taty lauwers

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Paléo: le bon plan


 

Death by Food Pyramid, Denise Minger

Janvier 2014. La formidable Denise Minger ( http://rawfoodsos.com) vient d'écrire un bouquin: Death by Food Pyramid, que j'ai dévoré d'un trait - en kindle.

Elle enseigne aux péquenots comme nous à déchiffrer une étude scientifique et à en comprendre les tenants et aboutissants, plutôt que de se complaire avec le résumé - ce qu'elle a fait avec sa déconstruction de la China Study du professeur Campbell. Une traduction de son article chez Clair & Lipide.

Dans son livre, elle fait aussi le résumé de plusieurs régimes et aide à choisir comment les paramétrer selon sa personnalité: 1/ méditerranéen 2/ paléo 3/ vegan. Amusant non comme on se retrouve au-delà des mers, non? On retrouve les trois catégories que j'ai reprises dans "Nourritures vraies": omnivore, semi-végétarien et végétarien strict (où je ne vais pas jusqu'au vegan pur, végétaLien, car en vingt ans je n'en ai pas rencontrés qui peuvent mener ce régime en santé longtemps; je garde cette voie-là pour des cures).

Catherine Piette a fait une synthèse en français du chapitre sur le profilage alimentaire.

Pour un aperçu de son schéma mental pointu et most inquisitive, voir par exemple son billet http://rawfoodsos.com/2012/07/01/bad-science-strikes-again/#more-2329 sur l'étude suédoise indiquant que low-carb provoque des maladies cardiaques.

Synthèse par Catherine sur ApoE4

Ce n'est pas une traduction à proprement parler, mais plutôt une synthèse de ce chapitre, qui concerne ce gène ApoE4.
Il y a un gène impliqué dans le métabolisme des graisses qui s'appelle ApoE. Selon l'héritage parental, chacun présente deux variantes de ces gènes : soit ApoE1, ApoE2, ApoE3, ApoE4 (on appelle ces variantes des allèles).
Le dernier de ces allèles, ApoE4, présente des propriétés particulières par rapport à la thésaurisation des graisses saturées. C'est le plus ancien de tous, existant bien avant le split singes et hommes.
Qu'est ce que le fait d'être porteur de ce gène implique ?
Son modus operandi est d'épargner, d'essorer, de stocker jusqu'à la dernière microgoutte de gras dense. ApoE4 ne sait pas que nous vivons maintenant dans une ère d'abondance alimentaire, et n'a aucun moyen d'éteindre sa rage thésauriseuse.
Au temps de l'alimentation aléatoire, ou carrément de la famine, ce gène était évidemment très précieux. Cela devrait avoir été historiquement un avantage, surtout face aux parasites, aux champignons et aux autres organismes microscopiques qui peuvent se nourrir et vampiriser les lipoprotéines du sang humain. Le résultat de cet envahissement peut être un taux de cholestérol très bas pour l'humain « hôte », et cela fait de cet ApoE4, avec ses tendances à thésauriser le cholestérol, une bénédiction.
Cela dit, c'est dans ces situation de famine, d'instabilité, et d'infection parasitaire lourde qu'ApoE4 brille le plus : cela aide les taux de cholestérol à ne pas plonger en terme de rareté, et stimule la survie de l'organisme pas sa capacité à tirer parti du moindre gras saturé provenant de l'alimentation.
Mais dans notre ère moderne, ApoE4 est plus un fardeau qu'un cadeau.
A cause de cet effet sur le métabolisme des graisses, celui qui porte ce gène (au moins une copie de cet allèle) a des taux de maladie du cœur et d'Alzheimer (qui est lié au cholestérol) significativement plus élevés que ceux ne possédant pas la variante de ce gène, même avec des LDL plus élevé.
Les porteurs de ApoE4 apparaissent également plus sujets aux inflammations et au stress oxydatif que le reste de la population.
Et pire, quelques études d'observation soutiennent l'idée qu'une prise abondante de gras saturé pourrait augmenter le risque d'infarctus pour les porteurs de l'allèle 4, spécialement ceux qui en ont deux copies.
Même si vous êtes porteur de ce gène ApoE4, cela ne signifie pas que cholestérol et gras vont vous tuer. Plutôt le contraire. Votre corps les voit comme des ressources précieuses, qu'il faut absorber le mieux possible.
Mais à cause de cette capacité à thésauriser le moindre atome de gras, les porteurs d'ApoE4 pourraient se porter au mieux en mangeant des protéines maigres, et imiter nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs en mangeant une alimentation riche en cholestérol et en gras saturé de temps à autre et non en permanence.
Même si ces diètes donnent beaucoup de satisfaction à beaucoup de leurs adhérents, cela expliquerait pourquoi les porteurs de gène EpoE4 répondent si mal aux plans alimentaires comme Atkins ou la paléo qui mettent le paquet sur la viande grasse, la coco et autres cuisine contenant beaucoup de gras et de cholestérol.

(Traduction et synthèse: Catherine Piette)