taty lauwers

cuisinez selon votre nature  

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

L'illusion des pyramides alimentaires

24.1.26 Sur base de la nouvelle pyramide alimentaire américaine de Kennedy: pourquoi on peut tout-à-fait oublier le concept-même de pyramide si l'on vise une nutrition ciblée, intelligente et fine? Ceci reflète la vision des référents en Profilage Alimentaire®

"Nourritures vraies"

nouvelle édition 2021


Sommaire. La nouvelle pyramide de Kennedy - Comment nos aïeux ont-ils survécu avant 1992? - en diaporama - sources Belinda Fettke

 


Beaucoup d'excitations irrationnelles autour des initiatives santé de Kennedy, qui pâtit du Trump-bashing par association au point que des analystes ne réfléchissent même plus. La hargne a envahi leur cerveau ;)

Ils oublient de lire le pitch essentiel, qu'on trouve dans les documents officiels comme https://cdn.realfood.gov/DGA.pdf: "mangez de la vraie nourriture" (eat real food). Un expert en nutri peut donc s'opposer à une initiative qui pousse à manger des aliments intègres, vivants? Incohérence, quand tu nous tiens...

Certes, en tant que ministre de la santé, Kennedy doit émettre des normes encadrées, qui serviront aux cantines officielles, car, gérant des millions de personnes, il se doit de faire de la nutrition de troupeau.

Mais un chercheur autonome en santé n'a aucune raison de suivre cette pyramide.

J'ai longuement glosé sur ce concept dans mes livres papier comme "Nourritures vraies": les pyramides sont une illusion,, en nutrition. Si on les utilisait, il faudrait encore qu'elles soient au moins en trois dimensions, ou mieux: sous la forme d'un rubik's cube mouvant.

Dans un récent billet , Nina Voit - Du bon sens dans mon assiette ® rejoint notre posture du réseau de Profilage alimentaire®. Depuis que je la lis, elle me semble pointue en diététique traditionnelle des Chinois, grands experts de la subtilité en nutrition.

Elle aussi critique les recommandations nutritionnelles universelles, ces schémas rigides fondamentalement inadaptés: ils imposent une hiérarchie moyenne à des individus aux besoins physiologiques uniques.

Plutôt que de suivre aveuglément des directives de masse influencées par les modes, elle invite à privilégier une approche personnalisée basée sur son propre métabolisme.

Je prône que la véritable santé ne réside pas dans la conformité à un graphique ou des résultats d'études cliniques, toujours aléatoires,, mais dans l'écoute des exigences réelles de son corps.

Je résume cette vision en image, réalisée grâce à un LLM:

 

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Dixit Nina Voit:

" La pyramide alimentaire de Trump n'est pas plus fausse que celle qu'on nous vend depuis 50 ans !

 

Je m’explique !

 

En ce moment, tout le monde s'excite sur la nouvelle pyramide américaine.

 

Comme s’il avait lâché une bombe parce que la viande et le fromage sont tout en haut au même niveau que les légumes !

 

Et comme ce sujet est ma spécialité, je pense qu’il est temps qu’on pointe, une bonne fois pour toutes, le seul et vrai point critique d’une pyramide alimentaire.

 

Le problème, ce n'est pas la pyramide.

 

Ni ce qu'elle contient.

 

C'est qu'elle nous empêche de réfléchir.

 

Une pyramide, c'est une hiérarchie, un ordre, une moyenne.

 

Une règle déguisée en conseil.

 

Et notre corps ne vit pas dans une moyenne.

 

Il vit dans un terrain individuel.

 

Avec une histoire, une génétique, un niveau de stress, et un métabolisme plus ou moins performant.

 

Chaque personne a son propre terrain, son propre fonctionnement.

 

Cette hiérarchie sera différente pour chacun, même si les éléments restent les mêmes.

 

Selon les cas, tu auras besoin de plus de fibres, de glucides, de protéines ou de gras.

 

Tout dépend de ce que ton corps essaie de réparer.

 

Le danger de ces schémas universels ?

 

Ils te font chercher la bonne règle au lieu de poser la seule question utile : Qu'est-ce qui est prioritaire pour MOI, maintenant ?

 

Tant qu'on ne pose pas cette question, on peut changer de pyramide tous les dix ans selon les modes ou l'industrie.

 

On reste dépendant d'une directive pensée pour la masse, pas pour l'individu !

 

Et là, tu me dis : "Mais c'est quand même utile d'avoir un outil universel pour éduquer les gens !"

 

Ma réponse est OUI.

 

Mais alors, qu'il soit au moins LISIBLE, COMPRÉHENSIBLE et STRUCTURÉ.

 

Pas un grand fourre-tout illisible comme ce qui a été proposé.

 

Pour moi, une assiette qui soigne, ce n'est pas une assiette "conforme".

