27.5.26 Les interventions de Ghislaine Gerber à propos de la supplémentation systématique et aveugle de vitamine D de synthèse méritent un billet à part. Ghislaine est prof' de micronutrition et auteur d'une revue sur le sujet.
Les interventions de Ghislaine Gerber à propos de la supplémentation systématique et aveugle de vitamine D de synthèse méritent un billet à part. Les paragraphes sont extraits au fur et à mesure, un de ces jours ils seront structurés logiquement. En attendant, faites votre miel de ces infos, provenant d'une vraie spécialiste.
Si vous êtes membre de fb, cherchez tous les billets de Ghislaine Gerber sur les excès de complémentation en vitamine D, sachant qu'elle enseigne la nutrithérapie, ou l'art d'utiliser les compléments, qu'elle a une longue expérience de terrain: https://www.facebook.com/profile/1305093835/search/?q=vitamine%20D
Ce 26/5/26, Ghislaine Gerber précise ce qui suit, à propos de mon billet "Interdépendance critique entre vitamines A, D et K : du doigté en supplémentation"
"Merci d’avoir cité mon approche de la vitamine D à contre courant d’une certaine folie ambiante autour de ce sujet.
Entre 2010 et 2013, j'ai publié dans European Journal of Nutrition une revue consacrée au métabolisme de la vitamine D avec mes collègues de l’équipe de biologie moléculaire de Toulon et l’excellente coopération de la canadienne Suzan Whiting: "Vitamin D metabolism, functions and needs: from science to health claims" -
Nous avions ouvert la porte à la prise de conscience des rôles élargis de la vitamine D pour d’autres sujets que l’équilibre osteocalcique auquel elle avait été limitée dans les décennies précédentes . Mais nous avions aussi insisté sur le rôle de l’hydroxylation rénale pour produire la vraie forme active de la vitamine D qu’est le métabolite 1,25 (OH)2 D .
NB TL: "hydroxylation" : le 25-OH vitamine D - calciférol que vous consommez en supplément (et qu'on teste en analyses sanguines) doit subir des transformations enzymatiques afin d'être converti en une forme biologiquement active de l'hormone, le 1,25-(OH)₂D ou calcitriol. Un organisme fragilisé par la vie ou la maladie est souvent carencé en enzymes, ce que l'on souligne peu en général.
"Certes nous incitions à viser un taux sanguin du précurseur 25 (OH) D supérieur à 75 nmol/L tout en insistant sur le fait qu’il faut veiller à ce que la suite du métabolisme permette bien d’en faire de la vraie vitamine D active . " (NB TL: 75 nmol/L traduit = 30 ng/mL )
"Or, on observe depuis lors une avalanche d’erreurs de recommandations ne visant que l’amélioration du taux du précurseur 25 ( OH) D. Ce dernier ne peut être une fin en soi, puisqu'il ne représente pas la vitamine D active !
En outre, cela est fait avec des fake vitamines isolées ou mal combinées entre elles qui peuvent endommager les récepteurs cellulaires . Les apports en vitamines et minéraux synthétiques que j’appelle nutriments « canada dry « (en référence à des pubs des années 80 en rapport avec une boisson qui ressemblait à l’alcool mais qui n’en était pas) , peuvent faire plus de dégâts que si l'on n'apportait pas de supplementation: leur configuration moléculaire isolée de leur matrice et de leurs cofacteurs peut entraîner des défauts de métabolisation, voire des polymorphismes génétiques à la génération suivante ( VDR pour la D , MTHFR pour la B9 , BCO1 pour la A , etc ) .
À force de faire le raccourci de pensée selon lequel une molécule isolée, soit isolée purifiée, soit de synthèse, serait la même chose qu’une molécule naturelle consommée avec sa juste proportion de cofacteurs requis pour son métabolisme , on a fini par faire de la micronutrition Canada dry à base de fake-vitamines: on croit, à tort, qu’elles vont produire les mêmes effets cliniques que les molécules originales naturelles avec leurs cofacteurs .
