9.4.26 On ne peut pas se déclarer en dominance oestrogénique (ou en périménopause) et prendre de la progestérone sans faire de tests précis, afin d’évaluer qu’il existe effectivement un ratio très défavorable oestradiol/progestérone.
On a parlé hier de dominance oestrogénique (point 5.1 ). J’ai exposé l’hypothèse du professeur Peat, relayée par le docteur Lee et ses suiveurs, que les règles douloureuses et/ou volumineuses, tout comme l’endométriose, pouvaient être une conséquence de la dominance oestrogénique. Je vais parfois utiliser « carence en progestérone » comme synonyme de dominance oestrogénique , car je trouve le terme plus parlant.
Le titre du billet pourrait être : « Comment savoir si je manque de progestérone à la ménopause ou même avant? »
On ne peut pas se déclarer en dominance oestrogénique (ou en périménopause) et prendre de la progestérone sans faire de tests précis, afin d’évaluer qu’il existe effectivement un ratio très défavorable oestradiol/progestérone.
Si l’on peut être en permanence en carence de fer, les hormones sexuelles féminines, elles, suivent un cycle. Les tests doivent être prescris selon un rythme particulier.
On peut très bien vivre sans ajout de progestérone, cela va sans dire, mais comme le dossier traite de cet ajout, allons-y.
Les tests de possibles carences se font avec un médecin averti. Les examens hormonaux tels que réalisés en Europe pour l’instant ne seraient pas très indicatifs, car trop flous. Quelques questions bien ciblées permettront au praticien de confirmer cette intuition (c’est ce qu’on appelle « se baser sur la clinique »). Sur le net, vous trouverez aussi des auto-tests sous forme de quizz qui permettent aussi d’estimer la probabilité d’être en « carence » de progestérone. Je ne les pointe pas, car je n’y crois que moyennement, mais ce sont des débuts de pistes, pour commencer à investiguer.
Il existe des tests sanguins des taux hormonaux, qui ne doivent pas faire oublier que l’évaluation par anamnèse est souvent parlante. Selon le docteur Lee, le bilan hormonal sera d’autant plus pertinent que l’on aura porté attention à la temporalité du prélèvement. La carence en progestérone (plus techniquement: le ratio Œstradiol / Progestérone) s’évalue par un dosage lors de la phase Lutéale – soit les jours 18 à 22 du cycle, période où le taux de production naturelle de progestérone devrait être le plus élevé. C’est dans cette courte fenêtre que l’on valide si la sécrétion de progestérone est suffisante pour contrebalancer la prolifération induite par les œstrogènes. Hors ces fenêtres biologiques, les dosages peuvent être trompeurs.Voir avec votre médecin et relire en détail les livres du docteur Lee. Ce dernier insistait pour un test salivaire plutôt que sanguin, mais je n'ai pas la motivation.
Certaines femmes ont des cycles très longs, il faut adapter selon.
Selon Lee, toujours, si les taux sériques de T3 et T4 (thyroïde) sont normaux mais que la thyrostimuline est élevée, cela peut perturber les résultats – raison d’être du conseil médical : pas question de s’auto-analyser, n’est-ce pas ?
A l’intention des praticiens (votre gynéco, donc), je partage ci-dessous deux vidéos du docteur Mouton, où il détaille pour les soignants ces fenêtres de tests. Les généralistes fonctionnels sne sont certes pas gynécologues, mais il faut bien que quelqu'un se dévoue pour aider les femmes à sortir de l'errance médicale, non?
NB. Il ne faut pas être ou suivre un médecin fonctionnel, ni même valider tous les protocoles de cette mouvance, pour apprendre ces précieuses infos au cours des nombreux webinaires et capsules de Georges Mouton. Ce dernier présente le grand atout de défendre une posture similaire à la nôtre en Profilage alimentaire, mais sous forme de génotypes. Hommage à son désir de partager !
Pour ma part, petite profane curieuse, je suis d’accord sur l’ approche holistique et systémique de la médecine fonctionnelle, mais je diffère sur quasi tous les choix thérapeutiques en aval. Et les dieux dirent que c’était bon.
1. Commencer minute 19 jusque 30 d’un webinaire avec le docteur Georges Mouton et des collègues au cours duquel ils traitent principalement de l'endométriose et des déséquilibres hormonaux https://youtu.be/v2rIoOAT5f8?t=1168 .
l y explique la nécessaire précision des jours de prélèvement lorsqu’on veut évaluer le dosage hormonal. Il diffère de Lee : il pointe les jours 19 à 22 du cycle , le jour 20 étant idéal. Il faut s'assurer que la patiente identifie le Jour 1 comme le premier jour des règles (et non comme J0), afin d'éviter tout décalage dans le calcul.
J’y ai appris qu’une puberté tardive (menarche vers 15-16 ans) est souvent un indicateur précoce d'un terrain hypothyroïdien, lequel influencera la gestion des œstrogènes tout au long de la vie.
Si j’ai bien compris (n’hésitez pas à me corriger), dans le cas de cycles longs (comme 35 jours), c’est généralement la phase folliculaire qui s'étire. Il convient alors de décaler le prélèvement de phase lutéale à environ J28 pour capturer le pic de progestérone réel.
On ne se limite évidemment pas aux tests, la signature clinique est aussi cruciale.
2. A la minute 7 de sa capsule « Les dangers de la dominance œstrogénique », Mouton partage sa procédure des percentiles, que je n’ai pas lue chez Lee ou Peat https://www.youtube.com/watch?v=U3I7Ek5NoMA&t=448s
Percentiles. Décodage par ma secrétaire gratuite NotebookLM (puisque je n’y comprend pas grand’ chose )
Dixit mamzelle :
« Les plages de référence fournies par les laboratoires sont souvent trop larges, masquant des déséquilibres relatifs pourtant pathogènes. Pour corriger ce biais, nous utilisons le système des percentiles afin de situer les valeurs de la patiente au sein de la norme de la phase lutéale.
Selon le dr Mouton, le diagnostic de dominance œstrogénique est confirmé par l'asymétrie des percentiles. Une patiente présentant un Estradiol au percentile 70 (P70) associé à une Progestérone au percentile 20 (P20) est en état de dominance œstrogénique avérée, quand bien même ses deux résultats seraient techniquement « dans les normes ». Cet écart mathématique valide la symptomatologie clinique et justifie une intervention correctrice »