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en quête d'un devenir-soi nutritionnel

  20.5.21 Cas d'école: le régime anticandida


Ma dernière étude de cas sous la forme d'un miniaudit par courriel, à la fille d'une amie,, que j'appellerai Thérèse, qui pratique depuis 3 mois un régime anticandida. Cette analyse se retrouve dans le blog "Sortir de la cacophonie gastrique" car à mon expérience plus de trois-quarts des cas de "candidose" sont en réalité une forme de dysbiose intestinale. Qui ressort de la même approche que celle que je décris dans ce topo expert. Le quart restant est composé de "canaris de la modernité". Ceci n'est pas une vérité taillée dans le marbre, c'est une autre façon de regarder un problème.

Salut ma choupinette !

Me voilà enfin.

J’ai mis le temps non pas à décoder tes résultats de tests en profilage alimentaire, mais bien à trouver le ton.  L’écrit est si froid, par rapport à la parole en direct ! Je l’oublie chaque fois que je propose à une relation de faire un «début d’audit ». (« début », car une véritable analyse demande une interrogation plus longue et plus fine, qui dure souvent une heure).

L’écrit est difficile, car en tant qu’auditeur d’un plan alimentaire (entendre « audit » comme en entreprise, une analyse synthétique d’un environnement), nous entrons dans le territoire privé de l’autre, dans ses choix, dans son chemin de vie. Aussi intrusif qu’une psychothérapie …

Mais bon, nous y voilà. Prends donc ce qui suit pour *une* pièce du puzzle de ta vie en nutrition. Ce n’est qu’un éclairage parmi d’autres. Il se fait que, « victime » d’un profil atypique en biochimie,  j’ai développé ce regard de « profilage » pour aider d’autres personnes à s’écouter. Car c’est celui qui m’a permis de m’écouter, tout simplement. J’ai réuni pour cela quelques approches efficaces, que tu as découvertes dans les dossiers que je t’ai envoyés (les extraits de mon livre à paraître « "Choisir les aliments qu'il me faut").

Deuxième précaution oratoire : les résultats des tests sont parfois faussés par la vitesse à laquelle on les remplit (ou le temps qu’on y met, oubliant des éléments), par l’image de soi, par l’oubli de situations précédentes. On doit donc les prendre avec des pincettes. En général, en audit, je les contrevérifiais avec la personne.

Et enfin, ces tests ne sont pas des outils de diagnostic médical, mais bien des aides pour qu’on décode si, ici et maintenant, un organisme est en état de suivre une cure dure, ou si, ici et maintenant, un organe empêcherait l’efficacité d’un plan alimentaire.

Car, vois-tu, la puissance thérapeutique des aliments est enfin reconnue (il était temps), mais la tendance générale du public profane est de surévaluer l’impact d’un changement alimentaire. Oubliant ainsi le souffle ou l’oxygénation, la gestion du stress et … la pharmacopée.

Voilà mes trois précautions de départ, dont tu n’avais pas besoin car tu es bien assez fine pour les avoir subodorées. Comme je ferai un billet du blog (anonyme) avec ton cas, je préfère être précise. Je ferai ce billet car certains ont tendance à proposer le profilage alimentaire comme de l’astrologie ou des protocoles, ce qui est bien loin de l’esprit de départ. Espérons que ton cas, qui me semble un cas de figure, puisse être illustratif.

J’ajoute un autre élément qui peut tempérer le ton de ce qui suit. Il n’y a pas eu de cas, quand j’auditais, où la clé ne m’est pas venue de la bouche-même du mangeur. Car seul lui sait sa propre vérité, je ne faisais que décoder. Refrain connu : « quand on est dans la bouteille on ne voit pas l’étiquette ». L’auditeur n’est là que pour regarder d’un œil « froid » ce qui est chaud par essence (le ventre, le cœur). C’est à lui de repérer dans le discours du mangeur les ouvertures qui permettent de construire une analyse.

Difficile par écrit… mais on se lance.

Je récapitule. Depuis février, tu as été diagnostiquée victime de candidose. Depuis lors, tu prends du diflucan une fois par semaine et tu suis un régime anticandida. J’ai failli à mon esprit rigoureux habituel et je ne t’ai pas demandé la teneur de ce régime anticandida, étant restée sur ce que je connaissais il y a plus de dix ans du régime si connu (quand j’auditais encore).

Tu as écrit : « - stop aux sucreries (même si elles étaient rares) - réduction drastique de vin (max 1-2 verres / semaine) - moins de pain, moins de pâtes - complément de chlorophylle et probiotique . Mon alimentation a évolué au fil des années en fonction de mon intérêt grandissant pour la question. cela a démarré par moins d’industriel, moins de sucré ajouté, plus de produits faits maison, augmentation de légumineuses, consommation  de jus pressés à froid ».

