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L'épuisement chronique: un cerveau mal irrigué, mal oxygéné comme source et carburant : vidéos avec Nathan Keiser

330.8.25 Pour les praticiens qui connaissent le SNA, une piste pour creuser le sujet: j'ai déjà cité le docteur Nathan Keiser, neurologue chiro américain (Michigan), qui soigne les traumas crâniens et les épuisements chroniques. Il fait des diagnostics très précis à l'aide de machines comme le doppler transcrânien (une forme d'échographie du cerveau) pendant que le patient est sur le table de test orientable (Tilt table test). Aucune technique invasive


sommaire. Un cerveau enflammé et sous-oxygéné - Reprogrammation du système limbique pour les épuisements chroniques - Thérapies corporelles pour relancer l’équilibre chez les épuisés chroniques

1.10.2025 La nouvelle édition d'En finir avec le burn-out est disponible à la vente sur notre portail-maison, les brouillons de l'été y sont relus et corrigés. A part ces quelques billets sur Nathan Keiser, produits à la queue leu leu ci (et structurés dans le livre), la plupart des billets disparaissent donc du site.

 

Un cerveau enflammé et sous-oxygéné

Pour les praticiens qui connaissent le SNA, une piste pour creuser le sujet: j'ai déjà cité le docteur Nathan Keiser, neurologue chiro américain (Michigan), qui soigne les traumas crâniens et les épuisements chroniques.  Il fait des diagnostics très précis à l'aide de machines comme le doppler transcrânien (une forme d'échographie du cerveau) pendant que le patient est sur le table de test orientable (Tilt table test). Aucune technique invasive.  

Chez lui, ces tests sont suivis d'une forme de rééducation structurée à base de thérapies corporelles, et sont reproduits à intervalles réguliers pour pouvoir évaluer factuellement la progression de la guérison.

Un ostéopathe craniosacré pourra produire les mêmes résultats, sans les machines. Je n'invite à observer la pratique de Keiser que pour renforcer l'idée suivante: l'EM/SFC (épuisement chronique) naît bien dans le cerveau, mais n'est pas une affection psychologique. On peut même chiffrer les atteintes, comme il le fait!

J'invite à suivre son hypothèse, qu'il illustre tous les jours dans sa pratique: dans l'EM/SFC et le POTS (intolérance orthostatique, une version partielle du SFC), le cerveau est enflammé et sous-irrigué, souvent en carence de CO2. La dysautonomie en découle et en est nourrie, on ne saura jamais où est l'oeuf et où est la poule.

Toujours est-il que si l'on pointe la source avérée des soucis, on peut trouver une voie de sortie au tunnel de cette sous-vie qu'est l'EM/SFC.

Vidéo nr 1: "Comment se remettre du syndrome de fatigue chronique (EM/SFC)" -> https://www.youtube.com/watch?v=Do1Xz2N1PQo

Description traduite :

Si vous souffrez d’EM/SFC ou d’une fatigue inexpliquée, vous savez sans doute déjà à quel point il est difficile d’obtenir des réponses concrètes. Ces coups de fatigue après n’avoir pratiquement rien fait. Ces examens interminables dont les résultats sont « normaux ». Et ces conseils vagues qui vous invitent simplement à « ménager vos efforts ».

Mais voici le fond du problème : il existe des anomalies mesurables au sein de l’organisme qui pourraient expliquer d’où provient la cause profonde de votre EM/SFC. Dans cette vidéo, je vais vous présenter deux données objectives majeures qui montrent ce qui se passe réellement au niveau de la circulation sanguine dans le cerveau par rapport à votre réserve énergétique.

Nous verrons comment la perfusion cérébrale diminue en cas d’EM/SFC — même lorsque la fréquence cardiaque et la tension artérielle semblent normales — et pourquoi cela perturbe l’énergie, les fonctions cognitives, l’équilibre et la récupération. Je vous expliquerai également comment les niveaux de CO₂ et la sensibilité des barorécepteurs jouent un rôle dans le maintien du sang dans votre cerveau ou dans son écoulement.

