taty lauwers

cuisinez selon votre nature

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

La scientovégétologie


Le joueur de flûte de Hamelin, source wikipedia
16.12.19 Un petit mot à l'intention des coachs en nutri, des naturopathes et des magasins bio qui présentent le choix végane comme "un choix comme un autre".

Je comprends vos attitudes de coachs en nutri ou de référent en profilage alimentaire: vous voulez respecter l'émotion de vos clients végés extrêmes, l'émotion qui les a motivés à s'adonner à cette expérience ahurie. Je comprends les magasins bio qui, commerce oblige, doivent présenter les produits demandés par le public. Je comprends les Denise Minger et autres discoureurs qui veulent présenter un mode végane "équilibré". Ils veulent plaire et se faire des amis, et c'est bien leur droit. Pour ma part, j'ai déjà tellement d'amis que je fais des soldes de temps en temps. Je me permets donc de faire la Bagheera de service, celle qui protège Mowgli des dangers de la jungle (jungle post-moderne, pour le coup).

NB. Que des chefs connus ou des célébrités se mouillent en mode végane, voilà qui me fait bien rire. Ils veulent être à la page, ils n'auront gagné que du ridicule dans quelques années, quand le soufflé sera retombé.

Avec mon regard politique sur l'alimentaire, je me permets un petit mot critique à l'intention de ma famille de coeur, les magasins bio et les naturopathes. Qui aime bien, châtie bien: je ne comprends pas qu'ils présentent le véganisme comme "un choix comme un autre". Savent-ils seulement ce qui se cache derrière cette affaire présentée sous des dehors de bizounours? Je ne comprends pas non plus que si peu d'intervenants en francophonie mettent le hola à la croisade de cette secte. Je suis très heureuse d'avoir trouvé le courageux David Siegl, qui ose s'engager et faire école de discernement via sa chaîne YT, en français et sur le ton décalé et amusant que les gamins d'aujourd'hui aiment. Mais il en faudrait bien plus pour remettre l'église au milieu des moutons.

"Secte", écrivais-je. Il n'y a pas d'autre mot, si vous avez bien décodé leurs intentions telles que les souligne Paul Ariès. Quiconque de plus de 18 ans et qui se veut végane doit être au moins conscient de ce qu'il soutient par ses choix et lire ce livre, si peu cher et si bien écrit.

Si vous n'avez pas l'intention de lire le livre d'Ariès, écoutez-le au moins:

Secte qui n'a d'ailleurs aucune intention écologiste, qui chante les vertus des manipulations génétiques et qui est un soutien fervent du pire modèle industrialiste, destructeur de la biodiversité. Vous voulez vraiment soutenir cela?

Ami coach, il est essentiel que, tout en respectant les émotions de votre client, vous orientiez votre discours en soulignant qu'ils ont été victimes d'une secte et qu'ils doivent l'accepter, avant d'aller plus loin. Faute de quoi, vous parlerez dans le vide. Au premier petit chahut intérieur, ces clients vont retourner écouter leurs gourous de sciento-végéto-logie.

"Gourous", "secte", "terroristes de la pensée", "daesch" (voir le billet): je mesure mes termes, je ne lance pas d'anathème sans savoir. Déjà en 2003, on avait accès à des études et des témoignages relativisant ces billevesées (que manger moins de viande vous rendra éternel, que vous sauverez la planète, etc.). Et le mouvement animaliste annonçait déjà ses intentions politique suprémacistes. Mais aujourd'hui, les réseaux sociaux aidant, une bien plus grande foule d'internautes tombent dans ce panneau, leurrés par les images et les "annonces". Je revendique pratiquer le "mépris civilisé" selon l'expression de l'admirable Carlo Strenger, hélas décédé récemment (alors que ce sentiment de "mépris" n'est généralement pas cultivé chez moi) - terme qu'il utilisait dans sa lutte face au fanatisme religieux, son "traité de combat dans l'esprit des Lumières". Quand on se trouve face à des suprémacistes aux techniques si malveillantes, il n'est plus question de laisser chacun exprimer son avis, sans plus, sur la foi d'une liberté d'expression démocratique. Le mépris civilisé s'impose...

