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3.3  Quelle différence y a-t-il entre la progestérone naturelle et la progestérone synthétique?

9.4.26 Avant d'aller plus loin dans le dossier, qu'il s'agisse d'endométriose ou de (péri-)ménopause, il est essentiel de connaître la différence entre la progestérone naturelle et la progestérone synthétique.

Répertoire "non-food" de ce site. Dossier progestérone (ménopause/endométriose) du mois d'avril 2026. Il date de 2005. J'en ai retravaillé le fond, entre autres en ajoutant toute la partie sur l'endométriose/ la dominance oestrogénique en plus de la ménopause au naturel (sujet original). Sommaire en premier billet.


Avant d'aller plus loin dans le dossier, qu'il s'agisse d'endométriose ou de (péri-)ménopause, il est essentiel de connaître la différence entre la progestérone naturelle et la progestérone synthétique. Cela permettra de comprendre entre autres comment la dominance oestrogénique peut survenir après la prise longue de pilule contraceptive. Cela peut aussi vous donner un outil pour discuter à votre médecin , car beaucoup de soignants, même parmi les gynécologues, confondent encore les deux.

Mon amie Jeannette, soixante trois ans aux cerises, sous TSH depuis six ans, m’affirme « prendre de la progestérone ». Elle se trompe, sur ce coup-là. On amalgame deux produits différents :

  • la progestérone bio-identique, qu’on pourrait qualifier de « réelle », puisqu’elle est un doublon de l’hormone que produit le corps féminin
  • et la copie, ou progestérone de synthèse : les progestatifs  

A l’inverse de la progestérone bio-identique, les progestatifs sont brevetables. Faut-il prendre le temps d’expliquer pourquoi ces derniers sont les seuls connus des media et de la médecine? Même les media alternatifs tombent dans le panneau. Dans un magazine britannique sérieux, se vantant d’une vision latérale, contresigné par des scientifiques (What Doctors Do Not Tell You), j’ai pu lire en 2005 un article de deux pages qui détaillait les effets secondaires de la progestérone.  Renseignements pris auprès du professeur Peat -- ma « valise » de l’époque J -- , il s’avère que Lynn Taggart, auteur de l’article pourtant généralement bien informée, confondait progestérone et progestatifs.

J’ai pu lire dernièrement la même erreur dans un magazine de santé alternative français. Vite ! Potassez le sujet et donnez vite cours à votre gynéco... Retenons simplement que les progestatifs généralement utilisés dans les TSH et les pilules sont des versions synthétiques et brevetables.

Dans le reste du dossier, j'utiliserai le termes "progestines"  ou "progestatifs"  (progestagens en anglais) pour la progestérone de synthèse.  Cette version artificielle ne reproduit qu’une seule des cent fonctions de la progestérone naturelle. C’est elle qui a été utilisée dans les formules de pilule contracteptive et dans les TSH pour contrebalancer les effets des oestrogènes et qui produit tant d’effets secondaires.

J'emploierai le terme progestérone pour la "progestérone naturelle", malgré que "naturelle" est un terme usurpé en matière de complément. Cela n'existe pas vraiment en consommation externe. La seule progestérone naturelle est celle que le corps féminin produit à certains moments du cycle, lors de l'ovulation. Il n'y a pas d'aliments riches en progestérone que l'on pourrait consommer pour augmenter les taux (gaffe aux sites fantaisistes comme https://progesterone-naturelle.eu/ qui inventent beaucoup).

Seul un labo peut produire à partir d'igname ou de soja une progestérone qui est moléculairement identique à celle que produit le corps, d'où le terme de "progestérone bio-identique" que l'on signale sur les produits ad hoc. Au passage, consommer de l'igname tel quel ne sert à rien, on le verra au point 6.5.4.

C'est surtout dans les pays anglophones que l'on trouve des sources utiles sur la complémentation en hormones bio-identiques. Malgré  le succès du travail et des livres du docteur John Lee dès les années 2000 (point  4.4), la sauce  n'a pas pris dans nos pays, France, Belgique, Suisse. Probablement parce que nous ne partageons pas cette culture d'hypermédicalisation, toute naturelle qu'elle soit.