Ne m’envoie pas pour autant la teneur exacte de tes menus, tu comprendras en fin de document.

Les premiers résultats qu’on regarde en profilage n’ont pas trait à ta biochimie, mais à ton état général , ici et maintenant :  les test de Julia Ross. Superbe idée que de noter les résultats avant ta réforme « candida » (diflucan, probiotiques, chlorophylle et régime). Je les consigne ci-dessous.

En pratique, les référents utilisent des points différents du test que je t’ai envoyé (qui ne demande que de cocher une case), points variant entre 3 et 4. J’attribue donc une moyenne de 3.5 à chaque classe, pour qu’on se retrouve sur les mêmes bases. En effet, ce document est conçu pour les élèves en profilage alimentaire de mes remplaçantes, Maya en Belgique et Gabriella en France (https://www.profilagealimentaire.fr).

Pour illustrer ce que j’ai écrit plus haut, si la classe 1 -  neuromédiateurs est élevée (>= 20), on ne va même pas plus loin dans l’analyse alimentaire. Quelle que soit la force mentale du mangeur, son cerveau lui commandera de manger n’importe quoi, de préférence sursucré, si pas de picoler. Voilà un bel exemple de blocage par un « organe ». Ce n’est pas ton cas.

En résumé : 

1/neuromédiateurs : 7  

(2/ on oublie la classe « victime de régimes » que je ne t’ai pas envoyée)-

3/ Glycémie instable :   7  - -

4/Thyroïde fragilisée : 0      

5/ Intolérances alimentaires : 0 (auparavant :  14)   -

6/ Parasitose : 10 (auparavant  25)   -

7/ Troubles hormonaux : 4        

8/ Carences en acides gras : 0 (auparavant  4) 

9/Surrénales :  4 (auparavant 7)

A première vue, ce ne sont – et ce n’étaient - pas des résultats pour une candidose systémique (qui a atteint tous les organes), cas excessif qui demanderait un régime excessif. On dirait plutôt un cas de dysbiose intestinale, qui pourrait se manifester par une levurose aussi appelée candidose (principe du profilage : une fragilité se marque différemment selon le profil, il n’y a donc pas de « protocole »).  Une victime de candidose systémique serait  dans un état d’épuisement chronique et la plupart des organes auraient  lâché – ce qui ne semble pas être ton cas.

Je ne prolonge pas l’épisode « Julia Ross », tu comprendras dans le reste du texte.

Ensuite on peut peaufiner et déceler ce qui, dans ta biochimie profonde, peut aider à individualiser le programme.

Dans ton cas, il m’a sauté aux yeux que ton groupe sanguin était la clé principale. A nouveau, je me répète mais je sais qu’on lit en diagonale souvent : ce n’est qu’une suggestion, pour que tu puisses y penser  à l’aise, balayant ton historique de transition alimentaire avec un autre éclairage.

J’ai ma propre analyse des groupes sanguins, qui diffère dans l’intention de celle de l’auteur connu (voir le dossier que tu as reçu  via http://www.taty.be/choisir/kdossiers.html) :  je laisse plein de portes ouvertes et je ne donne pas des listes d’aliments bénéfiques, neutres ou toxiques. Je me base sur mon expérience de terrain, qui a infirmé ou confirmé les dires du sieur d’Adamo. A prendre ou à lécher, comme on dit dans mon domaine.

Pour moi, les personnes de groupe sanguin B ont en général un rapport très subtil à leur propre ressenti, à l’inverse des autres profils. Ils sont les « magiciens » selon ma classification. Je crois plus volontiers leurs discours, car ils ne s’enferment pas dans  des croyances en nutrition, des « on m’a dit que ». En tout cas, ils ne s’enferrent pas si ces préjugés s’avèrent infondés dans leur quotidien.

Ils n’ont en général pas besoin d’aide pour apprendre à s’écouter, ils sont doués pour cela, de nature. Ils ne se forcent souvent pas à « manger sain », ils en ont envie, tout bêtement, pour se faire du bien – là où d’autres pratiquent une véritable ascèse pour s’empêcher de manger des cochonneries.

Cette qualité peut changer lorsque le stress submerge bien sûr.

Or, et c’est la clé de ma difficulté à te faire ce mini-audit sur le pouce, une personne de groupe sanguin B est, à mon expérience, peu sensible à la puissance thérapeutique des aliments et à leur puissance nocive, dans une corrélation naturelle. Si l’aliment n’est pas un outil puissant pour toi, il ne peut être un poison puissant non plus.  Je t’ai proposé d’analyser ton choix alimentaire, mais ce n’est peut être pas capital chez toi.  Le véritable poison des B est le stress, psychologique en premier lieu et électromagnétique en second lieu (cequ’on appelle « e-smog » en termes plus concis).