On a vu surgir des constructions de pseudo-associations de ces molécules synthétiques réarrangées en legos bien imparfaits et que l’homme prétend apporter pour faire mieux que la nature . Prenons le cas des bisglycinates artificiels de magnésium, que d’aucuns prétendent supérieurs à ce que le magnésium naturel a permis à toutes les espèces vivantes de l’utiliser de façon parfaite depuis toujours. Des esprits faibles ou insuffisamment formés gobent ce marketing pseudo-nutritionnel, dont les résultats sont catastrophiques dans les métabolismes, créant de nouveaux dégâts de métabolisation, de nouveaux polymorphismes en cascade. Pensons à l’acide folique de synthèse administré à toutes les femmes enceintes et aux nourrissons en laits infantiles artificiels: on avait cru à l'identité stricte entre folates de synthèse et naturel - ce qui n'est pas avéré. "
NB TL. Un exemple concret, documenté par Chris Masterjohn, docteur en nutrition dans son article Why Your Folate Supplement Might Be Working Against You . Je reformule ce qu'il exprime en termes très techniques.
Les déficiences en folates sont courantes et on supplémente facilement aux States en acide folique synthétique, qui pourrait générer une forme essentielle de folate, du tetrahydrofolate (THF). Des aliments sont systématiquement enrichis en acide folique aux Etats-Unis et pourquoi on a poussé la population à se supplémenter. Or, après l'ajout d'acide folique dans les produits de pain en 1998, on a pu observer une vague d’ acide folique non métabolisé dans le sérum de l'Américain moyen. Ceci est probablement dû au fait que beaucoup de gens ont une activité réduite en gène DHFR (qu’elle soit limitée de naissance ou par fragilité acquise), ce gène qui gère les folates. L’utilité de supplément ? D’autant plus que la question de savoir si l'acide folique non métabolisé est nocif en soi reste en suspens et n’a pas été assez étudiée. Dans l’évolution, le corps humain n’a jamais été confronté à cette forme non métabolisée : qu’en fera-t-il ?
Un autre cas de figure : si l’assiette n’apporte pas assez de précurseurs de NADPH (un coenzyme essentiel, aussi crucial pour la synthèse des acides gras, du cholestérol et des acides nucléiques - joue également un rôle vital dans la détoxification cellulaire, la protection contre le stress oxydatif et la réponse immunitaire en régénérant des antioxydants comme le glutathion), ces précurseurs étant les aliments riches en vitamine B3 et tryptophane, l'acide folique de synthèse ne parvient pas à augmenter suffisamment le THF.
Fin de l'extrait chez Masterjohn, place à ma conclusion de bon sens. Dans les deux cas, on aura donc supplémenté pour des prunes, fatiguant au passage l’organisme de ces personnes spécifiques, si pas générant des fragilités telles que les décrit Ghislaine Gerber.
"Combien faudra-t-il de décennies aux professionnels de santé, que l’on s’efforce de ne pas former à ce sujet ( ou de maintenir sur de mauvaises pistes aujourd’hui, les induisant en erreur ), pour enfin comprendre que seuls les nutriments naturels auxquels notre génétique s’est acclimatée à travers les millénaires seront convenablement utilisables par nos délicats récepteurs si complexes. L’artificialisation de la nutrition est une catastrophe et crée des maladies à la chaîne.
Même des compagnies qui adorent utiliser les mots comme Naturals , Herbs Etc ne mettent qu’une pincée de naturel dans leurs formules pour masquer la quantité de molécules synthétiques délétères qu’ils proposent pour nos récepteurs . Lisez bien les listes d’ingrédients et ne sélectionnez que des aliments et des compléments qui n’utilisent que des nutriments spécifiés en toutes lettres comme issus ou extraits de plantes ou de sources naturelles si vous ne voulez pas bousiller vos récepteurs cellulaires !
La vitamine K2 (que l'on ajoute depuis peu à toutes les prescriptions de vitamine D orale de synthèse) est rarement en carence dans nos contrées (NB TL: largement disponible dans les produits laitiers fermentés et fromages affinés, jaune d'œuf, foie, beurre, choucroute).
Systématiser son apport avec la D me semble être une erreur, car si l’on a en effet des carences en D , il n’y a pas autant de carences en K. L’apporter en combinaison systématique avec la complémentation de vitamine D peut entraîner un excès en K quand on n’a pas de carence en K .. Cela vaut pour la vitamine A …Les vitamines liposolubles (TL: A D E et K) s’accumulant, attention aux risques insidieux d'hypervitaminose, surtout dans les variations epigenetiques.
