8.4.26. Le thème de l'endométriose et de son lien avec la dominance oestrogénique recouvre en partie le sujet de la ménopause et de la périménopause, car des femmes en dominance oestrogénique peuvent aussi souffrir de ce passage (double peine!).
L’endométriose est une maladie plus sérieuse que le simple syndrome prémenstruel (SPM), généralement perçu comme une fatalité, un passage obligé du cycle féminin, alors qu’il devrait être considéré comme un signe d’appel que le système hormonal, si subtil, est en déséquilibre ou que l’hygiène de vie peut être revue.
Ce dossier n’est pas le lieu pour exposer les bases, les signes, les traitements, puisque les victimes connaissent déjà bien le topo. En gros, le traitement de l'endométriose est généralement limité à une ou plusieurs opérations ou à une prescription standardisée d’hormones de synthèse. C’est le choix de la médecine conventionnelle : cibler les effets, c'est-à-dire les douleurs et l’épaississment de l’endomètre.
Or, dans un bazar aux hormones tel que le connaissent les victimes de dominance œstrogénique, la pilule contraceptive, l'anneau contraceptif, des hormones de substitution, le stérilet M. imprégné d'hormones de synthèse est un comportement à risque selon la vision de Lee et Peat. Ces ajouts contiennent des progestatifs de synthèse et non de la progestérone dite naturelle (bio-identique). On verra dans le texte (4.3 et 5.3.1) à quel point les progestatifs peuvent aggraver la situation. Sujet à discuter sérieusement avec un médecin au fait de l’approche naturo.
Dans le monde holistique, on cherche plutôt en amont, pourquoi l’endométriose est survenue et on veille à ne pas rajouter de progestatifs (version de synthèse de la progestérone "naturelle"). L’hypothèse la plus fiable sur la source de cette maladie est la dominance œstrogénique.
Dominance œstrogénique : késako ? Son synonyme est plus parlant: "carence en progestérone".
Le corps féminin produit des oestrogènes et de la progestérone, mais dans certains cas, la production de progestérone est diminuée, pour diverses raisons qui suivront L’équilibre entre les deux hormones est alors mis à mal : le corps ne produit pas trop d'œstrogènes dans l'absolu, mais il en produit ou en reçoit trop par rapport aux doses de progestérone, l’hormone qui est supposée équilibrer ses effets. Selon le docteur Lee et le professeur Peat, la dominance œstrogénique peut même survenir même avec des taux normaux, voire bas, d’œstrogènes. Les oestrogènes prédominent, donc, d’où le terme de dominance oestrogénique – concept créé par le professeur Peat (voir point 4.5).
Lier l’endométriose à une situation permanente de dominance oestrogénique est l’hypothèse la plus probable pour des raisons scientifiques (dont j’ai prévenu que je ne traitais pas dans ce dossier d’une profane pour des profanes), mais une simple raison de bon sens nous mettrait sur la voie : quasi tous les signes d’endométriose disparaissent lors de la grossesse, qui est une période où le corps produit énormément de progestérone
On peut vivre une forme de dominance œstrogénique sans pour autant souffrir d’endométriose. Je crois que je fus un de ces cas, non diagnostiqués, dès l’adolescence. Pour diverses raisons, mon corps ne « nettoyait » pas bien les oestrogènes, qui s’accumulaient au détriment de la progestérone.
Certaines femmes sont « carencées en progestérone » bien avant la ménopause. Quelques signes ?
Elles connaissent la litanie triste des sautes d’humeur ou compulsions alimentaires avant les règles, qui sont souvent irrégulières ou volumineuses, douloureuses, elles vivent des crampes prémenstruelles désagréables, elles ont des boutons ou les seins tendus lors des règles. Lorsqu’arrive la ménopause, elles vivent plus fort et plus vite que leurs copines des bouffées de chaleur, des sueurs, de l’insomnie, de la confusion mentale et surtout des sautes d’humeur. Lorsque la progestérone est bien dosée dans l’organisme, par quelque technique que ce soit, les sens s’éveillent (libido, envie de danser, etc.) et le calme psychique s’installe sans psychothérapie.
Encart-pitch. La dominance en œstrogènes apparaît lorsque la femme ne produit pas assez de progestérone pour équilibrer les effets œstrogéniques. Le système peut être bas en œstrogènes, mais si la femme produit encore moins de progestérone que ce taux bas d’œstrogènes, elle peut connaître des symptômes de « dominance en œstrogènes » – phénomène qu’on pourrait aussi appeler « carence en progestérone »
Qui serait intéressé par une vision plus scientifique du sujet lira avec intérêt les articles de feu le docteur John Lee sur le sujet de la dominance oestrogénique sur son site. En 2026, on fait traduire instantanément les articles facilement : sur PC par un clic droit sur la page, par exemple.
Extraits
« (…) Les femmes atteintes du syndrome prémenstruel connaissent souvent des règles douloureuses (dysménorrhée) qui sont le plus souvent causées lorsque la muqueuse endométriale de l’utérus s’étend dans la paroi musculaire de l’utérus (adénomyose). Lors de l’excrétion de l’endomètre (menstruations), le sang est libéré dans la muqueuse musculaire, provoquant de fortes douleurs. La médecine conventionnelle traite cette douleur avec des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) tels que l’ibuprofène, mais ignore le déséquilibre hormonal métabolique sous-jacent qui l’a provoquée. Le problème peut souvent être simplement résolu en rétablissant des niveaux de progestérone appropriés, ce qui rétablit la croissance normale et l’excrétion de l’endomètre.