Je reprends le passage ad hoc du dossier offert en cadeau via mon blog :

« Chez un sujet du groupe B, la toute première chose à gérer en cas de déséquilibre serait le stress, psychique surtout, l’alimentation n’étant que secondaire. Mais la constipation, les gastrites etc. répondent tellement bien à une réforme alimentaire qu’ils peuvent se donner un coup de pouce par une petite cure ou une réforme en plan de croisière.

Chez eux aussi, la pollution électromagnétique semble avoir un impact supérieur aux autres pollutions. A prendre en compte sérieusement.

Sauf à être Superman, un sujet du groupe sanguin B ne peut tout simplement pas se permettre la pollution des ondes comme les autres : pensons au wifi, aux téléphone portatifs de la maison, aux portables « anodins », etc. C’est tout un boulot pour eux de s’organiser un environnement épuré sans devenir trop strict en la matière.

A retenir pour les groupes B : sophrologie et méditation au tout premier plan, alimentation au plan second. Je n’ai pas de livre spécifique conçu pour les sujets de ce groupe sanguin. »

Si je peux résumer à la louche, une personne fragilisée lorsqu’elle est confrontée à l’e-smog peut certes être d’un autre groupe sanguin, comme O ou A . Dans ce cas,  c’est *parce* qu’elle est fragile (épuisement, maladie chronique, surcharge en stress, etc.) et que ses organes ont lâché qu’elle réagit à la pollution électromagnétique. Alors que chez les groupes sanguins B, souvent, le début des soucis a été enclenché par une surexposition aux ondes (qui ne sont pas toutes maléfiques, toujours – les Russes soignent même avec cette thérapeutique ; mais il faut faire court). Et ensuite, les organes ont lâché – ou un seul a lâché.

Dans ton cas, tu me dis avoir zoné entre plusieurs logements entre le moment où tu as quitté l’ancienne maison en novembre 2019 et l’installation dans la nouvelle en février 2020. Le stress d’être hors sol, de s’organiser dans des lieux nouveaux, etc. peut s’être marié au stress e-smog (qui sait le bain d’ondes de ces lieux ?) pour révéler une fragilité (candida) qui était déjà là mais que la force de ton organisme tenait sous le boisseau.

Il se peut qu’une des maisons qu’on t’a prêté ait eu de la mérule ou des moisissures (dans un pays froid et humide, comme la Belgique, hein…). Les moisissures de l’environnement sont parfois pires que les alimentaires (fromages, oléagineuses etc) et sont la nourriture favorite des candidas, albicans ou autres.

Je ne dis pas que tu aurais développé du candida à cause du stress, mais que le stress a été le déclencheur de ce qui se serait manifesté autrement bien plus tard. Pour énoncer cela, je garde à l’esprit que, pour les groupes sanguins B, le stress est le petit ennemi perso.

Pour info, nous portons tous du candida, à un degré ou l’autre, comme nous portons tous une série de microorganismes, virus, bactéries, levures, etc.. Le fait d’obtenir un résultat positif à un test candida n’est pas parlant en soi, mais indique une fragilité.

Le candida n’est donc à mes yeux que la manifestation de ce que ton organisme s’est fragilisé momentanément. Je ne pense pas qu’il faille se focaliser sur « le » candida (albicans n’en est qu’un, il y en a plein d’autres – candida n’est qu’un des microorganismes délétères, il y en a plein d’autres), mais bien cibler la source du problème : en l’occurrence rendre à ton organisme les forces qui lui sont naturelles pour surmonter ce stress momentané.

Et c’est là que je suis contente de faire ce mini audit s’il peut t’aider car le régime anticandida tel que je le connais depuis 20 ans (pas de ci, pas de ça, interdictions en tout genre) ne devrait être pratiqué que 3 semaines à tout casser, pour calmer une situation orageuse. Tenu plus longtemps, il dénutrit le pratiquant. Quand je donnais des conférences, que ce fût face à 10 ou 500 personnes, je faisais souvent le petit jeu avec le public (et leur autorisation) : je pouvais désigner quelles dames (jamais d‘hommes)  pratiquaient ce régime particulier. Ça n’a jamais loupé ;)

Prends mon avis pour ce qu’il vaut : je pense que le régime a été efficace les 3 premières semaines, mais a perdu de sa force, pour toi ici et maintenant. Le diflucan et les probiotiques sont  probablement pour beaucoup dans ta remise sur pied, sans compter que l’installation (enfin !) dans un petit foyer tout doux doit être aussi un élément positif.