Quant à la vitamine D par voie orale, il est bien préférable d’en prendre chaque jour 1000 Ui de source naturelle avec des cofacteurs naturels plutôt que des doses de 4000 ou plus avec des cofacteurs artificiels, comme des minéraux synthétiques, qui eux mêmes n’ont pas leurs propres cofacteurs ou molécules antagonistes en équilibre."
NB TL. Ceci est un doublon de mon texte principal, pour vous offrir une solution pragmatique.
Pour obtenir 1000 UI par jour de vitamine D, càd l'apport alimentaire conseillé par Ghislaine, qui complétera l'apport solaire, c'est assez facile avec une assiette saine, variée. Si vous voulez vous casser la tête avec des valeurs en grammes et en UI, consultez le pdf de l’Office fédéral suisse de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.
Je suis mon habitude : je préfère faire simple.
Un de ses commentaires sur mon compte:
L’énorme bévue que font la plupart des professionnels de santé en matière de vitamine D est de croire que 25 (OH) D serait la forme active de la vitamine D , qu’elle n’est absolument pas !
Elle n’en est que le précurseur , matière première qui peut être transformée par métabolisme en vitamine D de forme active 1,25 ( OH)2 D , seule capable d’activer le signal cellulaire de la vitamine D active - donc à la condition d’avoir ainsi été hydroxylee par les enzymes magnésio- et oligo-dépendantes principalement au niveau rénal ( en tenant compte des antagonismes entre minéraux aussi ) .
Or en présence d’apport oral excessif de cette quasi hormone cholecalciferol sans la bonne proportion minérale et oligo élémentaire variée associée requise ( telle qu’on les obtient de sources naturelles ) , il y a alors augmentation de déplétion minérale , activation de la voie 24-25 et rétro-régulation de la conversion en forme active de la vit D .
L’apport de K2 (nb TL: souvent recommandé en compagnie de la vitamine D) n’est qu’un cache-misère si j’ose dire, qui ne règle pas les pertes minérales amplifiées par de trop forts dosages en cholecalciferol que les enzymes doivent gérer en utilisant tous les minéraux récupérés dans les tissus corporels, s'ils ne sont pas apportés dans le bol alimentaire pour gérer ces bolus.
(Suite à ces supplémentations hautes) apparaissent aussi de plus en plus fréquemment des polymorphismes VDR (NB TL: récepteur de la vitamine D = une variation génétique qui influence la réponse de l'organisme à l'apport vitamine D) et des gènes qui codent pour ces enzymes de conversion du calcitriol, avec des conséquences rendant la prise de vitamine D inopérante à la génération suivante … même dans des pays très ensoleillés!!! Un comble ! .
Reddy avait été parmi les premiers a observer et publier dans le Lancet en 1974 déjà qu'administrer des hyperdosages de cholecalciferol ne produisait pas d’effets attendus alors que de plus petites doses, consommées par des sujets non carencés en magnésium, produisaient les effets attendus de la vitamine D. Donc: avec des dosages très modestes là où les megadoses n’avaient induit aucun effet .
Dés lors, dans le reviewing, il faut veiller aux critères d’inclusion tenant compte des niveaux minéraux clés , sinon cela biaise complètement les résultats de la vitamine D ( idem pour la carnation dont il est difficile d’inclure ce critère dans les études malheureusement … ) .
Ceux qui font la bourde de ne suivre que 25 (OH) D en croyant que ce serait la vitamine D active font une énorme impasse dans la bonne compréhension du métabolisme et du transport de cette vitamine . Cela équivaut à confondre du Canada dry avec de l'alcool, selon la formule consacrée".
Une autre de ses interventions, à propos des compléments autour du cancer, qu'il faudrait cibler bien plus finement:
les tests génétiques font gagner beaucoup de temps pour permettre la personnalisation des solutions qui ne peuvent être qu’individuelles . Des polymorphismes précis amènent à totalement exclure différentes substances : pour des raisons X y ou Z, nous ou nos parents ou ancêtres se sont exposés à des toxiques , il faut alors exclure certaines de ces plantes qui ont été touchées par ces pollutions et que notre système immunitaire rejette les unes après les autres ( fabriquant des cas de multi allergies ou intolérances souvent aussi ) .
Et c’est souvent le recours à des plantes inhabituelles qui permettent alors de trouver un nouveau chemin vierge dans nos mémoires d’histocompatibilite et le protocole qui convient à chacun …
mais plus on rajoute de substances artificielles qui peuvent tromper les cellules un court temps plus on détruit d’autres voies cellulaires .
