit doing? (9.8 - 180) my fbg is now around 4.9 but HbA1C 5.3%
    (aussi dame très mince et petite, 48 kilos).
  3. Voyons ce qu'en dit le médecin paléo Chris Kresser "On the other hand, I have patients with similar carbohydrate intakes and no history of diabetes or metabolic problems that experience spikes up to 175 mg/dL after a small amount of fruit juice or honey. "
  4. I tested my blood glucose on low carb. My morning reading was high: 100 and I had trouble sleeping on low carb, especially in the beginning. The minute I went back to moderate carb, my morning reading went back to 70 and my blood sugar after eating never went over 114. Also, on low carb I would have readings at 140. It would do this after I had a little ketchup with meat at a fast food place. I used to think the 140 reading was caused by too many carbs, but now I suspect it was caused by the fructose in the ketchup.
  5. etc etc il y en a des centaines

Personne ne répond à ces personnes, et je comprends: on ne peut imaginer l'effet glycémique des réactogènes. Le chickpea/veg mix de la première, le yaourt et les fruits de la seconde, le miel et les jus de fruits de Kersser, les additifs du fastfood de la dernière: tous des réactogènes notoires, les premiers que je regarderais si je devais auditer.

Je pense aussi à ce qu'en dit Alison Gannett , cette biohacker rescapée d'un cancer grave. Elle teste les cétones (liés à la glycémie et l'insuline) avec le même appareil que moi, le Ketonix. Dès qu'elle prend de la graisse de coco (comme moi), la cétose disparaît dans l'heure ou quasi. Ce qui indique à mes yeux aussi une forme d'intolérance.

L'impact réactogène/glycémie expliquerait aussi pourquoi les papes de la céto insistent sur la modération en protéines, vu qu'elles ont un effet insulinogénique selon les études. Retour vers mon nombril: la céto ne me réussit que si je consomme une belle dose de protéines, animales de préférence. Serait-ce que ces études sur le pouvoir insulinogénique du boeuf n'ont pas discriminé entre les sujets qui sont naturellement réactifs à l'acide arachidonique du boeuf et ceux qui en sont dépendants pour vivre mieux? Les premiers auraient un effet d'augmentation de l'insuline, les derniers pas (ce que je soupçonne être mon cas). Lorsqu'on indique que "les études concordent à déclarer le whey comme la plus insulinogénique des protéines", prend-on en compte le fait que cette protéine n'est pas disponible au naturel en isolé et qu'elle est toujours fournie sous forme de poudre, d'extrait? Le lait de vache est un apport de trois quart de caséine pour un quart de whey. Ces études ont-elles été faites à base d'aliments réels, non passés par le micro ondes ou d'autres techniques qui les dévitalisent? ou à base de sachets en poudre bien calibrés?

Je reviens à un de mes mantras: étudier une pomme en laboratoire équivaut à analyser le cadavre d'une pomme, mais PAS une pomme. Etudier l'effet glycémique ou insulinogénique d'un aliment en le désolidarisant de tous les autres paramètres (l'individualité en particulier) est utile pour nos gouvernants, qui doivent émettre des règles de diététique de troupeau. C'est vain pour un praticien qui peut finement analyser l'évolution d'un mangeur X à un temps T.

Ce lien glycémie/stress alimentaire expliquerait les grandes variances de glycémie que les spécialistes observent chez les pratiquants du LCHF, au point que les plus experts affirment "arrêtez de demander aux gourous ce que vous devez manger pour entrer en cétose, c'est hyper individuel". Je demande à tous les propriétaires de glucomètre qui connaîtraient leurs subtiles réactivités (PAS les franches allergies!) de m'aider à vérifier cette hypothèse. Voir la demande en détail.