taty lauwers

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En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

Dossier "Une Assiette ressourçante
adaptée  et de bon sens
après un traitement anticancer"

page 13A

 

Cet automne 2017, je publierai régulièrement des brouillons de mon livret à paraître, comme c'est mon habitude. Si j'écris des âneries, c'est le lot des brouillons. Ils seront relus et corrigés, vous aurez la version épurée dans le livre final. Document à utiliser par les auditeurs en profilage alimentaire. Voir la table des matières.

Mektoub toi-même - p. 13A

Mektub signifie en arabe le destin, ce qui est écrit  (racine de kataba, dont dérive "le livre"). Pour interroger votre rapport à ce concept, regardez un interlude émouvant en images qui bougent : un extrait du film favori de mon adolescence, Lawrence d'Arabie, avec Peter O'Toole.

Le contexte de l'extrait: lors de la traversée du très dangereux désert du Nefud, l'un des Bédouins, épuisé, tombe de sa monture sans que la tribu ne s'en rende compte. Lorsque sa disparition est connue le matin, trop tard! Le redoutable désert étant derrière eux, le chef Ali (joué par le jeune Omar Sharif) oppose un "mektub" à Laurence qui veut retourner le chercher. "C'est écrit, c'était sa destinée, continuons".

Laulau part tout de même vers l'arrière à la recherche de Gassim. Dans les premières minutes, l'extrait montre l'un des veilleurs qui guette son retour, sans grand espoir. Le reste est clair, même sans paroles. La dernière minute est mirifique: Laurence, revenu du désert contre toute attente, au bord de l'épuisement lui-même, refuse l'eau d'une bédouine jusqu'à ce qu'il rencontre Ali et puisse lui rappeler que "rien n'est jamais écrit". Puis, il va s'effondrer dans sa tente pour n'en sortir que deux jours après, le temps de récupérer (à mon souvenir).

Extrait disponible sur la chaîne de oldworldcat

Et toi, dans le film, tu es qui? nous demandions-nous systématiquement, enfants, au sortir du cinéma. Etes-vous Ali ou Laurence? Entre fataliste absolu et hyperinterventionniste quasi mégalomane, il y a de la marge, certes. Mais s'il faut positionner le curseur, je fais plutôt partie de la dernière catégorie. Je comprends bien les Ali, je peux même les accompagner dans leur fatalisme. Mais je n'écris en gros que pour les clones de Laurence. Ce sont eux qui comprendront mieux le dossier en cours. C'est une évidence, mais ça va mieux en le disant.

Je suis en train de prendre une leçon de dignité ces temps-ci. Depuis 15 jours, j'accompagne une personne très proche, atteinte d'un cancer soudain, invasif, inquiétant. Elle m'impressionne par son calme, son acceptation douce de la réalité, tout en donnant le max' aux traitements: classique + alimentaire + symbolique des maladies + méditation. Elle mérite d'autant plus "sa gommette" qu'elle débarque tout à trac dans l'alternatif, n'ayant regardé cela que d'un oeil amusé jusqu'ici. Je suis une "Lawrence" jusqu'au ridicule, je ne sais si j'aurais la force d'accueillir le réel avant autant de sérénité...

Je m'adresse aussi au principal aux praticiens dans mes écrits. Autre évidence que l'on oublie au quotidien: les coachs Ali s'adressent plus facilement à leurs patients comme s'ils étaient fatalistes, les coachs de type Laurence comme s'ils étaient tous des autonomes volontaires. Un tout bon praticien doit pouvoir définir une stratégie pour tous les profils, on ne peut pas exiger de chacun qu'il soit "acteur de son traitement".

Petite parenthèse, le film caricature le "mektub", qui est plus subtil (tout comme je dois écrire court puisque "plus personne ne lit", donc je dois forcer le trait dans les billets).. J'extrais une partie du commentaire par mail d'un de mes camarades de plume: " L’opposition entre l’acte « libre » de Laurence et de le Mektub local est très ethnocentrée côté Europe. L’arabe classique, celui du Coran, doit être interprété pour être lu, vu que c’est de l’écriture alphabétique consonantique. Donc il y a toujours de la place (NdT: les voyelles absentes) pour des actions charitables, étant donné que la charité est l’un des devoirs musulmans. Car c’est de cela qu’il s’agit, pas de donner sa vie, mais d’aider son prochain. Si Mektub il y a au sens strict (et avec la nuance de fatalisme que tu y mets), les Arabes ne seraient jamais sortis de Felix Arabia… Leur invasion du monde inconnu,aurait été mission impossible, monde dont la moitié fut conquis en moins de cinquante ans."

Autre vision par ma soeurette naturo: "Emouvant et splendide! Refuser l'eau de la bédouine est lourd de sens : refus de la mémoire et de l'inscription dans l'eau, refus de l'aspect féminin trop dans l'acceptation? Au final, il peut boire de l'eau quand il est arrêté, de l'eau d'un masculin."

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