taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

mon livre
"Une cure
antifatigue


 

Qui croire en nutrition, douzième

Echange par mail avec une amie.

La copine: "C'est fou ce que les gens sont paumés face à toutes ces écoles de nutrition, ils veulent bien faire et les discours modérés comme les nôtres paraissent suspects.  Proches de l'orthorexie, ils préfèrent suivre des intégristes qui n'acceptent aucune concession. J'ai ici des stagiaires fans d'Irène Grosjean et qui me répètent en boucle :  "oui, mais quand on en entend ses arguments, on ne peut pas ne pas la suivre,... pourquoi manger mort,... à son âge, elle a une pêche d'enfer...etc, etc..."

Ma réponse. Mon ami par internet Chet Day (E-U) a fait un billet, que je dois retrouver, sur la longévité de tous ces maitres à manger depuis 100 ans: en moyenne ils meurent à 60 ans. Ce serait drôle si ce n'était si triste. Alors, pour une seule exception comme missiz Grosjean (dont personne n'a vu la carte d'identité, ni ne vit avec elle, donc ne sait pas si elle mange vraiment ce qu'elle dit), c'est prendre de sérieux risques avec sa propre santé que de la suivre.

Je regarde des conférences de Boris Cyrulnik, 80 ans aussi: ah tiens c'est un crudivore alors avec cette pêche? Je viens de prendre le thé avec la grande belle-mère de ma fille, 92 ans aux cerises, un peau presque lisse pour son âge, un mental bien frais, bien dynamique. Elle n'a jamais pensé à manger bio ou végé ou quoi ou qu'est-ce et elle n'est pas prête à le faire...
Je me souviens de mon grand oncle Georges Passelecq, décédé à 91 ans, plein d'énergie, un peu de problèmes de lecture sur la fin (cataracte), aussi un teint de pêche, une mémoire phénoménale. Et pourtant il avait fait 5 ans des camps les plus durs, en Allemagne. Et pourtant il était encore nourri du grand n'importe quoi dans son monastère namurois, où les cantines Sodexho règnent en maître.
Mais il suffit qu'une dame fantasque vante son énergie et on la suit. Qui sait si elle prend des trucs? Personne! Au moins l'américain Durianrider est honnête, il annonce qu'il prend des stéroides pour ne pas avoir l'air de sortir d'auschwitz avec ses 30 bananes par jour. Voir les photos qu'il publie lui-même avec et sans stéroïdes.

Qui a vécu vieux parmi les maîtres à manger? Norman Walker (102 ans, des jus uniquement) ou René Jacquier (hors alimentaire, passé la centaine aussi). Mon adorée Catherine Kousmine: 92 ans, mais sclérosée mentalement sur la fin, ridée comme une vieille pomme (le même type de peau en Sierra Leone que celle de la dame dont on parle ici; on ne me fera pas croire que c'est tout oxydé à l'extérieur et lisse à l'intérieur...). La vie valait-elle tant de jeûnes, de privations, de restrictions auto-imposées si c'est pour arriver à mourir à un âge normal? Les autres: Hertay l'hygiéniste mort récemment à 60 ans d'un cancer à l'estomac, André Roux +- 60 ans, Michel Montignac dans la soixantaine aussi - la suite sous peu, quand je remets mes notes à jour.

En outre, "ses arguments ..." ne tiennent pas la route d'une simple analyse comparative (voir mon livre Le cru à corps perdu, j'ai besoin de 50 pages pour explorer le sujet). Je ne la connais pas, mais je n'irai pas plus loin. J'ai écouté une seule vidéo, celle où elle critiquait les boissons red bull, avec beaucoup d'autorité et sans avoir étudié même l'étiquette (ce n'est pas le sucre de betterave et son traitement qui fait souci, c'est la caféine et les autres ingrédients; ça prend 30 secondes de vérifier sur le net). Encore un pion dans l'Egoland de youtube, merci, je passe!

Et enfin, tu te rappelleras ma chanson: je ne valide les systèmes que quand ils sont efficaces pour au moins 8 personnes sur 10, de manière durable (de manière temporaire, quasi tout fonctionne). Le n=1 est évidemment exclu. En SCD alias nouvelle flore chez moi: 80% de rémissions sur des cas de maladies autoimmunes graves (effet durable). En lowcarb high fat, 80% si le public est bien insulinorésistant ou chasseur au départ (aussi effet durable).

Or en crudi je ne vois qu'une (à la rigueur deux) personnes sur dix qui tiennent la route en beauté; témoignage repris par mamie kousmine aussi. Je m'interroge aussi quand je vois souffrir même des surrénaliens, jeunes, en bonne santé, sans souci au départ comme Daniel Vitalis (une merveille, ce gars là, un ex grand promoteur du crudisme vegan)   qui a commencé le vegan cru à 20 ans et dû arrêter à 30 ans vu la dégradation de son état de santé. Et on voudrait nous faire croire que tous y trouvent leur content?

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