 

C'est une assiette qui répond à un besoin physiologique réel.

 

Pas à une injonction.

 

Alors je te la repose, calmement : qu'est-ce que tu as arrêté de voir chez toi, parce qu'un schéma t'a dit de ne plus penser ?"

Je me permets de rajouter mon grain de sel: d'accord sur tout.. sauf pour un cas de figure assez courant. Tous les mangeurs ne sont pas, ici et maintenant, prêts à reprendre leur autonomie décisionnelle face aux injonctions nutritionnelles simplistes.

Je pense aux personnes qui ont besoin de cadre, de figures d'autorité, ces mangeurs qui n'ont pas (encore?) assez confiance en eux pour s'écouter finement, se fier à leur ressenti au-delà des dogmes en cours.

Pour eux, les formes de pyramides sont idéales, car elles répondent à leur besoin de cadre et de hiérarchie (je viens de gloser hier sur "le désir d'un maître"). Cela les rassure et c'est bien ainsi. Un coach peut lui proposer l'équivalent, en moins caricatural.

Le tact d'un coach est de repérer qui a besoin d'être guidé, qui est prêt à lâcher les rênes, qui est déjà totalement autonome; et d'adapter ses conseils en fonction de cet état de fait.

Ceci étant posé, quelque nutritionniste qui ose critiquer les mangeurs qui suivent aveuglément l'un ou l'autre gourou ferait bien de regarder dans sapropre assiette: qui donc a éduqué les citoyens à suivre un maître, une hiérarchie, sans s'écouter? Vous-même, tiens!

Comment nos aïeux ont-ils survécu avant 1992?

 

Image: une page extraite de mon livre "Paléo: le bon plan", épuisé, désormais en téléchargement libre

Le pitch: les pyramides alimentaires classiques sont des outils obsolètes et manipulateurs.

Depuis mes premiers écrits, j'invite le lecteur à se rendre souverain dans ses choix culinaires (libre, autonome et responsable, ,soit le label LAR!).

Pour ce faire, il doit se distancier des recommandations officielles ou, à tout le moins, les prendre avec des pincettes.

Elles sont souvent traduites sous la forme de pyramides alimentaires.

Une petite recherche m'apprend que le concept pyramidal en nutri est né en 1972 et que le gouvernement US ou FR n'a sorti la première pyramide qu'en 1992.

C'est le concept même de pyramide alimentaire "de troupeau" qui est défectueux. Cela se rattache à cette volonté de nos technocrates et gouvernants, de plus en plus prégnante, de s'occuper de nos vies privées.

Sous couvert de protection (comme le fait la mafia - euh pardon).

Et avec notre assentiment, chers amis complotistes!

Il n'y a pas de complot... Certes, il existe des hyènes qui profitent d'une faiblesse sociétale, en l'occurrence "le désir d'un maître" (voir recension du livre de Mattias Desmet avant-hier), désir qui peut devenir désir d'une illusion de certitude sous la forme de hiérarchie.

Certes, les conseils officiels ne sont pas dictés uniquement par les multinationales mais aussi par... des sectes! Eh oui, faites une petite recherche avec Belinda Fettke, vous en serez tout ébaubis! Elle est devenue une forme d'historienne des influences industrielles et religieuses sur les recommandations officielles*.

Si l'on ne prend pas cette évolution sociologique en compte, comment expliquer comment on est arrivé à considérer que ces pyramides sont des outils factuels utiles pour bien manger?

Alors qu'il leur manque quantité de dimensions essentielles, qu'un profane peut repérer illico. Quelques points suivent.

La qualité : Le détail essentiel complètement ignoré

L'une des failles les plus béantes de la pyramide est son silence assourdissant sur la qualité des aliments. Les graisses sont-elles vierges première pression à froid, ou bien peuvent-elles être l’équivalent de graisses de vidange ? Le pain est-il complet, artisanal, ou blanc , industriel ? Les légumes sont-ils en conserve ou frais, ou même bio, bien riches en nutriments ? Les viandes sont-elles de source saine, exemptes de résidus de traitements (antibiotiques, par exemple), et préparées sans conservateurs ? Ces différences sont loin d'être anodines pour la santé. Mais ce mépris du détail ne s'arrête pas à la qualité intrinsèque des aliments.

Un modèle rigide déconnecté de la réalité

Ce concept s'étend au-delà de l'aliment lui-même pour ignorer complètement le contexte dans lequel nous vivons. Les pyramides proposent un modèle unique et rigide, efficace uniquement pour les personnes "bien portantes" et excluant de fait quiconque a des besoins spécifiques.

Pire encore, elles ignorent des facteurs aussi fondamentaux que les saisons ou la production locale. Elles peuvent recommander des fruits de la mer sans se soucier de savoir si vous vivez en Suisse ou en Autriche, ou des fruits exotiques en plein hiver, révélant l'absurdité d'une approche déconnectée de toute logique durable.