Pour ce philosophe suisse, professeur de psychologie à l’université de Tel-Aviv, auteur d’un précédent essai La Peur de l’insignifiance nous rend fous, le mépris reste étrangement une voie possible, à condition qu’on l’accompagne d’un garde-fou civilisationnel. Mépriser, oui, mais seulement des idées et des valeurs, et sans haïr ni déshumaniser. L'auteur définit ainsi ce mépris civilisé comme “une capacité à désapprouver des credos, des comportements et des valeurs, dès lors qu’ils nous apparaissent irrationnels, immoraux, incohérents ou inhumains”.
extrait de https://www.lesinrocks.com/2016/01/13/idees/idees/le-mepris-oui-mais-civilise/

Seules les personnes aguerries en nutri et ayant cotoyé ce monde-là me comprendront quand je dis qu'il faut envisager des cellules de dé-radicalisation des véganes et des crudistes, sur le même mode que celles qu'on installe pour les naïfs post daesch. Les autres penseront que j'exagère et bon et voilà.

N'est-il pas stupéfiant que 2,2% de la population française se soit déplacée pour voter pour Pif le Chien? alias le parti animaliste, aux dernières élections 2019. Sont-ils conscients de ce qu'ils soutiennent par ce vote? Je vous invite à voir en images une métaphore de ce qui se cache derrière les annonces midinettes des véganes ("plus personne ne souffrira dans le monde"), sous la forme d'un extrait de série américaine. Dwight est un des protagonistes de "The Office", série déjantée sur la vie au bureau dans une petite ville américaine. Quasi tous les personnages adultes sont hilarants, car ils se comportent comme des enfants de 5 ans, en costar-cravate. Dwight est le favori des Américains, au sein de cette série d'ailleurs. Traditionaliste, survivaliste, individualiste à l'extrême, respectueux de l'autorité comme un petit chien, il croit sauver le monde en lui imposant ses vues, il n'a qu'une règle: la sienne. Il est royal dans son incarnation de Recyclops:

 

 

C'est une représentation imagée de ce qui risque d'arriver, je ne vous fais pas l'injure de décoder la métaphore.

Aujourd'hui est un jour "docteur House", je me sens peu "soeur Emmanuelle" - voir le billet. N'est-ce pas dommage que des auteurs comme moi-même ou d'autres bien plus pointus comme Masterjohn doivent désormais concentrer leur énergie à décoder la désinformation ambiante, là où leur passion initiale est d'informer en conscience? Doivent se concentrer sur le négatif car les internautes n'entendent plus volontiers l'aspect positif (d'une simple assiette ressourçante, selon son profil, et  bla et bla et bla)? Quel temps perdu!

Que les "philosophes" du mouvement animaliste comme Singer condamnent les atroces violences des militants ne les protège pas (brutalités comme kidnapper un journaliste anglais antivégane, le torturer et le marquer au fer rouge comme un bovin!). Ils sont aussi crédibles que l'Arabie Saoudite qui condamne daesch tout en les finançant en sous-main. Ne vous laissez pas abuser par de gentils doux comme un chroniqueur de télé célèbre (qui n'est d'ailleurs pas végane puisqu'il mange des oeufs), mis en avant par le mouvement en sa qualité d'idiot utile - cette expression désigne les intellectuels comme Sartre, qui étaient manipulés par le pouvoir soviétique pour faire passer leur propagande. On ne laisserait pas la scientologie tenir le crachoir dans les medias, pourquoi donner un tel crédit aux carabistouilles des antispécistes, dont les véganes ne sont que le cheval de Troie?

Chers amis de Végéland, renseignez-vous sur les intentions réelles de ce mouvement et revoyez un peu vos publicités pour eux. Ne vous laissez pas hypnotiser par des joueurs de flûte de Hamelin. Dans dix ans, vous vous en mordriez les doigts car l'inconscient collectif aura amalgamé toute la merveilleuse mouvance végé intelligente avec ces tristes délirants. Vous passerez un tout petit quart d'heure de honte lorsque vous vous rendrez compte qu'on nous berne comme des gamins, mais qu'est-ce que ce quart d'heure dans une vie?

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