Nous terminerons par l’étude de cas réel d’une femme qui a été diagnostiquée comme souffrant de fibromyalgie pendant des années, et nous verrons ce qui a changé une fois que nous avons ciblé le mécanisme réel à l’origine de ses crises.

Nous aborderons les points suivants :

1. Comment un test sur table basculante associé à un doppler transcrânien (TCD) permet de mettre en évidence des troubles cachés de la circulation sanguine cérébrale, même lorsque la fréquence cardiaque et la tension artérielle sont normales.

2. Pourquoi de faibles taux de CO₂ (hypocapnie) en position debout peuvent provoquer un brouillard cérébral, des vertiges et un dysfonctionnement du système nerveux autonome.

3. Comment un dysfonctionnement de vos barorécepteurs (capteurs de pression situés dans le cou) entraîne une mauvaise régulation de la pression artérielle et un effondrement après une activité minime.

4. Les outils cliniques pratiques utilisés pour identifier les limites de l’enveloppe énergétique, évaluer la signalisation autonome et mettre en place un traitement.

Vous découvrirez également l’étude de cas réel d’une patiente à qui l’on avait diagnostiqué à tort une fibromyalgie pendant des années — jusqu’à ce que nous ciblions la perfusion de son tronc cérébral et ses réflexes barorécepteurs, ce qui l’a aidée à remarcher, à dormir et à retrouver ses capacités fonctionnelles sans s’effondrer.

Vidéo nr 2: "Comment diagnostiquer le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS/dysautonomie" où il expose les outils utilisés  

Description traduite :

La plupart des personnes diagnostiquées avec un POTS sont évaluées une fois, puis laissées gérer leurs symptômes indéfiniment—pas de tests de suivi, pas de retour objectif et souvent, pas de réelle amélioration. Dans cette vidéo, je explique pourquoi c'est un problème. Sur la base d'années d'expérience clinique et de frustration, j'explique comment la fréquence cardiaque et la pression artérielle à elles seules ne racontent pas toute l'histoire, surtout quand tant de patients se sentent encore mal malgré des résultats “normaux”. Cela m’a amené à remettre en question le fondement de notre modèle diagnostique. Je partage comment des outils comme l'échographie Doppler transcrânienne changent la donne en nous permettant de mesurer directement le flux sanguin cérébral sous un stress réel —changements de mouvement, de charge cognitive et de posture— et comment ce changement de concentration aide les patients à enfin comprendre ce qui se passe dans leur corps.Si on vous a déjà dit “tout semble bien” tout en vous sentant brisé, cette vidéo est pour vous. Nous devons repenser la façon dont nous diagnostiquons le POTS—à partir de maintenant.

Certaines de ses vidéos informatives sont doublées. Demandez le doublage: paramètres -> piste audio -> votre langue

Deux termes sont mal traduits dans le doublage: il faut entendre hypoPErfusion cérébrale et hypocapnie (carence en CO2 dans le cerveau)

 

Reprogrammation du système limbique pour les épuisements chroniques

24.10.25 Et si la clé n'était pas de traiter chaque symptôme isolément, mais de comprendre la conversation qui se déroule à l'intérieur de notre propre corps ? Et si les symptômes de l’épuisement chronique, apparemment séparés, étaient en réalité les différentes facettes d'un même dialogue interne ?

Cette approche fondamentale en médecine holistique est illustrée par docteur Nathan Keiser The Keiser Clinic, le neurologue chiropracteur déjà présenté ici. Ecouter sa dernière vidéo sur la rééducation du SNA bloqué en mode surrégime orthosympathique

La vidéo youtube est en doublage français (paramètres : audio)

La neurologie fonctionnelle nous offre une perspective fascinante sur ces questions, révélant comment des systèmes que nous pensions indépendants sont en fait profondément interconnectés. En explorant les mécanismes complexes du cerveau, du système nerveux autonome et du système hormonal, nous pouvons commencer à comprendre la logique sous-jacente à ces symptômes.

Keiser traite souvent de POTS, alias le syndrome de tachycardie orthostatique posturale ou STOP en français, mais ses conseils valent pour toutes les formes d’épuisement chronique, dont le covid long.

