taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

Une synthèse d'études sur viande & cancer dans  Annals of Internal Medicine : aucun risque

26.1.2020 Vous n'avez pas échappé aux titres de magazines et aux réflexions lors de dîners mondains: "la charcuterie est cancérogène, la viande rouge l'est probablement, je sais, c'est l'OMS qui l'a dit en 2015".
Cela semble incontestable. Ah ouais?
Faites vous un avis éclairé, renseignez-vous sur le fond de l'histoire, lisez l'article chez Nutriting (FR) qui démontre qu'une nouvelle étude de qualité a conclu à l'inutilité de baisser sa consommation de viande rouge pour la santé
Article annexe au dossier janvier 2020 ""Rumeurs antiviande: légendes et réalités", série destinée aux parents et enseignants



"Nourritures vraies"
nouvelle édition 2018

Les lecteurs de mes livres et du site savent que j'ai un attachement particulier aux études scientifiques, mais cet attachement ne fait pas tout mon horizon. J'utilise trois clés: je me fie aussi au terrain et à l'historique alimentaire. Sur le terrain, les gens qui consomment de la viande (parfois même beaucoup) et ont un style de vie naturel ne sont pas plus malades que les autres, au contraire, ils paraissent en meilleure santé. Historiquement, des populations vivent en bonne santé en mangeant plus de viande que ce que nous recommandons officiellement.

Quand j'ai quitté le végétarisme, je me suis rapidement fait mon avis en étudiant le consensus du diététiquement correct au regard de ces 3 critères.

Je vous propose de faire pareil et de revoir avec ce bon sens vos "croyances" dans la toxicité de la viande, que nos aïeux ont consommée depuis tant de millénaires. Je vous invite aussi à évaluer la qualité de cuisson et les quantités quotidiennes de la viande de nos ancêtres. Il semble évident que nous vivons aujourd'hui quelques excès, tant au plan du volume que de la "production industrielle" de bidoche. Et, profilage alimentaire oblige, je vous propose de vérifier que vous êtes bien l'un des profils à qui la viande profite.

Pour la part "science", on se fiera à une dernière étude de synthèse, publiée dans Annals of Internal Medicine en octobre 2019 et qui s'intitule Unprocessed Red Meat and Processed Meat Consumption: Dietary Guideline Recommendations From the Nutritional Recommendations (NutriRECS) Consortium. Il faut être un pro du domaine pour en comprendre la méthodologie et les enjeux. Faisons donc appel à des relais scientifiques qui décodent pour nous.

De nombreux sites relayent une analyse rigoureuse des méthodes et du contenu de cette étude, si malvenue, mais ils sont quasi tous en anglais. Pour une version française, direction le site Nutriting. Leur équipe scientifique, que j'ai déjà vantée ici, est rigoureuse et partage avec moi une vision non-anxiogène de la nutrition. Difficile à l'heure de la fabrique de la peur (par on ne sait qui, d'ailleurs). Tenons-nous les coudes, les gars.

Le niveau de preuve de l’existence d’effets néfastes associés à la consommation de viande et viande transformée est faible à très faible, car il s’appuie essentiellement sur des études d’observation qui comportent de nombreux facteurs de confusion, et dont la capacité à établir des liens de causalité est très limitée.

Les conclusions de l'OMS étaient basées sur des études d'observation, qui sont considérées par les scientifiques comme totalement non fiables, car les facteurs de confusion y fourmillent. Ppour les réaliser, on établit des profils en se basant sur des questionnaires que des mangeurs remplissent en toute bonne foi. Qu'ils soient 256 ou 40000 dans l'étude ne change rien à l'affaire: il est notoire que notre bonne foi nous trompe quand il s'agit de relater combien de parts de gâteau on a mangés hier ou même la semaine passée. En revanche, on pense souvent avoir mangé tellement, oh! tellement de légumes frais!

J'ai vécu ce phénomène de déni quand j'ai donné quelques ateliers dans les écoles primaires il y a 20 ans: que de pieuses déclarations par les gamins, qui ne mangeaient de toute évidence que des fruits et buvaient du lait. Après l'atelier, je les emmenais à la cour de récré et j'ouvrais les poubelles. "Vous m'expliquez, je ne comprends plus rien?" On ne voyait bien sûr pas de trognons de pommes ou de pelures d'orange, pas de briquette de lait, mais bien des canettes vides de sodas sucrés, des paquets de chips et des emballages de biscuits chocolatés. Et on riait de bon coeur.

Faites le test autour de vous, vous serez ébahi des résultats alors que vous, vous savez bien ce que mangent Paul et Jeanine, vous passez toutes vos vacances ensemble.

Retour aux choses sérieuses. On s'imagine bien l'image faussée qui peut être dérivée lorsque l'on compile ces questionnaires, certes validés, mais peu fiables. Par ailleurs, établir des liens de causalité à partir de cette compilation devient véritablement casse-gu... , car hélas! une corrélation entre deux faits n'implique pas la causalité, nécessairement. Je l'illustre dans le poster ci-dessous. Je tiens ces graphiques du site amusant "Spurious Correlations" (corrélations infondées, parasitaires). Sur ce site, Tyler Vigen, alors étudiant en droit à Harvard, jouait à démontrer qu'à l'instar des avocats, les graphiques chiffrés aussi peuvent mentir ;)

 


Nutriting

En complément de l'article récent de Nutriting que je cite en tête de billet (octobre 2019), vous trouverez sur ce site leur analyse touffue du rapport de l’OMS (2015) en 3 chapitres - ce rapport de l'OMS qui a échauffé les esprits en utilisant des données dévoyées de leur contexte:


Vous préférez suivre un décodage en vidéo de cette annonce de l'OMS 2015?    C'est par ici

 

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