La chance en épi génétique c’est qu’il est toujours possible de réparer les voies endommagées ( avec l’allele non muté si mutation seulement hétérozygote ) et réparer pas à pas l’expression de chaque gène touché
Pour cela il faut d’abord bien connaître le plus possible des mutations concernant chacun … pour choisir les sources végétales qui conviennent ou pas à Pierre Paul ou Jacques … plutôt que de continuer à endommager l’ADN par de nouveaux artifices, car dans ce rapport de force on se coupe des voies de réparation qui restent un peu comme si tous les itinéraires bis étaient fermés par de nouvelles expositions à d’autres nouveaux toxiques …
Son billet fb 2023 : STOP AUX DOSES EXCESSIVES DE VITAMINE D: NOUVELLE ALERTE DE L'ANSES SUITE A 3 NOUVEAUX ACCIDENTS SERIEUX D'HYPERCALCÉMIES CHEZ DES NOURRISSONS.
De façon constante j'ai dénoncé les hyperdosages irresponsables de vitamine D à tous ceux qui me demandaient pourquoi nous n'en recommandons pas des prises supérieures par jour dans nos enseignements en micronutrition. D'une part la Vitamine D est pour mémoire une quasi hormone non sans répercussion sur les autres hormones et d'autre part, lorsqu'elle est prise par voie orale contrairement à l'exposition solaire, les capacités de métabolisation non seulement par le foie mais surtout par les reins, pour la transformer en sa forme active, le calcitriol, dépendent de co facteurs nutritionnels qui doivent respecter les apports journaliers recommandés ( dont une juste proportion de magnésium notamment). Ainsi, démultiplier les quantités de vitamine D, expose à une mauvaise métabolisation de celle-ci comme pour la plupart des vitamines et à une inflammation rénale pour la vitamine D. Des proportions d'apports sont à respecter en fonction de ces capacités métaboliques et des autres nutriments requis pour la bonne assimilation de cette vitamine D.
L’Anses vient de publier ce mardi 21 mars un avis concernant trois nouveaux cas d’intoxications à la vitamine D chez des nourrissons par mésusage de compléments alimentaires bien trop dosés par rapport à ce qui est prévu par la réglementation française, et ayant entrainé le pronostic vital de ces enfants. Cet avis fait suite à une auto-saisine dans l’objectif de rendre ces cas de mésusage publics et d’améliorer la sécurité sanitaire du consommateur.
Ces signalements rapportent des hypercalcémies sévères associées à des complications rénales (néphrocalcinoses) et dans certains cas des troubles de la repolarisation cardiaque, avec menace du pronostic vital dans deux cas chez ces enfants. Ces trois cas d’intoxication font suite à l’utilisation de compléments alimentaires contenant 5 000 à 10 000 UI de vitamine D par goutte.
Les produits achetés étaient soit destinés aux adultes, soit aux enfants de plus de 7 ans, dépassant eux mêmes les doses légales également chez les adultes dans des compléments alimentaires. Malgré la présence des recommandations de dosage sur les compléments alimentaires, le nombre de gouttes de complément alimentaire administré quotidiennement aux nourrissons était le même que celui de médicaments, alors même que les compléments alimentaires étaient plus concentrés que les médicaments à base de vitamine D dont l'usage est très encadré et administrés sous certaines conditions.
Pour ces trois cas, l’imputabilité des compléments alimentaires est évaluée au niveau maximum de l’échelle par les experts, signifiant que la survenue de ces hypercalcémies et autres symptômes sévères est très vraisemblablement due au mésusage de ces compléments.
De nombreux praticiens recommandent malheureusement de hauts dosages de vitamine D au delà des informations écrites sur les emballages des produits alors que les toxicités des hauts dosages de vitamine D sont bien décrits dans la littérature scientifique.
Ces trois nouveaux cas d’intoxication s’ajoutent aux trois cas déjà décrits par l’Anses en 2021 et à d’autres cas rapportés dans la littérature.
Les 6 cas de mésusages enregistrés sont liés à une confusion au niveau de l’expression de la quantité en vitamine D. L‘Anses recommande donc de proscrire les différences de définition de concentration.
L’Anses appuie que la facilité d’accès à des compléments alimentaires contenant des doses très élevées de vitamine D est un autre facteur de risque de surdosage.
