24.2.2023 (mis à jour juin 2026, avec poster) Parmi les freins en nutrition indépendants de la volonté la plus farouche soit elle, il faut mentionner un trouble majeur : certains mangeurs sont victimes de compulsions alimentaires. A la demande générale (de 3 personnes...), je publie un long extrait d'un prochain livre, sur le sujet, où il est question du livre de Julia Ross The Diet Cure.
Ce billet est rédigé pour que des pros puissent expliquer à leurs patients/clients à quel point l'effort surhumain de volonté ou la restriction permanente ne font qu'aggraver le problème de leurs assuétudes.
Ma copine qui se reconnaîtra m'affirme être toxico de sucre comme on peut être alcoolique. Je souris, car s'il existe des clubs d'alcooliques anonymes, il n'existe pas à ma connaissance de club des ensucrés anonymes. Ce que la chère amie décrit, selon mon analyse: des compulsions alimentaires, dues à son historique personnel.
La meilleure preuve que ce ne sont pas des "assuétudes émotionnelles" est qu'il suffit de donner de la Lglutamine dans les bonnes doses au bon moment et une cinglée de chocolat n'y touchera pas.
Je vous invite à poser un petit regard latéral sur ce sujet, dans un billet à consulter comme un os à ronger, si cela vous parle. Vous prendrez une partie ou le tout, à votre guise.
A force d’enchaîner restrictions sur exclusions, certains mangeurs en arrivent à développer des compulsions, irrésistibles par définition.
Dans le long article que je relaye ci-dessous, je m’inspire des travaux de Julia Ross, psycho-nutritionniste américaine, sur les compulsions alimentaires, qu'elle définit comme une impossibilité physique et biochimique de résister au sucre, à l’anorexie ou à l’hyperphagie.
Jusqu’à aujourd’hui, la médecine et la diététique classiques ont réduit la compulsion alimentaire à une simple question de "volonté" ou de caractère. Pourtant, pour de nombreux mangeurs, l'appel du sucre ou de l’outre-manger (vider la boîte de biscuits, à peine ouverte) n'est pas un caprice, mais un trouble métabolique profond.
La compulsion ne se choisit pas ; elle s'impose comme une nécessité biologique absolue pour calmer une angoisse insupportable que le conscient ne peut plus maîtriser.
Définition d'une compulsion alimentaire : « Impossibilité de ne pas accomplir un acte, lorsque ce non-accomplissement est cause d’angoisse. »
Il est pourtant crucial de distinguer la simple "envie" (pulsion) de la véritable compulsion. La solution ne réside pas dans mais dans la restauration de nos "médicaments naturels" : les neuromédiateurs
Le poster ci-joint résume cette intro au long article, en consultation libre sur mon blog, où je tente d’exposer les tenants et aboutissants de ces désordres induits par les régimes en cascade
L'image a été produite par un agent LLM. Je l'ai retouchée pour intégrer l'image du lézard, représentant le cerveau reptilien chez Marty Kendall (billet suivant).
Lorsqu'un individu perd le contrôle devant son assiette, c'est le signe d'un "court-circuit" biochimique. Imaginez une lutte entre deux entités : votre cerveau conscient, qui connaît les règles de nutrition, et votre cerveau biochimique affamé, qui hurle pour sa survie. On pourrait dire en vulgarisant que c’est la partie reptilienne du cerveau qui commande alors.
Tant Kendall que moi-même savons que le "cerveau reptilien" est un neuromythe au niveau technique, mais il est si parlant sur le plan pédagogique !
Il permet de signaler que c’est l’instinct de survie qui contrôle les décisions plutôt que le cortex.
Parmi les freins en nutrition indépendants de la volonté la plus farouche soit elle, il faut mentionner un trouble majeur — car c’est un véritable trouble profond: certains mangeurs dysglycémiques sont victimes de compulsions alimentaires. Ces personnes ne peuvent tout simplement pas se modérer, ce qui serait la solution de bon sens pour calmer le circuit insuline & Cie : mangez moins, moins souvent et moins sucré. Quelle bonne idée d’inviter les mangeurs à s’abstenir de sucreries, des produits raffinés comme la pain et le riz blanc, de la triade café-thé-chocolat ou d’alcool et de vin. Bonne idée, mais qui ne vaut pas pour tous. Il faut vraiment être une personne « normale » pour conseiller à un compulsif de se passer de ces délicieux poisons, sans l’aider soit d’acides aminés, soit d’un plan très pauvre en glucides et riches en graisses.
Je voudrais faire recopier cent fois à chaque médecin ou diététicien la définition d’une compulsion alimentaire : « impossibilité de ne pas accomplir un acte, lorsque ce non-accomplissement est cause d’angoisse », définition qu’il est normal pour eux de ne pas connaître, puisqu’ils ne sont ou n’ont jamais été des mangeurs compulsifs. Ils n’ont probablement connu que des envies alimentaires, de simples pulsions. Les compulsions alimentaires sont la version adulte du phénomène de crises de rage chez les enfants, qui surviennent quand le parent réduit les sucreries et quand aucun « contrat à la Dolto » ne semble tenir durablement.
NB. Ce texte date de 2005, il était en partie dans mon bimestriel Cuisine Nature de l'époque. Il n'a été ni relu ni remanié. A prendre avec des pincettes! Je n'avais à l'époque que l'intuition de ce qui deviendrait le "Profilage alimentaire". Dans la version finale, ce concept devenu plus fin sera intégré.