Comme il est neurologue, il s’attache plus aux troubles comme le POTS. Il explique ici que les méthodes, dérivées de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), souvent intégrées dans les cliniques « covid long », exploitent la plasticité neuronale pour inhiber l'activité limbique excessive, en utilisant le lobe frontal pour exercer un contrôle conscient sur les pensées axées sur la peur.

Ce processus agit comme un « frein » sur le système limbique, réduisant ainsi l'hyperactivité autonome sous-jacente qui contribue aux symptômes.

Au travers de trois exemples (dont le SAMA et l’impact des menstruations), il illustre une vérité fondamentale aux yeux d’un praticien holistique ou intégratif: le cerveau, le système immunitaire et le système hormonal ne fonctionnent pas en silos. Ils font partie d'un réseau dynamique et profondément interconnecté, où un déséquilibre dans une partie peut provoquer des répercussions inattendues dans une autre. Comprendre ces liens est la première étape pour aborder des problèmes de santé complexes de manière plus globale et efficace.

Plutôt que de voir une collection de symptômes aléatoires, nous pouvons commencer à percevoir les schémas et la logique d'un système qui essaie de communiquer - ce qui est l'essence-même de la pratique des docteurs Poesnecker et Neville dont j'ai repris la stratégie dans mes livres "Quand j'étais vieille" (pour profanes) et "En finir avec le burn-out" (pour praticiens)

Thérapies corporelles pour relancer l’équilibre chez les épuisés chroniques

19.9.2025 Pourquoi insister à ce point sur des solutions de thérapie corporelle ? On aura compris que l'EM/SFC (épuisement chronique) n'est PAS une maladie psychosomatique, comme tant de soignants voudraient le faire croire, mais bien profondément physiologique.

Il faut prendre en compte le fait que des mécanismes naturels ne sont plus opérationnels, dès que le circuit autonome est comme paralysé. Il faut être passé par là, comme moi, pour traduire — ce que je fais avec maladresse, j’en suis consciente — à quel point le corps ne répond plus.

On se retrouve dans l’état de non-contrôle physiologique que doit vivre un nourrisson.

Demander à une personne dans ce état de méditer, de pratiquer des visualisations positives, de gérer son tonus, etc. est illusoire. Le corps ne sait plus faire !

C’est là qu’il faut de l’aide extérieure, en finesse et en douceur, par un praticien qui sait quels ressorts il travaille.

J’invite les soignants à s’inspirer de quelques unes des vidéos du docteur Nathan Keiser, déjà cité, chiropracteur neurologue aux Etats-Unis. Il est assez didactique, mais parle très vite. On peut freiner les vidéos.  J’ai découvert chez lui tous les prodigieux outils que les neurologues de cette mouvance ont développés, pour définir les blessures individuelles. Très généreux, il partage quasi toutes ses techniques et explique très bien les tenants et aboutissants des pratiques non-invasives qu’il met en place pour aider les épuisés chroniques, afin de rééduquer le système autonome.

La neurologie médicale traditionnelle se concentre sur les pathologies aiguës et les traitements médicamenteux ou chirurgicaux. Elle sauve en urgence.  La neurologie fonctionnelle, quant à elle, adopte une approche plus holistique et dynamique, travaillant sur le temps long. Elle vise l’amélioration des fonctions quotidiennes du patient grâce à des thérapies de réadaptation continues et évaluées en temps réel. Les outils et appareils utilisés par les chiropracteurs neurologues comme Keiser sont très pointus et pourtant peu invasifs.

Sa pratique est basée sur le fait que le cerveau est inopérationnel parce qu’il est en inflammation et qu’il est hypoperfusé (manque d’oxygène) ou en hypocapnie (carence en dioxyde de carbone, CO­2) - état qui perturbe l’énergie, la cognition, l’équilibre et la récupération au travers des systèmes nerveux central et autonome.

Selon Keiser, un faible taux de CO₂ en position verticale peut provoquer un brouillard cérébral, des étourdissements et un dysfonctionnement autonome. La perfusion cérébrale peut être diminuée chez les victimes d’EM/SFC (hypoperfusion), même lorsque la fréquence cardiaque et la tension artérielle semblent normales.