L’Agence fait aussi part de ces intoxications à la vitamine D dans son bulletin de vigilance « Vigil’Anses » de mars 2023. Ce bulletin présente également la procédure à suivre, par les consommateurs et professionnels de santé, suite à la survenue d’effets indésirables quant à la consommation de compléments alimentaires. L’Anses rappelle notamment les recommandations publiées en janvier 2021 conjointement avec l’ANSM, des sociétés savantes de pédiatries et le collège des sages femmes et les centres antipoison concernant ce risque de surdosage.
Ces trois nouveaux cas de mésusage de la vitamine D rapportés par l’Anses surviennent en parallèle des projets d’arrêtés relatifs au listage et à l’affichage du cholécalciférol comme perturbateur endocrinien (voir Weekly 11).
Pour rappel, l’apport satisfaisant, retenu par l’Anses dans son avis de 2021, en vitamine D chez le nourrisson est de 10 µg/j soit 400 UI/j. L’EFSA a quant à elle établi la limite de sécurité à 25 µg/j soit 1000 UI/j MAXIMUM pour les nourrissons de moins de 6 mois et 35 µg/j soit 1400 UI/j pour les nourrissons de 6 mois à 1 an. La société française de pédiatrie établie une dose journalière à risque de non-carence de 400 à 800 UI.
La dose maximale journalière en vitamine D autorisée en France est de 50 µg pour les adultes ( 2000 UI MAXIMUM) en population générale et pour les enfants de plus de 10 ans, et de 25 µg ( 1000 UI MAXIMUM) pour les enfants de moins de 10 ans.
Des produits permettant assurant 200 UI par goutte permettent ainsi de MODULER LES DOSES pour les différents utilisateurs concernés, allant de 1 à 10 gouttes maximum par jour. Je rappelle aussi que la population française ne présente pas de carences significatives en Vitamine K, à part certains enfants allaités selon l'alimentation de la mère et quelques rares cas particuliers, et que la supplémentation en Vitamine K ne doit pas être aussi systématique que la supplémentation en Vitamine D aux bons dosages.
Malheureusement, seules 16 H de cours en nutrition, sous option, sont dispensées dans la formation académique en médecine et trop peu de médecins suivent ces enseignements optionnels post doctorat en DU ou Masters en Nutrition, développant les connaissances relatives à la bonne métabolisation des micronutriments aux justes dosages, nécessitant un à deux ans de spécialisation en sus des autres spécialitésenseignées.
Sources: https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/trop-de-vitamine-d-est-aussi-dangereux-que-pas-assez-alerte-lanses et https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2022VIG0166.pdf
"Vous êtes nombreux à vous poser des questions sur les justes doses de Vitamine D. N'oublions pas que la Vitamine D est une quasi hormone dont il ne faut pas abuser et qu'il est préférable d'assurer des apports modérés réguliers avec des sources naturelles apportant les co-facteurs nécessaires à son assimilation plutot que des mégadoses isolées que le corps ne saura pas utiliser.
Voici deux études montrant l'importance des co-facteurs de la vitamine D pour qu'elle soit efficace. La première montre l'intérêt des sitostérols (que l'on trouve par exemple à bonne concentration dans les avocats) pour démultiplier l'efficacité de la vitamine D sur l'immunocompétence.
Si l'on prend les sitostérols ( SIT sur le schema) en même temps que la vitamine D ( comme dans un macérat huileux de vitamine D dans de l'huile d'avocat par exemple), l'efficacité sur la compétence immunitaire est fortement augmentée par rapport à la prise isolée de vitamine D . De même , la seconde étude montre le rôle prépondérant de l'association de la vitamine D en juste proportion avec le magnésium pour que celle-ci soit bien assimilée et efficace - particulièrement chez ceux qui présentent une hyperinsulinémie, chez les prédiabétiques ou les diabétiques et pour prévenir le risque de thromboses dans la situation actuelle ...
