taty lauwers

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En recherche d'un "devenir soi" nutritionnel... Lire la suite

annexe à mon livre
"Au-delà des régimes"

 

Une cure avant ou après Stop & go?

mai 2017. Dans la vidéo où j'interviewe Edith sur le groupe de soutien en ligne qu'elle vient d'animer avec une trentaine de personnes, elle détaille sa version personnelle du semi-jeûne alterné, où l'on alterne des jours gras et des jours de régime. Elle a choisi de mettre les 30 personnes qu'elle suit en précure, sous la forme de ma cure de dix jours Décrochez-des-sucres. C'est une approche différente de ce que suggère dans le topo. Edith ne pouvait le savoir, vu qu'elle a amorcé ce groupe avant la parution du livre. Si quelqu'un veut commencer un groupe de soutien, je précise ici pourquoi je ne pratiquerais pas de la sorte: ni garder un régime le jour gras, ni précéder le mois de Stop & go d'une cure. Aller directement au pitch.

Primo, cette cure Décrochez-des-sucres n'est utile que pour des cas de franche glycémie instable, pour des diabétiques ou pour des prédiabétiques. Elle aide aussi des compulsifs alimentaires à se débarrasser de leurs plus-que-fringales. Ce public ne constitue que 2 à 3 personnes sur 10. Si, en suivi individuel, cela fait du sens de commencer chez certains par une précure de ce type, cela devient vain pour 10 ou 30 personnes. La totalité d'entre eux seraient des prédiabétiques? Nous sommes alors loin de l'ambiance "profilage individuel" que je chante dans tous mes livres.

Secundo, il est inutile de précéder Stop & go d'un schéma "cure", car on produit l'effet inverse à celui qu'on en attend. J'ai choisi l'intitulé de "cure" après mûre réflexion quand j'ai commencé à les écrire il y a plus de 15 ans. Il me fallait un libellé indiquant "temporaire" et "thérapeutique". Je voulais aussi qu'on sente sous l'intitulé la dureté de cette pratique. Eh oui, suivre une cure est aussi dur que prendre un antibiotique, mais parfois il faut passer par là. La cure Décrochez-des-sucres exige un renversement des croyances, un calcul particulier de ses consommations: on quitte le monde du tout-glucide pour entrer dans une zone à glucides limités (le low-carb-high-fat). Imaginez le chambardement mental d'une personne qui passe par ce renversement en dix jours, puis doit le quitter pour oublier cette mouvance et commencer à calculer les 500 calories du jour maigre en Stop & go... Imaginez le bouleversement tripal, aussi.

En outre, suivre cette cure au préalable installe une forme d'enfermement, alors que l'objectif du Stop & go est tout à fait opposé: un peu de contrainte pour se libérer ensuite. Certes, ce carcan est capital quand on ne pratique QUE la cure Décrochez-des-sucres, pour remettre les pendules de l'inflammation chronique à l'heure ou faire sentir à un mangeur à quel point manger moins de glucides le rend énergique, dynamique, léger. Mais il devient un frein à la réussite du Stop & go, entretenant la croyance chez le pratiquant que la solution est extérieure à lui.

Et enfin, la tenue de la cure Décrochez-des-sucres pendant dix jours au préalable risque un effet de bord: les personnes pourraient continuer à pratiquer de la sorte pendant le Stop & go, vu les bénéfices qu'elles en ont ressenti les premiers dix jours. C'est inutile, puisque les deux programmes ont le même objectif, en passant par des voies différentes. Cela équivaut à rajouter un anti-inflammatoire sur un antibiotique... Un peu too much, non?

Ceci étant posé, Stop & go peut tout de meme être cumulé à une forme de cure: le jeûne hydrique en courts stages. Il peut servir d'entrée en jeûne, car passer de 500 calories à zéro devrait être aisé, surtout après que le Stop & go a produit son effet d'arrêter les fringales et les peurs de manquer. Il peut servir de sortie de jeûne, pour garantir que la glycémie reste normalisée et que la reprise alimentaire soit douce, que la reprise de poids ne s'installe pas. Nous aurons bientôt l'occasion de découvrir comment Martine Willot gère les jeûneurs-randonneurs avec le Stop & go. Billet à venir (ou vidéo).

Ce qui précède n'est que mon avis personnel. Je peux mon tromper dans mon analyse. Je crains seulement quelques dérives. Tout l'amour et l'attention qu'Edith consacre au groupe a peut être un effet thérapeutique supérieur à l'alimentaire en soi. Remarquable prouesse, d'ailleurs dont je serais bien incapable. Mes félicitations à toutes les Ediths du net.

Le pitch

Si, coach ou référent, vous organisez un groupe de soutien en ligne pour Stop & go, relisez attentivement le topo. Je n'y mentionne pas d'avant-cure, sauf dans le cas de suivis individuels - et encore, dans le cas précis des victimes de burn-out (lire le billet) ou des compulsifs francs (billet à venir). Stop & go est suffisamment puissant en soi et, par son essence, n'est cumulable à aucune de mes cures des topos.

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