De vidéo en vidéo chez @dockeiser, je suis sidérée par la finesse du diagnostic sur la base d’observations simples du mouvement des yeux, des extensions de la nuque et d’autres signes corporels indiquant où le cerveau est en souffrance. Il n'emploie pas que des machines...

Au départ, sa clinique soignait au principal des commotions cérébrales (survenues après accidents de la route ou pratique de sports extrêmes).

La pratique s’est étendue aux victimes de POTS ou intolérance orthostatique, dont je rappelle que les victimes connaissent une augmentation anormale du rythme cardiaque après une position assise ou debout, provoquant des vertiges ou des évanouissements. Certains sujets passent de 70 pulsations en mode couché à 150, par le simple fait de se lever.

Par extension, il soigne aussi les victimes d’EM/SFC, dont il prétend aussi que la source des soucis se trouve dans la dysautonomie.

Ses tests structurés, qu’il pratique au travers de machines comme le doppler transcrânien et la table basculante, permettent de mesurer les soucis internes qui pourraient expliquer l’origine ou l’évolution de l’EM/SFC chez certains.

Sa pratique est une énième preuve de la justesse de cette analyse, ne fut-ce que par les résultats sur le terrain. Le bel ami nous propose quantité de cas concrets de personnes guéries par sa méthode. Ne nous leurrons pas : tous les cas d’EM/SFC ne répondront peut-être pas aussi vite que les patients qu’il nous présente. Mais j'aime présenter son approche, pour son caractère structuré et pensé, évalué en chiffres - ce qui plaira aux plus rationalistes. On ne peut initier un traitement efficace que si l’on a évalué avec justesse ce qui perturbe la signalisation autonome.

Ecouter la vidéo en doublage FR automatique:  Quand la reconversion du système nerveux commence enfin à fonctionner (+- 9 minutes)

Keiser commente une nouvelle étude sur un "traitement non pharmaceutique révolutionnaire pour la dysautonomie":

(...) de nouvelles recherches menées en Chine et en France confirment ce que nous constatons quotidiennement : l’activation du corps pendant le mouvement peut améliorer directement le flux sanguin cérébral, la régulation du CO₂ et le métabolisme cérébral, même dans les cas neurologiques difficiles comme l’AVC et la paralysie cérébrale."

Les chercheurs ont employé de la stimulation électrique fonctionnelle. Comme on n'est pas aussi pressés qu'eux et qu'on est très malins, on sait que la pratique de ce que je viens d'exposer ce matin (étirements, qi-gong, etc.) peut produire le même effet, mais plus lentement.

Si le malade est doté d'un beau budget, de fréquentes séances chez un ostéo craniosacré produiront l'équivalent de ces stimulations électriques...

Description traduite :

De nombreuses personnes rapportent s'être remises de troubles tels que le syndrome de POTS ou le MCAS grâce à des programmes de « rééducation du système nerveux » ou de « rééducation limbique ». Mais que se passe-t-il réellement dans le cerveau lorsque ces approches fonctionnent ?

Dans cet entretien, le Dr Keiser explique, du point de vue de la neurologie fonctionnelle, pourquoi certaines personnes constatent une amélioration grâce à des programmes tels que le DNRS ou celui de Gupta : comment le lobe frontal peut rééduquer l'activité limbique, apaiser l'hyperactivité du système sympathique et remodeler la régulation autonome.

Il explore également comment l’histamine et l’activité des mastocytes peuvent aggraver les symptômes liés à la perfusion, pourquoi les règles peuvent exacerber les douleurs cervicales et les troubles oculaires, et comment les boucles de rétroaction complexes de l’organisme entre les hormones, la circulation sanguine et le système nerveux influencent le rétablissement.

Il s’agit d’un regard nuancé sur les raisons pour lesquelles le réentraînement du système nerveux aide certaines personnes de manière spectaculaire — et sur la façon dont la compréhension des voies cérébrales sous-jacentes peut rendre ce processus plus ciblé et durable.

Fin du dossier, pour l'instant. Il sera inclus, après réécriture, dans la prochaine version, digitale, du topo expert "En finir avec le burn-out"

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