La dominance des œstrogènes provoque la croissance de l’utérus et, sans l’effet d’équilibrage mensuel de la progestérone, il n’a pas les signaux appropriés pour arrêter sa croissance. Chez certaines femmes, cela entraîne une hypertrophie de l’utérus qui appuie sur d’autres organes, comme la vessie, et souvent sur le système digestif, et provoque généralement une gêne et des saignements menstruels abondants. Chez d’autres femmes, la dominance des œstrogènes entraîne la formation de fibromes, qui sont des bosses résistantes, fibreuses et non cancéreuses qui se développent dans l’utérus. Certains fibromes peuvent atteindre la taille d’un pamplemousse ou d’un cantaloup, provoquant des saignements constants et des règles si abondantes que la perte de sang s’apparente à une hémorragie.
(…). »
Traduction
“A. Les antécédents que vous rapportez sont typiques : vous présentez des symptômes évidents de dominance œstrogénique et votre test salivaire montre que vous êtes déficient en progestérone. De plus, il est courant que les pilules contraceptives ne fonctionnent pas très bien contre l’endométriose. De plus, les progestatifs puissants contenus dans les pilules contraceptives non seulement bloquent la véritable progestérone de ses récepteurs, mais empêchent également l’ovaire de produire de la progestérone. Il est donc inutile d’utiliser de la vraie progestérone lors de la prise de pilules contraceptives.
“Mon traitement de l’endométriose repose sur le fait bien connu que l’endométriose disparaît généralement pendant la grossesse. Malheureusement, les symptômes réapparaissent souvent quelque temps après l’accouchement. L’hypothèse sous-jacente de l’endométriose est que la dominance en œstrogènes stimule la prolifération de tissus riches en sang dans l’endomètre et dans les îlots d’endométriose. Lors des menstruations, le sang présent dans les îlots n’a nulle part où aller et, dans les différents tissus où se trouvent les îlots, le sang provoque une inflammation et de fortes douleurs.
“La progestérone arrête la phase proliférative induite par les œstrogènes. En créant un état pseudo-grossesse du jour 8 ou 9 jusqu’au jour 26 du cycle menstruel, cette prolifération mensuelle de tissu sanglant dans les îlots d’endométriose est réduite. Au fil du temps, le processus naturel de guérison guérira les îlots d’endométriose. La plupart des patients constatent une réduction de la douleur en trois à quatre mois et un soulagement continu au fil du temps.
“Lorsque les douleurs liées à l’endométriose auront diminué, la dose peut être réduite progressivement pour trouver le niveau qui éloigne les douleurs. Après la ménopause, lorsque les niveaux d’œstrogènes diminuent, la dose de progestérone peut être encore réduite.
“L'état pseudo-grossesse (du jour 8 ou 9 jusqu'au jour 26) est obtenu en utilisant environ 40 à 50 mg de progestérone par jour, appliqués localement en doses fractionnées deux fois par jour, généralement au coucher et le matin.
“Plus tard, lorsque les symptômes de douleur ont considérablement diminué, la dose peut être réduite à environ 20 à 30 mg par jour.
“Après la ménopause, la dose typique est d’environ 15 mg/jour pendant 25 à 26 jours du mois.
“La quantité de crème que vous utilisez est liée à la quantité de crème et à sa concentration en progestérone.
“En conclusion, les réponses à vos questions sont :
1) Les pilules contraceptives peuvent exacerber vos symptômes ;
2) Vous bénéficierez probablement de la progestérone naturelle transdermique
(NB TL : la forme que préconisait le docteur Lee « transdermique » n’est peut-être pas l’idéale - voir point 6.5.3);
3) Vous devez abandonner les pilules contraceptives et utiliser de la vraie progestérone.”
Ce qui suit m’est très particulier et je n’ai pas de source médicale à proposer.
Si l’on veut simplifier, les oestrogènes sont les hormones de la femme active - ce groupe d’hormones est directement lié à la combativité et à la recherche de pouvoir, en recherche biologique ; la progestérone est celle d’une mamma africaine, détachée, calme.
Par un effet d’action ou de rétroaction, qui saura jamais, les femmes en dominance oestrogénique que j’ai rencontrées étaient toutes des personnes suractives:
Ce qui n’exclut pas que certaines soient des profils de moines zen ; il se fait que je ne les ai pas rencontrées.
Il est bien normal d’être suractif dans ces circonstances, puisque ce groupe d’hormones est un véritable fouet à travail ; et lorsqu’il n’est pas compensé par la langoureuse progestérone, il prédomine. Si j’étais chef d’entreprise, je donnerais des oestrogènes à mes ouvrières pour qu’elles bossent de bon cœur.
Il est assez difficile de faire reconnaître ce fait à une victime de dominance oestrogénique, vu que c’est son oxygène quotidien. Pour elle, il est normal de bosser non-stop, de vivre quasi en apnée, déshabitée de soi, parfois même en don total envers les autres.
Il suffira de lui proposer de tester ne fût-ce que deux semaines de la progestérone bio-identique (Utrogestan, prescrite via le gynéco, par exemple) pour qu'elle découvre un tout autre monde.
Il n'y aura plus besoin de la convaincre ;)
Encart-Pitch. On pourrait presque reconnaître à leur comportement les femmes en dominance oestrogénique. Ce sont des petits hamsters qui courent dans leur tambour. Les personnes que j’appelle cryptovieilles (les personnes en épuisement chronique qui ne veulent pas entendre que leur corps a déjà 84 ans....) profitent à plein de l’ajout de progestérone« naturelle », de manière momentanée, si les tests sanguins sont probants, pour ce tout simple bénéfice : elles s’arrêtent et se calment, naturellement, sans force.