Si l’on veut ressourcer un organisme, ce qui me semble indispensable si j’analyse ton cas – « ressourcer » = redonner des forces – il faut penser régime/avec plutôt que régime/sans. Avec quoi ? Eh bien avec des nutriments naturels (tout ce que tu te donnes depuis que tu as changé l’alimentation), qui t’apporteront tous les minéraux nécessaires à un ronronnement naturel. Mais surtout avec les protéines biodisponibles qui peuvent t’aider à produire tous les enzymes qui favoriseront ce ronronnement.  Les carences en protéines et les évictions de tout genre entraînent souvent (pas toujours) des carences enzymatiques majeurs qui font que, l’exclusion enchaînant l’exclusion, les personnes qui pratiquent trop longtemps ce type de régime ne digèrent plus rien. Console-toi il faut plus de six mois pour en arriver là.

Je suis limitée par la forme miniaudit. Je ne sais exactement ce que tu manges, quand, en quelles quantités, etc, ni dans quel cadre. Je ne peux donc préjuger, mais à  mon expérience, les pratiquants du régime anticandida étaient souvent carencés en protéines biodisponibles.

Depuis son origine classique (la forme prônée par le docteur Orian Truss +- 1985), ce régime a été transformé au fur et à mesure de son relais par des cercles naturopathiques, à tendance macrobiotique (qu’on dirait aujourd’hui végane). De la simple injonction de manger sans sucres et sans farineux (ce qui revient à pratiquer un régime antidysbiose), cette diète est devenue un régime végé, faisant la part belle aux protéines végétales. Qui, hélas, demandent un organisme en capacité pour être bien métabolisées et produire les acides aminés utiles. C’est un sujet long à exposer,  j’ai de longs paragraphes sur le sujet dans mon livre « Quand le végé se fane ». Je peux t’en envoyer les extraits ad hoc si tu veux.

En outre, la pratique du régime anticandida menait (est-ce encore le cas ?) à se fier à des aliments qui ne sont pas ressourçants : des galettes sans gluten, des laits végétaux qui ne sont pas du lait mais de l’eau sucrée, du « faux pain », etc. Et à surdoser le quotidien en fibres dures, ce qui n’arrangeait pas la santé intestinale qui est la source de la santé mentale. On tournait en rond ! Je ne voyais que peu d’aliments ressourçants dans les pratiques anticandida…

Après 3 mois de ce régime, il est temps que tu reviennes au juste milieu : des aliments ressourçants, selon ce que ton instinct demande à certains moments, en ciblant les protéines biodisponibles qui, dans ton cas, devraient être de source animale : des œufs, des fromages si tu ne veux pas de viandes. Je ne sais si ton régime particulier le conseillait, mais les pratiquants anticandida ont souvent recours au principal aux huiles végétales, rejettant tout ce qui est saturé (beurre etc). Désolation ! Car le corps a besoin des unes et des autres.

J’inclus ce point car tes résultats au test métabolique indiquent « cueilleur : 10 / chasseur: 19 /  mixte : 7 », ce qui te met à mes yeux dans la catégorie « chasseur ». C’est le profil qui a le plus besoin de graisses et de protéines (alors que le cueilleur fonctionne plus sur les glucides). Tu trouveras plus de détails dans le document que tu as reçu « "Le test métabolique: êtes-vous chasseur cueilleur ou mixte? "”.

Le juste milieu est aussi de remettre à sa place ce régime dans ton cas, c'est-à-dire une place tout à fait secondaire par rapport à d’autres appuis thérapeutiques que sont les médicaments comme le diflucan ou le remède suprême qu’est la méditation ou sa forme adoucie qu’est la sophrologie.

Je n’ai pas envisagé les autres paramètres de profilage alimentaire ci-dessus car  les résultats sont mixtes (ce qui indique que tous les choix sont ouverts). Tes résultats en diathèse sont mixtes : « D1 : 7 / D2 6 » . On verrait plus clair en direct, car on ne peut être ET l’un Et l’autre. Tes résultats en ayurveda sont équilibrés : « VATA = 80 / PITTA  = 63 / KAPHA = 65 »

Voici donc ce que je peux offrir pour t’aider à avancer dans ce chemin de vie aidé par la réforme alimentaire. Tu prendras donc ceci comme un ajout parmi d’autres. Si le ton paraît à certains endroits catégorique, c’est une apparence. Tu me connais depuis que tu es née, tu sais que c’est ma façon de m’exprimer ou ce qui transparaît, mais c’est loin d’être ma façon de penser : tout se discute, tout se négocie et seule toi connais ta propre vérité.

J’espère que cette petite pierre dans ta construction te sera utile. Je la partage sur le blog en anonyme, pour les élèves de Maya et Gabriella en profilage alimentaire. Tu le trouveras sous le menu Blog/ ressources pour un coach/ cas d’école. Tu t’imagines, oser te classer en « cas d’école » ;)

 

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