Je traduis ici un article par une biologiste devenue naturopathe et pratiquant en Nouvelle-Zélande, Lara Briden (voir NB1), dont le site regorge d'informations documentées. Elle travaille de pair avec le docteur Jerilynn Prior,  professeur d'endocrinologie.

Lara Briden: "La différence cruciale entre la progestérone et les progestatifs  "

Article extrait de son site** (voir NB2)
intitulé "La différence cruciale entre la progestérone et les progestatifs  "

"Les progestatifs tels que la drospirénone, le lévonorgestrel ou la médroxyprogestérone ne sont pas de la progestérone.

"C’est parce que la progestérone n’est pas un terme générique comme œstrogène. Au lieu de cela, la progestérone fait référence seulement à l'hormone fabriquée par le corps jaune ou pris sous forme de progestérone micronisée par voie orale.

(... parenthèse chimie)

"Il existe plusieurs différences importantes entre la progestérone réelle (identique au corps) et les progestatifs.

Voir le tableau en image


"Toujours confus ? Pensez-y de cette façon : les progestatifs et la progestérone ont le même effet amincissant bénéfique sur la muqueuse utérine mais des effets opposés dans presque toutes les autres parties du corps, y compris les seins et le cerveau.

"En général, la vraie progestérone a l’avantage d’être plus sûre pour les seins et généralement meilleure pour l’humeur.

(...)

"La progestérone est disponible sous forme de

* crème de progestérone "naturelle" (caveat emptor! comme on le verra au point 6.5.3),

* capsules de progestérone composées en pharmacie

* ou de produits tels que Prometrium (nom du produit aux USA/Canada) ou Utrogestan (nom en Europe)"

 

J'ajoute à la liste ce que Lara Briden ne connaît probablement pas: la fabuleuse invention de prof' Ray Peat qu'est la voie orale Progest, qui contourne le foie et ne l'épuise pas, et est très efficace (voir point 6.5.3, à venir).

A propos des effets délétères des progestatifs, j'extrais un paragraphe du site Santedesfemmes.com, créé par feue Micheline O’Shaughnessy, une adepte du dr Lee:

"Cette différence est d’une importance capitale, car les hormones non bio-identiques sont en réalité des «imposteurs hormonaux» qui ont la capacité d’occuper les récepteurs cellulaires destinés à nos hormones naturelles mais qui ont des effets différents de ceux que prévoit la nature.

Par exemple, la progestérone synthétique (...) n’a d’autre rôle que d’empêcher l’hyperplasie de l’endomètre chez les femmes qui prennent des oestrogènes et qui ont leur utérus. Mais à part ça, cette substance fait tout le contraire de la progestérone naturelle car elle accroît presque tous les problèmes de dominance d’oestrogène, entre autres au niveau de la coagulation anormale du sang (risques de thrombophlébites, d’embolies pulmonaires et d’accidents cérébro-vasculaires)."
(source https://www.santedesfemmes.com/foire-aux-questions/)

 


NB1
Lara Briden: https://www.larabriden.com/media-page/ et https://www.larabriden.com/about/.
Aux States et au Canada, on peut se revendiquer "médecin" naturopathe sans avoir fait d'études classiques de médecine. Cela ne diminue la qualité des investigations de la dame.
Dr Jerilynn Prior est  professeur d'endocrinologie et de métabolisme à la Université de la Colombie-Britannique (UBC) à Vancouver. "Elle est réputée pour ses recherches pionnières sur les cycles menstruels, la périménopause et la ménopause. Elle est l'auteur de plus de 270 articles scientifiques et détient 6 brevets" (me dit la recherche 'ternet), 


NB2
Le site de la biologiste-naturopathe Lara Briden est riche d'articles tous plus intéressants les uns que les autres.
Exemples:

Sur sa chaine youtube, de nombreux podcasts autour du sujet de la santé féminine : https://www.youtube.com/@LaraBriden/podcasts

 

 


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