taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

Les leviers des lobbies

6.2 On quitte ici le dossier du boeuf bashing pour parents et enseignants, on arrive à la partie "consommateur conscient", qui doit accepter que même en nutri, la part politique est capitale. Cela devient complexe, il est crucial de se concentrer sur ces quelques sources fiables pour comprendre ce qui se joue en coulisses derrière le boeuf bashing et quels leviers les grands groupes alimentaires et/ou financiers utilisent en sous-main pour guider nos instances gouvernementales et internationales. J'aimerais que mes camarades écolos se rendent compte ce qu'ils soutiennent comme manipulations malsaines en répétant à l'envi "il faut manger sans viande".
Quasi tout en anglais, aujourd'hui, désolée. Les non-anglolisants recourront aux formidables traducteurs en ligne.




"Nourritures vraies"
nouvelle édition 2018

Premier rapport - en français, qui est partagé au travers de l'article d'Emmanuelle Ducros "Les tenants de la fausse viande veulent évincer la vraie. En jeu : un marché alimentaire estimé à 90 milliards de dollars". Des étudiants de Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de guerre économique, viennent de publier un rapport intitulé Perdre une guerre économique : l’exemple de la filière viande en France, rapport de juillet 2018 dans lequel ils cartographient les mouvements qui visent à l’affaiblir, voire à la tuer. Télécharger le rapport de 95 pages, qui est une merveille de reportage d'investigation et qui démontre qui a financé cette campagne, comment L214 est instrumentalisé (et hautement sponsorisé) pour les aider... Il nous manque un journaliste d'investigation sérieux, qui va contrevérifier leurs sources et leurs arguments.

En français, j'ai déjà cité deux livres essentiels à qui veut comprendre les enjeux: "Lettre ouverte aux mangeurs de viande qui souhaitent le rester sans culpabiliser", par Paul Ariès; et "Cause animale, cause du capital", par Jocelyne Porcher, ouvrage dans lequel j'avais pour la première fois découvert la source de l'explosion de financement de L214 en 2015.

Secundo, on se nourrira l'esprit critique chez le professeur Leroy qui a corédigé avec Martin Cohen un article fouillé intitulé The EAT-Lancet Commission's controversial campaign - A global powerful action against meat? (novembre 2019). Dont on retiendra quelques paragraphes comme "The initial effect of the EAT-Lancet campaign seems to be not so much to promote animal welfare as to open up for “Big Ag” lucrative new markets and feed the hunger of governments for new tax bases" ou (...) instead of undermining the foundations of our diets and the livelihoods of many, we should be tackling rather than ignoring the root causes, in particular hyperconsumerism. What we should avoid is losing ourselves in slogans, nutritional scientism, and distorted worldviews".

Les intertitres sont limpides sur leur constat:
EAT-Lancet: new kid on the block with all the latest gear
The road to a plant-based future is paved with good intentions… and business calculations
“Social engineering” via the Shift Wheel, or: how to direct the public toward fake meat?

Leur analyse va plus loin encore que les autres auteurs que je cite ci-après, dans la mesure où ils ont mis à jour les interconnections avec les choix globaux de nos 1% de possédants pour l'avenir, choix qui contaminent aussi le débat climatique. On ne peut vraiment comprendre le boeuf bashing que dans cette perspective générale, qui met en concurrence tous les enjeux, comme ceux de savoir vers où il faut piloter les masses si ce 1% veut conserver ses privilèges et ses possessions.

Tertio, cherchons des sources chez Belinda Fettke, qui est devenue par hasard détective dans les arcanes de la nutrition institutionnelle. Le hasard est né de son désir de défendre son mari, le dr Gary Fettke, médecin australien poursuivi (!) pour avoir suggéré à ses patients diabétiques de pratiquer un régime de type Décrochez des sucres, ou LCHF. Elle relate dans trois articles les confluences d'intérêt sidérantes qu'elle a découvertes.

Lifestyle Medicine and EAT-Lancet... the same, but different?
ou comment comprendre le putsch phyto récent du EAT
Is the EAT-Lancet (Vegan) Rule-Book Hijacking Our Health?
suite du même thème, et comment le Lancet yperd quelques étoiles

Coca-Cola and 'Lifestyle Medicine' - an uncomfortable partnership?
un article plus spécifique sur les liens sponsors


Et enfin, si vous êtes encore plus passionné d'histoire, lire aussi le repérage daté et documenté chez Rhys Southan, dont le travail a inspiré Fettke - ou comment l'église des Adventistes du 7ème jour s'est infiltrée dans les instances nutritionnelles américaines, puis internationales. En trois parties. Interrogé par le New York Times, cet ex-végane mentionnait dans son article que 6 des 7 auteurs des rapports de l' American Dietetic Association/Academy of Nutrition and Dietetics étaient végétariens ou végéanes pour des raisons religieuses ou éthiques. A l'époque (2012), il avait voulu documenter cet énoncé. Quel boulot!


Je connais le lobbying des industriels pour avoir travaillé dans ce département il y a plus de 30 ans. Même si je n'avais qu'un poste subalterne, je gardais mes petites mirettes bien ouvertes et j'ai découvert un drôle de monde. Si c'est nouveau pour vous, un documentaire autrichien, en anglais, dévoile les coulisses très très grises : The Brussels business, who runs Europe? Dispo sur amazonprime en haute qualité, sinon sur YT. Ne criez pas au loup, comprenez-les: personne ne leur fait face, pourquoi se gêner? Où sont les lobbies de consommateurs?

Une autre façon d'apprendre ce qu'est le lobbying, regarder des extraits du film que j'avais trouvé drôle à l'époque vu que j'y retrouvais tous les jeux relationnels que j'avais observés dans mon boulot: Thank you for smoking. Exemple: l'argumentation - une dispute entre trois lobbyistes toxiques, soit alcool/arme/cigarettes, pour savoir qui a la plus grosse - la logique de l'industriel face au Sénat - le délire liberté/autonomie à l'Américaine, enseigné à des enfants

Quand j'écrivais hier "il n’y a pas de conspiration, mais un faisceau de circonstances et de techniques de marketing a permis que s’installe dans l’opinion publique le choix du bœuf comme bouc émissaire de nos angoisses actuelles", je mesurais mes termes. Pour qu'il y ait conspiration, il faudrait un aspect caché. Ici, tout est écrit en toutes lettres dans des documents accessibles à tous. Renseignez-vous et choisissez si, en conscience, vous voulez continuer à répéter ces mantras antiviande.



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