Ainsi il peut être préférable selon son statut analytique en Vitamine D, de prendre plutôt de 400 UI à 1000 UI par jour régulièrement mais avec l'un de ces co facteurs selon l'objectif recherché, plutôt que de bombarder une méga dose de dizaines de milliers d' UI de Vitamine D que le corps ne saura pas utiliser sans co-facteurs. On sait pourtant cela depuis les recherches de Reddy en 1974 ( Lancet). Il avait mesuré après l'administration de taux jusqu'à 6 000 000 UI de vitamine D que celle ci ne produisait aucun effet si la personne concernée ne disposait pas d'un statut normal suffisant en magnésium. Des doses normales modérées de Vitamine D, consommées par une personne chez qui on a restauré simultanément le juste niveau en magnésium, produisaient leur effet sans risquer les hyperdosages dangereux d'une vitamine isolée".
Rares sont les voix documentées comme Ghislaine qui osent affronter le consensus mou asséné par les labos. Claude Isabelle Vieillard, est naturopathe et très documentée, elle confirme:
La vitamine D est une hormone stéroide (séco stéroide). L'un de ses rôles à haute dose la rend immunosuppressive. On comprend mieux pourquoi certains sont moins "inflammés" (dépression améliorée, douleurs articulaires, pb digestifs ...). On atteint cet effet à partir de 10 000 UI jour ce qui est énorme. Malheureusement, elle n'est efficace pour sa vertu "vitamine" que si le cholestérol qui la porte dans le sang est sulfaté par le soleil (donc transformée dans sa forme active 1.25 OH alors que les compléments sont des formes de stockage (25 OH) qui vont se stocker dans le foie et les tissus gras.
Cerise sur le gateau, elle est antagoniste à la vitamine A (rétinol) qu'elle fait chuter si prise importante.
Je rappelle que la vitamine D (forme non active) qu'on propose partout est extraite de lanoline de mouton "grillée" donc passée aux UV et lavée à l'hexane !!! Elle est majoritairement fabriquée en Chine à des prix dérisoires et est l'un des compléments les plus vendus au monde à des prix exorbitants au vu de son coup négligeable de fabrication. Les labos de compléments alimentaires et les thérapeutes qui la prescrivent à haute dose pour tout et n'importe quoi (TL scoop: touchant ainsi des commissions des labos) se font des fortunes...
Cette mode a commencé dans les années 2000 aux US et a été ramenée en France par Servan Schreiber qui en a fait une publicité monstre autour des années 2006. Effectivement quand dans les année 2015 on s'est rendu compte que cette vitamine de synthèse favorisait la sortie du calcium de l'intestin, mais que ce calcium partait partout (reins, coeur, articulations et surtout dans les artères !). On a préconisé l'ajout de vitamine K2 pour permettre la redirection du calcium vers les os et phanères... (TL: alors qu'une assiette variée apporte de la K2, les fromages affinés, le jaune d’œuf, le beurre doux, le foie et les abats).
Attention donc à toutes les vitamines liposolubles (ADEK) qui se stockent dans les graisses. Un taux trop élevé de vitamine A (rétinol) peut s'avérer très toxique.
Penser aussi au contexte: pour l'anecdote, on en donne aux enfants africains dénutris en cas de rougeole, mais ils en meurent s'ils sont particulièrement déficients en rétinol en raison de la malnutrition mais aussi d'un polymorphisme génétique propre à certaines ethnies. Cette info vient du docteur Wetchoko originaire du Cameroun qui connait bien ce problème très répandu en Afrique.
(...)
Un extrait pour le moins questionnant d'un article de la chercheuse Amy Proal sur la vitamine D au regard des recommandations plus ou moins fantaisistes de certains vers des taux considérés comme optimaux (jusqu'à 90 ng/dl pour certains que je ne citerai pas) "Saudi Arabia does not yet add vitamin D to their food supply. It is not surprising, then, that one study found that 100% of Saudi medical students receiving standard amounts of sunlight and eating a normal diet were vitamin D insufficient or deficient according to conventional standards. Similarly, a study of healthy Bangladeshi women not supplementing with vitamin D found that approximately 80% had 25-D concentrations less than 16 ng/mL. A separate study of premenopausal Bangladeshi women came to a similar conclusion. A study of young healthy adults from the west of India, also not consuming supplemental vitamin D, found the average serum concentration of 25-D to be 17.4 ng/mL. In 1992, before vitamin D supplementation became more common in China, a study found that healthy full-term Chinese infants had serum concentrations of 25-D ranging from an average of 5 to 14 ng/mL, a level that would be regarded as “highly deficient” by current dogma." in : https://microbeminded2.com/the-concept-of-vitamin-d-deficiency-is-flawed/