taty lauwers

cuisinez selon votre nature

En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

annexes à mon livre
Nourritures vraies

Recadrer l'assiette ressourçante et les nourritures vraies

Ou pourquoi je demande qu'on respecte le nom Assiette ressourçante et Nourritures vraies

L'assiette ressourçante est définie dans le topo Nourritures vraies. Nul besoin d'acheter le livre pour autant, car les extraits qu'Aladdin publie sur le site officiel sont suffisants pour s'y retrouver. Elle est aussi résumée dans quasi chaque autre topo et dans les billets de ce blog.

C'est un concept bien défini, bien cadré. Chaque mangeur s'en inspire comme d'un tremplin pour trouver sa propre voie. Il faut que je sois claire ici: les coachs qui s'en inspirent pour développer leur système devraient le renommer. Je pense à J & M qui organisaient des stages "d'alimentation ressourçante" à Bruxelles, où elles présentaient une assiette de graines germées dans un plan assez crudi, ce qui est une forme d'alimentation vivante. On s'entend bien dans cette mouvance, elles ont accepté de changer leur libellé, mais elles n'étaient pas obligées car je n'ai pas déposé de copyright.

Ce n'était pas de l'alimentation ressourçante. C'était une forme de celle-ci. L'alimentation vivante (germé/crudi) est un moment de l'assiette ressourçante, comme le carré est un moment du rectangle. L'un n'exclut par l'autre, mais l'un est plus restreint, enferme dans un cadre finalisé, bloqué (le carré: comme c'est beau, mais comme c'est peu varié). On peut dire la même chose du végé strict, du régime Kousmine, de l'hygiénisme, de la paléo moderne ou du régime Okinawa. Ce sont des variations d'une assiette ressourçante, déclinées selon des profils particuliers.

La force du concept "assiette ressourçante" est que le mangeur est dans la liberté totale de choisir et de respecter sa nature profonde ainsi que ses liens sociaux. On n'en exclut aucun aliment, avec la sagesse de la diététique chinoise traditionnelle qui n'exclut aucun aliment mais les sélectionne en fonction de la saison, de la nature de la personne, de son état organique. On n'évite que les plastiproduits, qui ne méritent d'ailleurs pas le nom d'aliments, non?

J'y ai inclus des grilles dans la seule intention des personnes qui ont besoin de cadre, pour commencer. Ces grilles quotidiennes et les grammages d'aliments sont un concept bien contradictoire pour un auteur qui veut aider le mangeur à retrouver ses sensations, sa satiété, ses aliments optimaux.

Dans tous les autres programmes, on joue aux fléchettes en suivant un plan alimentaire très spécifique, généralement celui qui a réussi à son concepteur. Tant pis si on se trompe. Pire, certains concepteurs culpabilisent le mangeur lorsqu'il ose des critiques.

En outre, ces plans exigent qu'on se coupe de nos liens traditionnels/locaux. Nos aïeux avaient trop faim, trop souvent, pour faire les difficiles comme nous le faisons dans cette mouvance du "sans gluten sans soja sans sucre sans viande... et sans joie". Qui, dans ces modes excessifs, pense encore à la survie du monde paysan? Sans laitages et sans céréales: quelle bonne idée pour une cure de drainage de quinze jours. Si toute la population s'y met en permanence, comment les paysans survivront?

Ces diètes coupent aussi très souvent les liens sociaux, ce qui est indispensable pour que la mangeur arrive à pratiquer une assiette radicalement différente. Plus de dîners en famille, plus de sorties entre copains, plus de partage de la gaufre au sucre de la grand mère.

Avec l' assiette ressourçante, rien de ça. Raison pour laquelle je demande que tous les coachs et blogueurs soient précis dans les termes de diètes qu'ils préconisent: si vous ajoutez des interdits alimentaires (sans gluten sans laitage etc), de la chrononutrition (jeûne intermittent ou système Delabos), des obligations alimentaires (viande ou soja par exemple), vous dénaturez l'assiette ressourçante. Pensez aux mangeurs qui sont perdus dans le chaos informationnel actuel, n'ajoutez pas de la confusion à la confusion.

Merci!