2.3.26 Pourquoi ne pas suivre une étude aveuglément et être prudent sur la pratique de la cétogène. Un chercheur revoit des données qui paraissaient pourtant catégoriques sur l'effet cétogène/artères. Intro à une vidéo.
Ceci fera partie du dossier « Do not trust me, I am a doctor », où j’ai déjà consigné certains facteurs qui invitent à la plus grande prudence quand on s’inspire de la seule « science » pour choisir une assiette optimale. J’y invite donc chacun à autant faire confiance à son ressenti et son expérience personnelle, qu’aux promesses d’un coach ou qu’au sempiternel « une étude a dit que ».
Sources de ce billet: la vidéo Major Update on KETO-CTA ( Dave Feldman et Nick Norwitz) - avec piste audio FR
Pourquoi ne pas suivre une étude aveuglément: le cas de l’étude Keto**-CTA, qui a suivi 100 participants avec des angiographies coronaires CT haute résolution prises à un an d'intervalle. Les analyses initiales de plaques coronariennes fournies par la société Clearly avaient montré une progression systématique de la maladie, chez quasi tous les participants.. Un chercheur de l'équipe-source, Dave Feldman, revoit des données qui paraissaient pourtant catégoriques sur l'effet cétogène/artères.
Dans cette vidéo, Feldman commente la révision des résultats initiaux de l’étude, qui semblaient incohérents aux yeux des praticiens de terrain que sont les chercheurs intervenants.
L’auteur détaille les failles méthodologiques qui ont mené à ce défaut d'analyse. Des contre-expertises individuelles demandées par les participants à l’étude confirment chez certains une réduction du volume de plaque.
Je partage ceci pour taper sur mon petit clou : face à des profils biochimiques divers, il est quasi impossible d’obtenir des résultats de 100%, ce que tout praticien de terrain sait. Il faut une prudence extrême quand on analyse les résultats d'une étude.
Et en effet, Feldman indique que les résultats de KETO-CTA révèlent une dissonance statistique sans précédent selon la plateforme d’analyse à laquelle on recourt.
Je relaye à l’intention des profanes, dont je suis : prudence lorsqu’on nous présente une analyse "une-étude-a-dit-que". Attendons plutôt quelques années, que les chercheurs ou d’autres collègues commentent et révisent… Je suis encore plus exigeante: j'attends que d'autres études d'intervention viennent confirmer cette première analyse. Je ne suis pas anti-science, je joue le rôle de Prudence Petit-pas (pour ceux qui connaissent encore !)
Pour le détail, les 100 participants annoncent pratiquer la cétogène, mais je ne vois pas de détails dans l'étude https://www.medrxiv.org/.../2026.01.15.26343955v1.full.
Ce n'est pas le sujet du billet, mais ça me permet de rappeler que "céto" est un mot-valise. Certains font du régime restreint à 60g de glucides et appellent ça "céto". D'autres ne consomment que de l'industriel parce qu'il est labellisé "céto"...
Bien différent!
Chers amis cétophiles, vous prenez des risques à vous lancer à corps perdu sans vérifier si cette diète vous convient à titre individuel, selon votre état organique, métabolique, votre profil profond: de quelle moitié de la cohorte faites-vous partie?
Je n'aurai pas manqué de le répéter, mais je dois être la seule en francophonie: tout ce qui excessif est dérisoire.
En anglophonie, où la cétogène est pratiqué depuis plus longtemps, on trouvera le mMême écho chez le professeur Stephen Phinney, LE chercheur spécialiste du domaine de la céto depuis des dizaines d’années, qui connaît très bien la physiologie pour avoir suivi des sportifs :
« La diète cétogène reste un sujet assez toxique, et seuls les braves et les fous s’y aventurent ! ».