Des conseils peu indépendants

Pour comprendre comment nous en sommes arrivés à accepter un outil si défaillant, il faut analyser son évolution sociologique. Né en 1972, le concept a été progressivement dévoyé pour refléter de plus en plus les désirs des multinationales de l'agro-alimentaire.

Incroyablement, ces recommandations ne sont pas seulement façonnées par les lobbies, mais aussi par... des sectes. Oui, vous avez bien lu. Comme l'a révélé la chercheuse Belinda Fettke, qui a exploré ces influences industrielles et religieuses, vous en serez tout ébaubis ! Cette évolution a transformé un guide potentiellement bien intentionné en un outil servant des intérêts qui ne sont manifestement pas ceux du mangeur lambda.

L'objectif ultime : Votre autonomie

Le plus grand défaut de la pyramide est peut-être le plus insidieux : elle nous infantilise en ne laissant aucune place à l'autonomie et au profilage individuel. Elle donne des règles à suivre aveuglément, sans jamais apprendre à comprendre votre corps et vos besoins.

L'objectif véritable d'une personne en recherche de santé par la nutrition? Un véritable acte de souveraineté intellectuelle et corporelle : apprendre à se distancier des recommandations officielles pour faire ses propres choix éclairés, basés sur la connaissance et l'écoute de soi.

En diaporama

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Sources chez Belinda Fettke

ou "Histoire des pressions sur les conseilleurs officiels"

Depuis deux semaines, j'ai rédigé quelques billets pour inciter les ecteurs parmi les plus amateurs d'autorité à montrer la plus grande prudence face aux résultats des études scientifiques en nutrition-santé.

A partir d'ici, je vais porter l'estocade, à mon grand dam car je n'aime pas faire souffrir: se référer à une QUELCONQUE étude scientifique sur le sujet n'a AUCUN sens!

Aucune ne passe le test du réel, comme je le démontrerai dans le billet suivant. En autres, à cause des multiples pression sur l'indépendance des décideurs et des chercheurs, depuis des décennies.

Par la force des choses (le procès entamé contre son mari, chirurgien orthopédiste prônant la diète low-carb pour un patient victime de diabète), Belinda Fettke s’est faite historienne des pressions assez peu claires sur le gouvernement américain, et, partant, nos gouvernements, depuis des décennies, pour modifier les recommandations alimentaires.

Dans ses recherches, elle révèle comment l'Église adventiste du septième jour et l'industrie céréalière ont historiquement façonné les directives pour diaboliser les graisses animales, puis les produits animaux.

Son investigation l’a amenée questionner la validité scientifique du régime méditerranéen, de plus en plus tordu vers un programme vétane, et celle des « zones bleues ». Ces concepts sont souvent instrumentalisés et sont devenus des outils marketing.

NB. A ce propos, lire mon billet de 2022 sur le sujet : Le "régime méditerranéen": quelle soupe!

Zones bleues : la longévité y est attribuée aux plantes, alors que ces populations consommaient historiquement tout ce qu’ils trouvaient, dont chaque partie de l'animal, pour survivre.

Classiquement les amateurs de zones bleues se réfèrent à Okinawa en oubliant la place essentielle du porc dans leurs habitudes…

Elle démontre aussi que les directives nutritionnelles officielles, qu’on nous présente souvent comme le fruit d'un consensus scientifique pur, sont en réalité le produit d'une lutte d'influence complexe et souvent invisible.

Sa recherche peut être croisée avec celle de Zoe Harcombe, ,aussi mouvance low-carb, sur les recommandations nutritionnelles à partir de l'initiative McGovern: il s'avère qu'en vue de l'élection à venir, il cherchait à l'époque une action qui ferait parler de lui. Qu'elle repose sur du vent lui importait peu 😉

Où qu'on regarde, chers amis, l'étude de l'historique en normes nutri internationales mènent toujours à des jeux de pouvoir, jamais à l'intérêt du citoyen.

Les sources

  1. En texte, lire quelques uns de ses article dans mon propre article de 2022 "Les leviers des lobbies" (dossier Qui a Machine le Boeuf Bashing).
  2. En audio ou vidéo, commencez par sa récente déconstruction de l'idéologie des Zones Bleues (car il s'agit bien d'idéologie pure, et non de science, ce que c'était au début): Blue Zones with Belinda Fettke - article sur abonnement, mais l'écoute est gratuite
  3. Ou n'importe quelle vidéo récente, comme "The Mediterranean diet: science or spin?" chez Dr Peter Brukner
  4. Les plus passionnés de documentation feront un tour pour piocher dans les nombreux articles sur son site https://isupportgary.com/articles

A noter qu'elle fait partie de la mouvance low-carb et se focalise donc sur ce choix alimentaire. Prendre ses conclusions avec des pincettes!


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